Conjoncture française 4

Publié le par verel

Le coût très important payé par l’Espagne pour rétablir sa compétitivité doit servir de leçon pour l’avenir : il est absolument indispensable d’éviter des augmentations salariales plus fortes que celles de nos voisins importants, et en premier lieu avec l’Allemagne. Il est cependant possible d’améliorer les revenus des français en augmentant le taux d’activité, dans le cadre d’une politique à long terme.

Mais alors, comment et quand utiliser l’arme budgétaire ?

La relance budgétaire doit être utilisée quand l’ensemble des facteurs défavorables s’auto entretiennent durablement : la faiblesse de a consommation des ménages diminue la marge des entreprises et l’utilisation des capacités de production, d’où un sous-investissement et une baisse de l’emploi qui à leur tour affaiblissent la consommation des ménages. Cette phase descendante classique du cycle économique est généralement renforcée par la diminution de la confiance des ménages, qui gonfle l’épargne de précaution et diminue d’autant la consommation. En fait, l’arme de la relance budgétaire devrait être utilisée quand le taux d’épargne des ménages et/ ou celui des entreprises sont nettement au-dessus de leur moyenne historique : il est alors probable que la relance budgétaire est plus efficace que l’arme monétaire (puisque ce n’est pas par manque de liquidité que les ménages ne consomment pas).

Il est cependant nécessaire de noter deux choses

D’abord le système de protection sociale (particulièrement important en France) joue le rôle « d’amortisseur automatique » des cycles économiques (à la baisse comme à la hausse) puisque les prestations sociales ne baissent pas en période de crise (elles augmentent même avec les allocations chômage)

Ensuite, il faut bien dire que l’État a bien du mal à réaliser suffisamment rapidement les relances budgétaires quand elles sont nécessaires. Embaucher un surplus de fonctionnaires n’est pas très satisfaisant car ils sont là pour 40 ans quand la relance est par nature provisoire. Mais réaliser des investissements, a priori une meilleure solution, ne se fait pas vite : par exemple construire une autoroute ou un TGV passe d’abord par des études, des enquêtes publiques et des appels d’offres, ce qui veut dire en pratique plusieurs années ! Et agir fiscalement, a priori plus rapide n’est pas si simple que cela. Par exemple, entre la parution du rapport Gallois et l’augmentation du taux de marge des entreprises grâce au CICE, il s’est bien passé 18 mois !

Il est une autre manière d’utiliser le budget dans une logique budgétaire, sans doute insuffisamment citée et pratiquée : elle consiste à diminuer la dépense quand on approche le haut de cycle, pour éviter la surchauffe et prolonger la période favorable. C’est aussi un moyen pour être en position de laisser le déficit en cas de crise et pour éviter l’accumulation de la dette. Ce n’est pas facile à utiliser car il faut trouver le bon ajustement (faut-il gagner 1 ou ½ % de PIB sur le solde structurel ?) et que la logique politique ne plaide pas du tout dans ce sens. C’est bien faute d’avoir agi ainsi dans les années 2000/2007 que la Grèce s’est retrouvée dans la situation que l’on sait…

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