Conjoncture française 2

Publié le par verel

Suite de l'article publié le 30/12

L’investissement des entreprises représente de son côté environ 12% du PIB. Il pèse entre 4 et 5 fois moins que la consommation des ménages mais il a bien sûr un impact majeur sur le taux de croissance à long terme. De 2008 à 2014, sa part dans le PIB passe de 12,6 à 12,1%. Alors que l’investissement n’avait rattrapé en 2010 et 2011 qu’une partie de la forte baisse de 2009 (-11,8%),il baisse légèrement de nouveau en 2012 (-0.2%) et n’augmente que de 0.5% en 2013. La création du CICE explique probablement une hausse plus vigoureuse en 2014 (+2.0)

Ce sous-investissement a deux causes conjuguées : le faible taux d’utilisation des capacités de production et la faiblesse de la marge des entreprises. Les investissements de capacité mais aussi de création de nouveaux produits ont une part plus faible dans le total prévu pour 2016 que dans leur moyenne historique :

Du fait de la faible croissance, la productivité par tête augmente nettement moins vite depuis la crise, ce qui signifie que les entreprises ont gardé en partie leurs effectifs. Mais les salaires ont continué à augmenter comme avant. La Banque de France suppose que ce maintien est la conséquence de l’augmentation automatique du SMIC qui entraine une bonne partie de la pyramide des salaires. En tous les cas, ce décrochement de la productivité par rapport aux salaires s’est traduit par une baisse de la marge des employeurs, baisse qui ne peut qu’être néfaste aux investissements. C’est pour cette raison que le gouvernement a créé le CICE

voir tableau 2

On notera au passage que le maintien de la dynamique salariale ne s’est pas reporté sur les prix en raison d’une part de la faiblesse de la demande et d’autre part de la pression concurrentielle au sein de la zone euro. Celle-ci est en effet marquée par la faible évolution des salaires en Allemagne pendant les années 2000, qui cumulée a représenté un différentiel de 17 % par rapport aux évolutions salariales en France.

Voir graphiques 3, 4 et 5

Depuis 3 ans, l’écart se résorbe peu à peu (au rythme de 1% en moyenne, non pas du fait d’une faiblesse salariale en France (comme on peut le voir ci-dessus) mais du fait de la forte dynamique des salaires outre Rhin.

Cette même situation concurrentielle explique que le commerce extérieur a une contribution négative à la croissance : - 0,5% en 2014, - 0,1% en 2015 et un acquis de -0.3% pour 2016, et ce malgré la baisse du prix du pétrole sur la période.

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