Efficacité policière

Publié le par verel

Les services du ministère de l’intérieur n’ont pas su empêcher les auteurs des attentats du 13 novembre de commettre leur forfait, alors que certains étaient connus pour leur dangerosité, voire recherchés par la police. Les politiques qui pointent cette question ne sont guère crédibles, tant leur discours reste au niveau des généralités ne cachant pas leur préoccupation très électorale. Mais il faudra bien sûr analyser les failles de notre système, du point de vue français comme de celui de la coopération européenne, voire mondiale.

Il me semble a contrario que l’après attentats a montré une efficacité remarquable des services mobilisés, que ce soit au sein du système de santé ou du système judiciaire et policier. Le résultat le plus tangible des enquêtes policières a été l’opération menée à St Denis, dont la conséquence directe est qu’elle a évité de nouveaux attentats, semble-t-il prévus à la Défense. Ce qu’on sait du déroulement de l’enquête montre un volume de travail considérable, une organisation très bien structurée (c’est du moins l’impression que donnent les interventions de communication du procureur de Paris), et une importance attachée à chaque détail. Qu’on ait pu retrouver un téléphone jeté dans une poubelle près du Bataclan, téléphone qui a conduit à l’intervention de St Denis, en dit long sur la minutie du travail des policiers.

Dans une intervention télévisée pour expliquer les décisions prises pour Bruxelles, un ministre belge citait le nombre de 300 policiers belges mobilisés dans l’enquête et de 800 policiers français. De ce que j’ai compris, ce chiffre ne prend pas en compte les forces policières ou militaires affectées à des opérations de surveillance, mais bien le personnel impliqué dans l’enquête proprement dite. Il s’agit de moyens considérables, qui demandent évidemment un travail de coordination tout aussi considérable.

Pour revenir au point initial, la question quantitative des moyens disponibles pour la surveillance des personnes soupçonnées d’être dangereuses (et qui en réalité ne le sont certainement pas toutes, contrairement à ce qu’imaginent volontiers les tenants des discours simplistes) avait déjà été évoquée dans tout le courant de l’année 2015 et des spécialistes du sujet avaient alerté sur le fait qu’il y aurait des attentats qu’on ne saurait éviter. Il faudra donc continuer à augmenter les moyens, sachant que dans ce domaine, le temps de formation indispensable limite les vitesses d’adaptation des moyens (mettre trop vite trop de gens inexpérimentés ne conduirait probablement qu’à désorganiser l’ensemble).

Il y a évidemment aussi des questions qualitatives, de méthodes de travail, de modes de coopération entre services ou entre pays, de conditions juridiques aussi. Sur ce point, c’est d’abord les experts et les hauts fonctionnaires qui doivent réfléchir, travailler et proposer, ensuite seulement ce sera aux politiques de trancher : je n’attends rien des matamores politiques adeptes des « yaka faut qu’on » et autres « on vous l’avait bien dit ».

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XS 30/11/2015 23:22

A propos des matamores politiques, sait-on si N.Sarkozy, qui est tout de même visé par 11 affaires ( http://www.leparisien.fr/politique/interactif-nicolas-sarkozy-et-les-affaires-judiciaires-09-09-2015-5076999.php et encore sans compter la FIFA ou L.Armstrong ) , fait l'objet d'une fiche S?
Combien de policiers sont-ils détournés par ces affaires politico-financières de la lutte contre le terrorisme ou encore la criminalité organisée?

marianne 12/12/2015 18:20

Partant de là on ne s'occupe plus d'aucune transgression des lois que ce soit de la part d'un politique ou d'un simple quidam. Les faits reprocher à Nicolas Sarkozy sont des faits graves dans une démocratie (tricher avec les règles..) Certes c'est moins grave et de très loin avec des attentats, mais cela ne justifie pas qu'on les ignore. Ce qui est dommage c'est que nos politiques ont calilbrés le système judiciaire pour que ces affaires durent et finissent par tomber aux oubliettes afin d'échapper à la justice. Ils n'ont pas prévu l'application du système de la Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité à leur cas !