Elections espagnoles

Publié le par verel

Les deux nouveaux partis que sont Podemos et Cuidadanos ont obtenu respectivement 90 et 40 des 350 sièges du parlement espagnol lors des législatives de dimanche, soit près de 40% des élus.

Les deux partis, qui se positionnent différemment sur l’échiquier politique ont en commun de dénoncer à la fois la politique d’austérité du gouvernement actuel (malgré ses résultats spectaculaires en matière de création d’emploi cette année) et la corruption des partis en place.

L’Espagne qui avait connu une croissance forte (plus de 3,5% par an) depuis la création de l’Euro jusque la crise de 2008, a vu ses salaires progresser plus vite que ceux de la moyenne de la zone, et beaucoup plus vite que les salaires allemands. Elle avait eu au moins la sagesse de dégager des excédents publics, ce qui avait ramené la dette à moins de 40% du PIB. Cependant, l’explosion de la bulle immobilière avait fait plonger son déficit et mené à un déficit quasi abyssal, de plus de 9% du PIB par an entre 2009 et 2012. Les mesures drastiques prises par le gouvernement et le quasi blocage des salaires ont conduit à un rétablissement de la compétitivité, avec un déficit qui est passé en dessous des 5% en 2015 et une croissance supérieure à 3% cette année. Mais cela s’est fait au prix d’une explosion du chômage, qui ne commence que seulement cette année à vraiment décroitre.

On peut toujours discuter du bien-fondé des politiques menées. Je pense intuitivement qu’il vaut mieux agir fortement et rapidement comme l’ont fait les espagnols que d’agir en mode homéopathique comme nous (il est vrai que les situations sont différentes).

Ce qui me parait évident, c’est qu’un gouvernement ne peut pas appliquer des mesures dures à sa population si les principaux responsables ne donnent pas l’exemple : les scandales à répétition qui montrent des élus qui profitent massivement du système sont particulièrement malsains. Avec le recul, on peut se dire qu’un des éléments de la réussite du plan Delors Mauroy repose dans le fait que ces deux personnages n’étaient pas réputés pour abuser du système à leur profit (au point que beaucoup de gens pensent que Jacques Delors est protestant, au vu de son austérité personnelle). A contraio, l’augmentation que Jacques Calvet, patron de PSA, s’était adjugé avait provoqué 3 semaines d’une grève dure.

Je crois que nous aurons encore quelques années d’austérité : il est indispensable que les élus et les patrons se montrent irréprochables. Ce n’est pas gagné !

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