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Jeudi 18 janvier 2007

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont tour à tour donné quelques informations sur leur patrimoine immobilier et sur ce qu’ils payaient à l’ISF. Les valeurs déclarées me semblent appeler quelques commentaires.

Dans sa déclaration, Mme Royal parle de valeur actuelle de ses biens immobiliers, sauf pour sa maison de Melle. En effet, elle doit déclarer ses biens non pas à leur valeur d’achat mais à leur valeur actuelle. Cette valeur est estimée, ce qui est plus facile si elle se situe dans un environnement à nombreuses transactions (Boulogne) que s’il y en a peu Melle ?).

La valeur de la résidence principale peut subir un abattement de 20% du fait qu’elle est occupée (donc moins facile à vendre ! ).

Si S Royal possède la moitié de son logement de Boulogne, celui-ci est estimé à 197 800 euros fois deux soit 395 600 euros. Mais ce chiffre comprend la décote précédente. Sa valeur « réelle » est donc de 494 500 euros, ce qui pour 120 m2 donne une valeur de 4 121 euros du m2, dans les ordres de grandeur du marché local.

La candidate socialiste précise par ailleurs qu’elle n’a aucun bien de valeur et une Renault Scénic. Le fisc donne la possibilité d’évaluer les biens mobiliers ou d’appliquer un forfait égal à 5% de la valeur du patrimoine, ce qu’elle a du faire.

Le couple Hollande Royal a payé un impôt de 862 euros. Ce montant est calculé après déductions de 150 euros par enfant à charge soit, pour 4 enfants (s’ils sont tous à charge ?) représente 600 euros. Le calcul du montant avant cette déduction donnait donc 1462 euros, qui représentait 0.55 % du montant au dessus de 750 000 euros (valeur pour 2006, la déclaration pour 2007 doit être faite pour juin, elle n’a certainement pas servi de référence !). Le calcul donne un patrimoine de 1 070 000 euros environ.

Le couple de dirigeants socialiste ne paie l’impôt de solidarité sur la fortune que depuis deux ans, c'est-à-dire qu’il ne l’a pas payé en 2004. A l’époque, le seuil de paiement se situait à 720 000 euros. L’abattement de 150 euros pour enfants à charge équivaut à un seuil augmenté de 27 273 euros par enfant, soit 109 092 euros pour les 4 enfants Hollande. Le patrimoine du couple était donc estimé à moins de 829 092 en 2004. Il a donc augmenté de 240 000 euros entre temps, soit environ 30%. Cela parait beaucoup, même dans un contexte de montée importante des prix de l’immobilier. On peut imaginer qu’un calcul sérieux, comme il a été fait ensuite, aurait conduit à un ISF de 2 ou 300 euros à l’époque.

On notera que le patrimoine du couple est quasiment exclusivement immobilier, et qu’il a été acheté à crédit. Les revenus étant par ailleurs confortables (même avec 4 enfants à charge) on peut parler de fonctionnement « cigale », (sauf s'il y a beaucoup de liquidités, de nombreux comptes types Codévi PEL),  comme d’ailleurs de nombreux français. Mais pourquoi ne pas dépenser ce qu’on gagne quand on est assuré d’une bonne retraite ?

Nicolas Sarkozy déclare de son coté un patrimoine imposable de 1 137 000 euros et un impôt de 1988 euros, pour la première fois en 2006.

Si on applique le barème au patrimoine du ministre de l’intérieur, on trouve 2128 euros. Avec un enfant à charge, le résultat donne 1978 euros (le patrimoine publié a sans doute été arrondi).

Le candidat UMP n’a rien déclaré en 2005, ce qui supposerait qu’il n’ait pas dépassé le seuil, situé à 732 000 cette année là, auxquels il faut rajouter 27 273 euros pour un enfant soit pratiquement 780 000 euros. Son patrimoine aurait donc augmenté de 357 000 euros en un an, soit 45%. Il faut l’élire tout de suite président s’il gère les caisses de l’Etat aussi bien que les siennes! A noter que lui possède des valeurs immobilières, ce qui note un comportement d’épargnant.

Pour résumer, les deux candidats ont un peu tardé à se manifester pour l’ISF mais c’est particulièrement vrai pour Sarkozy. Celui-ci serait plutôt fourmi quand sa concurrent est cigale mais le résultat final sur les patrimoines n’est guère différent.
par verel publié dans : Economie
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Mardi 16 janvier 2007

L’augmentation du nombre de retraités lié à l’allongement de la durée de la vie et à l’arrivée du Papy Boom, pose un redoutable problème de financement. Plutôt que de baisser le niveau des pensions ou de charger encore les actifs par de lourdes cotisations, la solution du report de l’âge de la retraite est préconisée un peu partout et a même fait l’objet d’un objectif au sein de l’Union Européenne, adopté à l’époque par le gouvernement Jospin : amener à 50% le taux d’activité dans la tranche des 55/64 ans.

Le rapport sur les métiers en 2015 s’interroge assez longuement sur le résultat qu’on peut attendre dans ce domaine d’ici 2015. Il constate au préalable que pour diverses raisons (pré retraite, inactivité pour raisons de santé, dispense de recherche d’emploi…), une bonne partie de ceux qui font valoir leurs droits à la retraite ont arrêté leur activité depuis un certain temps. Il considère donc qu’il vaut mieux s’appuyer sur l’age réel de fin de carrière (le dernier moment où on a travaillé que sur le moment où on fait valoir ses droits à la retraite : à ce moment en effet, on bascule des actifs qui financent les non actifs du coté de ces derniers. Et il apporte à la réflexion la courbe représentative de l’évolution de l’âge moyen de fin de carrière depuis 1993. Mais avant d’examiner cette courbe, imaginons ce que pourraient prévoir différentes personnes :

Le représentant du gouvernement rappellera la loi Balladur, qui a augmenté progressivement (à raison de 1 trimestre par an) la durée nécessaire de cotisations dans le secteur privé, pour passer de 37.5 ans en 1993 à 40 ans en 2003. A cette loi s’est ajouté celle de 2003 (loi Fillon) qui aligne en 5 ans le régime du public sur celui du privé. Toutes c »es mesures avaient comme objectif de repousser les départs : il faut remercier le législateur courageux pour cette action efficace. Le représentant du gouvernement s’en va ensuite sans attendre le résultat : il n’est pas d’usage en politique d’évaluer le résultat des lois votées.

Le journaliste de service rappelle les nombreux arcticles que lui et ses confrères ont écrits pour prédire une pénurie de main d’œuvre des 2005 en raison du choc démographique : il n’est pas douteux que ce choc ait entraîné dès avant 2005 une augmentation du travail des seniors et donc un prolongement de l’âge de fin de carrière après des années de stagnation !

L’économiste fera l’hypothèse que la croissance joue un rôle important dans ce domaine. Ses études sur le terrain lui ont permis de constater qu’en cas de plan social il y a un consensus entre les patrons, les syndicats et les intéressés pour faire partir les seniors le pls tôt possible. On peut donc s’attendre à une baisse de l’âge moyen des départs dans les périodes difficiles (1993/1997 et 2001/ 2003.

Qu’en est il exactement ? On trouvera cette courbe en page 22 du rapport.

Premier constat : l’age moyen est un peu en dessous de 58.7 ans en 1993, il est légèrement au dessus de cet âge 12 ans après, comme s’il ne s’était rien passé entre-temps, que la durée de cotisation n’avait pas augmenté de 2.5 ans pour presque tous !

Deuxième constat : cette stagnation entre les extrêmes de la période cache des fluctuations d’environ 3 mois, avec un point haut en 1995(à 58.9 mois) un point bas en 1998 (à un peu moins de 58.5 mois) et un nouveau point haut en 2002 toujours à 58.9 mois, avant une nouvelle baisse.

Tout ce se passe comme si les lois n’avaient eu aucun effet, et que les effets de la plus ou moins forte croissance se faisaient sentir avec un décalage d’environ 1 à 2 ans.

Quand au « choc démographique » supposé, il n’a semble t’il pas conduit à la pénurie de cadres attendue, si on en croie les jeunes stagiaires à bac + 5 !

par verel publié dans : Social
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Dimanche 14 janvier 2007

La DARES et le Centre d’analyse stratégique (qui a succédé au Commissariat au Plan) viennent de publier le rapport du groupe « prospective et qualifications » sur les métiers en 2015. Ce rapport fait suite au rapport Seibel qui faisait la même réflexion il y a 5 ans, mais à l’horizon 2010. Ce rapport est extrêmement riche et mérite une analyse fine. Je me contenterais pour l’instant de quelques observations majeures.

Le rapport Seibel faisait l’hypothèse d’une croissance de 2.9% par an dans son scénario moyen et de 2.4% dans une variante basse. La conséquence en était une prévision de taux de chômage à 6.7% en 2005 (8.4% dans la variante basse) qui s’est révélée très optimiste.

Le nouveau rapport est donc plus prudent, dans ses hypothèses, avec le choix d’une croissance de 2% et un emploi assez systématique du conditionnel dans la synthèse présentée au début du rapport. Il prévoit la création nette de 1.5 million d’emploi contre 2.8 million dans le rapport Seibel.  Il semble à la lecture qu’il y a eu débat au sein du groupe (ce qui est plutôt une bonne chose) et que les idées ont évolué avec le temps. Le rapport contient page 34 un encadré, intitulé « stabilisation de la population active, vieillissement et chômage : les apports de la littérature, » texte qui émet l’idée que la baisse de la population active, non seulement ne résout pas le chômage mais pourrait même l’augmenter. Ce texte est très conforme à la tribune que j’ai écrite avec Alexandre Delaigue, publiée par Le Monde le 10 novembre.

Autre satisfaction personnelle, les prévisions de départ des professeurs dans les 10 ans ne reprennent pas les fantasmes de départ de 50% des fonctionnaires dans les 10 ans. La proportion est de l’ordre de 30%.

S’il y incertitude sur les volumes globaux de création d’emploi, qui dépendront de la croissance réelle, les prévisions par métier sont en fait plus sûres. On comprendra en effet qu’une erreur de 3% sur le volume futur d’emploi est assez marginale sur l’évolution d’un emploi prévue en croissance de 30% ou en décroissance du même taux : les tendances fortes demeurent. Il faudra comparer ces tendances avec celles du rapport précèdent mais il ne semble pas à première vue y avoir de changement majeur. On a toujours une augmentation des métiers de cadres et de service à la personne et une diminution forte des métiers d’ouvriers non qualifiés.

La principale nouveauté est la mise en évidence de la grande différence d’évolution suivant les sexes. En effet, la plupart des familles professionnelles qui verront de fortes créations d’ »emploi sont peu mixtes. C’est le cas notamment des familles qui viennent en 1er , 4ème, 8ème et 9ème place, qui comptent respectivement  99, 91, 98 et 87 % de femmes, quand le  2ème, le 7ème et le 10ème en comptent respectivement 20, 11 et 23%.

Quand on croise ces constat avec les niveaux de qualification, on s’aperçoit que les deux métiers en développement les plus féminins (à 98% et 99%) sont des métiers peu qualifiés : assistantes maternelles, aides à domicile et employés de maison. Alors que les filles ont un taux de réussite au bac nettement supérieur à celui des garçons ! Le rapport Seibel montrait que le nombre d’emplois non qualifiés disponibles serait plus faible que celui des jeunes qui sortent sans qualification de l’Education Nationale, on découvre maintenant que ces emplois seront surtout féminins. Les garçons non qualifiés auront donc très peu de propositions d’emploi alors qu’on risque d’avoir de grandes difficultés de recrutement dans les métiers non qualifiés « féminins » ou des déqualifications de la part de certaines femmes. Le rapport explore les pistes de mobilité et d’évolution de la mixité. Ce sujet est évidemment à creuser !

A l’autre bout de l’échelle des qualifications, l’augmentation du nombre de cadres pourrait profiter aux femmes qui ne sont que 20% de cette catégorie. Mais la stagnation du nombre d’employés qualifiés pourrait désavantager les femmes de qualification intermédiaire.
par verel publié dans : Social
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Dimanche 14 janvier 2007

Alexandre Delaigue a publié à l’occasion d’une réflexion sur les cadeaux faits à Noël, un inventaire rapide des biais de compréhension de l’économie par les néophytes. Andréa Bonapetti edite en ce début d’année un article sur la compréhension des rapports cause effet en économie. Je suis bien loin des compétences économistes d’Econoclaste, de l’Economiste, d’Olivier Bouba Olga ou d’Optimum (que j’ai mis tous quatre sur ma blog liste et dont je recommande vivement la lecture à ceux de mes lecteurs qui veulent mieux comprendre l’économie). Mais il se trouve que je voulais depuis longtemps faire un article pour mettre en évidence quelques caractéristiques fondamentales de l’économie qu’il faut avoir en tête pour la comprendre et pour éviter de proposer des actions qui iraient à l’encontre des objectifs recherchés.

Il me semble qu’il faut d’abord avoir dans l’idée que l’économie est un système dans lequel interviennent une foule de décideurs, en fait tout ceux qui a un moment donné décident de produire un bien ou un service, ou de modifier la quantité produite ou la manière dont se fait le produit, ou qui décident de procéder à un échange. L’économie est aussi affectée par des phénomènes naturels,par exemple la quantité de soleil qui fait que la production de fruit est plus importante cette année (on verra une autre fois ce qui se passe dans une économie entièrement planifiée).

Les acteurs, en prenant leurs décisions, le font en fonction de critères qui leur sont propres (leurs envies, leurs valeurs, leurs besoins), en fonction de leurs moyens et des informations dont ils disposent. Par exemple ; ce matin, j’ai acheté 2 baguettes au lieu d’une parce que ma fille venait manger (besoin), que je préfère la baguette au pain (envie), que le fait qu’elle soit plus chère au kilo n’est guère un élément de décision au regard du prix du pain comparé à mon revenu. J’ai été à ma boulangerie habituelle qui a donc vendu une baguette supplémentaire quand celle où se fournit ma fille habituellement en a vendu une de moins. Bref, nous prenons tous les jours ce genre de micro décisions, qui seules ont un impact faible mais réel sur la machine économique mais conjuguées peuvent être beaucoup plus importantes.

Un événement important va déclencher dans ce système économique une nuée de réactions des décideurs touchés par l’événement. Par exemple, un tremblement de terre va entraîner successivement des déplacements de la part des habitants de la zone touché, du travail pour les sauveteurs, les hôpitaux et éventuellement les pompes funèbres puis les entre prises de bâtiment appelées à reconstruire.

De la même manière, l’augmentation de prix du baril va conduire à toutes sortes d’évolutions de nature différentes.

La conséquence immédiate, c’est un appauvrissement des acheteurs. On a cependant tendance à oublier que cela entraîne aussi un enrichissement des producteurs. La situation des intermédiaires peut être variable.

Ces variations de pouvoir d’achat vont entraîner une diminution de la demande des autres produits et services habituellement consommés par les acheteurs et/ou une évolution de leur épargne. De même il va y avoir une augmentation de la demande des produits et services qui intéressent les producteurs, et/ ou une évolution de leur épargne. Ces évolutions peuvent entraîner à leur tour des modifications de prix qui à leur tour…..

Au-delà de la conséquence immédiate sur les revenus des uns et des autres, les acteurs vont tenir compte de leur nouvel environnement et modifier leurs décisions. D’abord en consommant moins de ce pétrole dont le coût a augmenté. Le nombre de kilomètres  parcourus par les français a ainsi baissé de 4% à la suite de l’augmentation du prix du baril. Au-delà de ces modifications pas forcément durables (elles tiennent à des comportements), des actions plus prennes sont entreprises : des investissements pour consommer moins (achat de voitures moins consommatrices, travaux d’isolations, installations de moyens de régulations plus fins etc.) pour changer de source d’énergie ou pour rechercher du pétrole : dans ce domaine, les activités des entreprises liées à l’exploration (CGG, Technip…) ont explosé. Mais cela ne peut se faire du jour au lendemain : il y a ainsi pénurie d’ingénieurs géophysiciens en raison d’une demande très forte. On peut modifier à moyen terme le nombre d’ingénieurs formés mais seulement dans une certaine mesure et cela prend du temps.

            Au bout du compte, l’ensemble de ces micros décisions prises par tous les acteurs, vont aller dans le sens d’une augmentation de l’offre et d’une diminution  de la demande donc une baisse des prix. Ce phénomène n’est en général pas immédiat, mais la durée de réaction est très variable selon les produits : une variation importante du prix des places de cinéma a des impacts très rapide alors que la durée du mécanisme sur le pétrole exposé ci-dessus se mesure en années voire en décennies

            De manière générale (c'est-à-dire qu’il y a des exceptions !) un événement qui fait varier une donnée par rapport à sa valeur moyenne entraîne des décisions qui tendant à faire revenir la donnée vers cette valeur. Tout cela toutes choses égales par ailleurs, ce qui n’est évidemment jamais vrai !

            Malheureusement, les politiques semblent souvent ignorer ces caractéristiques de l’économie et proposent des mesures en présentant uniquement leur effet direct, sans prendre en compte l’ensemble des nombreux autres effets à court ou moyen terme.

            Par exemple, une augmentation des prix des logements comme on la voit depuis bientôt 10 ans entraîne logiquement une augmentation de la construction (on l’observe effectivement), laquelle elle-même va freiner progressivement la hausse des prix. Bloquer les prix des logements conduirait évidemment à limiter cette augmentation de la construction. Si le problème majeur est le manque de logements, il s’agit d’une décision qui va à l’encontre des objectifs affichés (permettre aux gens de se loger).

            Dans la réflexion économique, il s’agit donc de prendre garde à ne pas se contenter d’un raisonnement cause / effet mais de raisonner en système. Toute la difficulté (et l’un des objets de recherche des économistes), est de repérer les influences réciproques et d’évaluer le poids respectif des différentes conséquences d’un événement (le plus difficile parce que cela peut être très différent selon le contexte).

            Un dernier exemple, toujours à propos du pétrole : le PS avait proposé de limiter la hausse de l’essence en modulant les taxes sur le pétrole. Cette mesure aurait eu pour conséquence de limiter les réductions de consommation (ce à quoi on pense assez spontanément) mais aussi d’utiliser des ressources qui n’auraient pas été utilisé ailleurs (ce qu’on oublie généralement et qui est peut être l’effet le plus important).

            Pour conclure, on retiendra que négliger les décisions de l’ensemble des acteurs suite à une mesure quelconque conduit à se tromper sur les effets de celle-ci, parfois radicalement, c'est-à-dire en obtenant le résultat inverse de celui attendu. Un exemple connu en est la taxe Delalande qui avait pour objectif de décourager les entreprises de licencier les salariés de plus de 50 ans et qui a conduit à ce qu’elles ne les embauchent plus !

par verel publié dans : Economie
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Vendredi 12 janvier 2007

            Les commentaires à mon article précédent demandant une réponse assez longue, j’ai préféré en faire un article

            Prosper fait remarquer que la saturation dans certaines zones en tension conduisent à construire plus loin du centre, mais qu’il faut du coup prévoir les équipements collectifs (écoles transports etc.

            En réalité, quand l’espace arrive à saturation, on peut soit construire plus haut, soit aller plus loin. Dans le cas de la région parisienne, la hauteur est généralement limitée à 7 niveaux dans les immeubles haussmanniens. Des tours nettement plus élevées ont été construites, en particulier dans certaines zones du 13ème et du 19ème. Ce mouvement s’est arrêté depuis et on construit de nouveau sur 7 niveaux, en particulier dans les zones en voie de « boboisation » le long du canal St Martin et du bassin de la Villette. Ces hauteurs dépendant du Plan d’Occupation des Sols (P.O.S.) qui a été révisé en début de mandat par Delanoë, lequel n’a pu convaincre ses alliés Verts de prévoir des zones au-delà de 7 niveaux, sous prétexte de l’existence de logements vacants. La population de Paris est d’environ 2 millions d’habitants, contre 2.8 millions dans les années 50, avant la construction des tours dont je parle plus haut, du fait notamment de l’agrandissement des surfaces de logement.

            Au-delà du périphérique se pose effectivement la question des équipements collectifs. La création des villes nouvelles dans les années 60 était une façon de penser l’urbanisme de la région parisienne, mais elle ne semble pas avoir été au bout. Le choix de la maison individuelle et de la voiture a « mité » le territoire disponible, renvoyant les nouveaux habitants de plus en plus loin. D’après le SDRIF en cours d’élaboration, la moitié des 40 000 logements construits en moyenne chaque année depuis 15 ans le sont en zone rurale. Le nouveau projet prévoit de garder cette même proportion. Est-ce raisonnable ? D’après ce rapport(p 29), 45% des habitants et 25% des emplois ne seraient pas desservis par une voie ferrée. Econoclaste nous explique qu’éloigner les personnes du transport en commun et plafonner la construction au centre ne peut qu’y faire exploser les prix.

            Ce même schéma propose d’étudier la construction dune ligne souterraine express transversale, une espèce de super périphérique Val de Fontenay / Arcueil / St Cloud / La Défense/ St Denis. L’idée, séduisante, permet de répondre aux besoins de déplacement banlieue à banlieue sans passer par Paris. L’horizon est cependant très éloigné.

            Frédéric LN s’interroge sur la pertinence des 3 ans pour séparer vacance frictionnelle et vacance hors marché. Il est évident qu’un bien obsolète, vacant depuis plus de 3 ans, a d’abordé été vacant 6 mois, puis 1 ans, puis 2 ans ! De la même manière, on peut imaginer un bien vacant pendant 4 ans pour cause de travaux ou d’attente de succession et remis récemment sur le marché. La manière de compter est donc approximative, mais la marge d’erreur est à mon avis suffisamment faible pour qu’on raisonne avec les chiffres obtenus.

             Les durées de 6 mois  à 1 an pour l’écoulement d’un bien lui paraissent aberrantes en terme d’efficacité collective. Je veux bien le croire, mais j’ai moi-même quitté successivement deux logements que j’ai vendus avec ces délais, en acceptant à chaque fois la première offre qui m’a été faite. N’oublions pas qu’il n’y pas un marché mais des milliers, suivant la région, la taille du logement, ses caractéristiques à tout point de vue. Si le logement n’est pas d’un type courant, le volume du marché dans un lieu donné peut aboutir à des variations importantes de durée autour de la moyenne. Mais au final, la durée d’écoulement révèle l’état d’un marché : elle diffère nettement selon les régions et les périodes.

             Pour ce qui est des raisons de rétention personnelles (succession), elles sont peut être regrettables mais je ne parlerais pas à leur propos de dysfonctionnement du marché ! Mais je ne comprends pas bien ce qu’il appelle régulation du marché. Je l’invite  à ce propos à lire l’article d’Alexandre Delaigue sur le sujet !

            Pour ce qui concerne les logements HLM, je me propose de revenir sur le sujet dans un autre article

            Polluxe de son coté s’interroge sur les propos de Besancenot concernant les logements vides appartenant à des banques. On ne voit pas l’intérêt que celles-ci auraient à les laisser vacants, sauf les raisons de tout un chacun (vacance frictionnelle ou travaux). Mais il est plus simple d’accuser le grand capital ! J’ai lu dans le Monde il y a quelques semaines, que la dernière réquisition il y a quelques années a permis de trouver ….1 immeuble !

par verel publié dans : Social
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