Taxe carbone

Publié le par verel

Il y a moins de 10 ans, on nous expliquait l’arrivée inéluctable de la fin des ressources pétrolières et le probable dépassement du peak-oil, ce moment où la production de pétrole a atteint un sommet avant une chute inéluctable

Et aujourd’hui le baril tombe sous les 40 $ le baril quand il était autour de 110 $ il y a deux ans !

Au même moment, les représentants de presque tous les Etats de la planète sont rassemblés à Paris au sein de la COP 21 pour tenter de s’accorder sur les moyens de limiter au maximum le réchauffement climatique, la valeur affichée de 2 °C semblant très difficile à atteindre ;

On sait aujourd’hui que les réserves de combustibles fossiles (pétrole, gaz et surtout charbon) sont très largement supérieures à ce que l’on peut se permettre de brûler pour ne pas dépasser ces 2°C.

La COP 21 essaie avec beaucoup de difficulté d’élaborer un texte commun. Celui-ci sera forcément tellement long que certains y verront une victoire pour le climat et d’autres une défaite. ce sera probablement un nouveau pas en avant, que chacun pourra trouver inespéré ou bien trop faible. Le fait que la plupart des pays aient élaboré des engagements, parfois dans une démarche très partagée, et de toutes manières une bonne chose, pas forcément suffisante.

Plutôt qu’essayer d’évaluer si le verre est à moitié plein ou à moitié vide, je voudrais souligner que nous avons ici une chance historique à saisir, celle d’augmenter fortement les impôts (ou selon le cas de diminuer les subventions) sur les combustibles fossiles : dans une économie de marché, c’est finalement la méthode la plus efficace pour inciter les consommateurs (ménages ou entreprises) à limiter leurs consommations et à investir dans des moyens de réduire leur consommation ou d’autres sources d’énergies .

A défaut, on risque de perdre encore des années dans la lutte contre le réchauffement climatique ;

Par ailleurs, en ces temps d’attentats, on peut se dire qu’il vaut mieux combler le déficit public que d’envoyer des dollars par milliards à des saoudiens dont la politique religieuse ne va manifestement pas dans le sens d’un Islam modéré …

Quelques données historiques

Entre 1979 et 1986, le baril se situe à plus de 30 $ (il frôle les 40 $ en début de période)

A partir de 1986, il descend au point qu’entre février 1991 et juin 1999, il est durablement bas, en dessous de 20 $ en moyenne. Au mois de décembre 1998, sa moyenne se situe en dessous des 10 $ !

A partir de juillet 199, le baril repart clairement à la hausse : en moyenne il est à 25,5 $ en décembre 1999, à 29,8 en décembre 2003, à 39,6 $ en décembre 2004, à 56,9 fin 2005, à 90,9 fin 2007 et enfin à 109,5 en décembre 2012.

Il faut noter qu’il s’agit ici de dollars courants : en francs et euros courants, le SMIC a été multiplié par 4 depuis 1979, alors que le baril est aujourd’hui au même niveau qu’en 1979 en dollars courants.

Toujours en francs et euros courants, le SMIC horaire a été multiplié par deux depuis 1991.

Le prix affiché aujourd’hui pour le baril est donc bien un prix bas, qui doit donc être compensé par des taxes élevées, qu’elles s’appellent TVA, TIPP ou taxe carbone.

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