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Dimanche 17 décembre 2006

Berlin possède un musée d’histoire fort intéressant. On y trouve à l’entrée une carte de l’Europe qui présente en animation l’évolution des frontières depuis 2000 ans. On y trouve aussi des objets, des textes ou des tableaux représentatifs des différentes époques de l’histoire de l’Allemagne, des germains jusqu’à la chute du mur, en passant par l’empire carolingien, le Saint Empire Romain Germanique, Luther et les guerres de religion, la révolution française et l’unification de l’Allemagne. On passe d au 20ème siècle en redescendant du 1er étage au rez-de-chaussée.

On y apprend par exemple que la  population a baissée de 40% (de 17 à 10 millions) pendant la guerre de 30 ans (1618 / 1648) ce qui donne une idée des dévastations de l’époque. Le 17ème siècle connaîtra aussi la guerre menée par Louis XIV, prétendant pour sa belle sœur l’héritage de l’électeur Palatin, mort sans héritiers. La France en a gardé la chanson des dragons de Noailles :

Ils ont traversé le Rhin, avec Mr de Turenne…..

Ils ont incendié Coblence, les fiers dragons de Noailles

Et pillé le Palatinat, ils ont incendié Coblence

            Louis XIV a pourtant favorisé l’expansion de la ville de Berlin en révoquant l’Edit de Nantes en octobre 1685 : le prince de Brandebourg invite les huguenots en fuite à se réfugier chez lui. 20 000 d’entre eux rejoignent la province, dont 6 000 à Berlin, augmentant la population de cette ville d’un tiers. Le roi Frédéric 1er édifie sur la Gens d’Armes Markt deux églises jumelles, l’une pour les hughenots français, l’autre pour les protestants allemands. On peut encore les voir au centre ville.

            Entre 1815 et 1914, l’Allemagne vit une période d’expansion continue, qui voit l’unification du pays, le développement de ses industries, la création des premiers éléments de la Sécurité Sociale et les outils de la démocratie comme le Rathaus (l’hôtel de ville) , rose par la couleur des briques comme par celle des élus socialistes, ou le Reichstag, qui abrite le parlement.

            Le 20ème siècle est par contre terrible, avec les millions de morts de la première guerre mondiale (à Verdun et ailleurs), l’insurrection spartakiste de Berlin en 1919, la période d’hyperinflation, l’incendie du Reichstag qui sert de prétexte à l’arrestation des communistes, puis les bombardements de la fin de la 2ème guerre mondiale. Et puis bien sûr, la séparation de la ville en deux, dont on reparlera

par verel publié dans : International
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Samedi 16 décembre 2006

Ce lundi, je dois intervenir dans un colloque sur l’emploi des seniors. Et je me demande bien ce que je vais pouvoir raconter. Non pas que je ne connaisse rien au sujet, mais je crains que la question soit doublement mal posée.

D’une part, le colloque étant organisé par une personnalité politique, la tentation sera grande de chercher à savoir ce que peut faire le pouvoir dans ce domaine.

D’autre part, les questions posées pour lancer la table ronde sentent bon le politiquement correct ou la tarte à la crème, la plus classique dans le genre étant «  la valeur ajoutée des seniors dans l’entreprise : la transmission des savoirs ».

Resituons le problème : le financement des retraites, dans le cadre d’un allongement permanent de l’espérance de vie, ne peut se régler de façon satisfaisante que par un allongement de la durée de cotisations, le report de l’âge de la retraite. Le fait que les plus de 60 ans appartenaient à des classes creuses a permis pendant longtemps de plus ou moins ignorer le problème. Encore que : la loi Balladur pour le privé date de 1993. Mais on a continué à utiliser les pré retraites à tour de bras. Donc l’âge de la retraite a été repoussé partiellement par la loi Fillon en 2003 et on devra certainement aller plus loin.

Or on constate que les seniors au chômage ont le plus grand mal à retrouver du travail. Les enquêtes sur la discrimination montrent que les seniors sont ceux qui décrochent le moins d’entretien d’embauche, moins que les immigrés, moins que les handicapés ou les femmes. Si le taux de chômage des seniors est plus faible que la moyenne, on le doit au fait que 400 000 plus de 57 ans sont dispensées de recherche d’emploi.

C’est sans doute tout cela qui sera expliqué lors de la table ronde du matin. En plus détaillé bien sûr, puisqu’il faut bien « tenir » 2 heures !

Donc l’après midi, je devrais dire que l’idée que les seniors doivent transmettre leurs savoir faire est , sauf rares exceptions, un pur fantasme. C’est plutôt le contraire qui est vrai : trop souvent, les seniors ne sont plus dans le coup. Parce que les jeunes sont plus formés et qu’ils sont à jour des dernières nouveautés technologiques. Parce que trop de seniors sont restés longtemps sur la même activité et la conçoivent comme ils l’ont découvertes il y a 10 ou 20 ans. Regardez comment J Chirac est incapable de comprendre que l’attente des citoyens vis-à-vis du politique a changé ! A cela, il y a des solutions qui ont été intégrées dans l’accord interprofessionnel sur la formation et repris dans une loi. Bernard Quintreau, dont le rapport au conseil économique et social est à l’origine de cet accord sera d’ailleurs là pour le dire 100 fois mieux que moi.

Et donc je me contenterais de donner ce conseil que j’ai déjà présenté ici, pour les seniors qui cherchent du travail : parlez de l’avenir, parlez de l’avenir, parlez de l’avenir. Et pour ceux qui ont un travail : suivez, anticipez le changement de votre métier, pensez encore évolution de carrière.

Mais tout cela est affaire de management et d’utilisation par les salariés de leurs droits, en particulier pour le DIF. Cela ne concerne guère l’Etat ni la loi.

La question posée à l’Etat est d’abord celle du volume de l’emploi, donc celui de la croissance. En effet, il peut être utile d’éviter que les seniors se retrouvent systématiquement au bout de la file d’attente des chercheurs d’emploi. Mais ce qui sera le plus efficace, et ce sur quoi l’Etat peut agir, c’est de diminuer la file d’attente par une économie plus dynamique.

Mais je rappellerai que l’Etat est aussi un employeur. Et qu’il serait bon qu’il donne l’exemple dans son fonctionnement, pour favoriser la mobilité dans ses services (il y a du travail !), pour donner à ses agents la possibilité de se former et de prendre en charge leur carrière, pour de vrais bilans de compétences et des entretiens d’évaluations, enfin pour appliquer ce qu’il y a dans l’accord interprofessionnel.

Et puisque sera évoqué la question du coût des seniors, je dirais qu’une personne qui a 15 ou 20 ans d’ancienneté dans une fonction n’est généralement pas plus compétente que celle qui en a 10. Et que le système de progression d’indice à l’ancienneté au-delà de 10 ans dans la fonction n’est donc pas légitime.

Je sens que je vais me faire des copains !

par verel publié dans : Social
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Vendredi 15 décembre 2006

La mode pour le développement durable marque la volonté des européens de laisser à leurs (rares) enfants un territoire en bon état. Ce souci n’est pas compatible avec l’idée de certains de laisser filer l’inflation pour relancer la croissance et /ou régler la question de la dette publique.

Explications

Les taux d’intérêt marquent la préférence pour l’avenir. Un prêt d’un an à 5% signifie que le créancier préfère avoir 105 dans un an que 100 aujourd’hui alors que l’emprunteur fait le choix inverse.

Des taux élevés signifient que les créanciers n’acceptent de se priver de leur ressource pendant une certaine période que contre une forte rémunération alors que les emprunteurs préférent avoir la somme dans l’immédiat même au prix d’une somme nettement plus élevée dans l’avenir..

Pour les deux parties, l’avenir « vaut » moins que le présent, ils lui accordent moins d’importance.

Avec un taux d’intérêt de 3%, j’accorde à l’année N+1 une importance inférieure de 3% (en réalité 1 sur 1 + 0.03) à l’année N.

Un taux de 3% sur 5 ans conduit à accorder à l’année N+25 une importance deux fois plus faible qu’à l’année N.

On voit que ce taux d’intérêt bas conduit à une prise en compte forte de l’avenir. C’est pour cela qu’avec des taux d’intérêt bas, on peut faire des emprunts sur des durées longues, par exemple 30 ans.

A contrario, un taux d’intérêt élevé, comme les 17% qui ont prévalu un temps au début des années 1980, l’année N+25 ne vaut que un soixante dixième de l’année N soit environ 1.5%. On comprendra que ce qui peut s’y passer n’a guère d’importance ! A l’époque, emprunter à 10 ou 15 ans ne changeait pratiquement pas le niveau des mensualités (ce qui a conduit à inventer les crédits à remboursement progressif) . Il n’était pas possible d’emprunter plus de 6 fois la somme remboursée annuellement.

Si on ajoute l’ensemble des années N+1, N+2 etc., en tenant compte du taux d’intérêt, on peut mesurer combien « vaut » l’ensemble de l’avenir. Il vaut somme de 1 à l’infini de 1 sur (1 +t) à la puissance n, soit 1 sur t

Pour un taux annuel de 3%, l’avenir vaut donc environ 33 fois l’année en cours.

Pour le taux de 17% évoqué plus haut, l’avenir ne « vaut » plus que 6 fois l’année en cours.

L’avenir ne peut peser fortement dans les choix que s’il vaut de nombreuses fois l’année en cours, donc si les taux d’intérêt sont bas.

Or chacun comprend aisément ou a pu constater par le passé, que une forte inflation conduit à des taux élevés.

Ceux qui critiquent la lutte de la BCE contre l’inflation devrait savoir qu’ils proposent d’accorder moins d’importance à l’avenir (malgré pour certains le désir qu’ils en ont) et qu’ils vont donc à l’encontre des thèses du développement durable.
par verel publié dans : Economie
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Mercredi 13 décembre 2006

            La BCE a donc augmenté d’un quart de point les taux dont elle a la maîtrise, c’est à dire les taux à court terme. A travers cette hausse, la sixième depuis décembre 2005 (les taux étaient alors à 2%), elle cherche à lutter contre un risque d’inflation (ce qui est sa mission officielle) et à contribuer à ce que les taux à long terme restent le plus bas possible (ce qui est sa manière de contribuer à la croissance à long terme).

Les risques d’inflation ont d’abord une cause exogène à l’économie européenne : il s’agit de la hausse des prix du pétrole. C’est cette origine qui explique que, bien que l’inflation se soit maintenue au-delà da la limite de 2% (maximum théoriquement toléré par la BCE) durant l’année 2005 (la BCE prévoir 2.2% en 2006), la Banque a augmenté ses taux de manière modérée, sans atteindre pour l’instant les 4.75% affichés début 2001. Le risque, pour son conseil d’administration, est que les causes endogènes prennent le relais. La hausse des taux enregistrée depuis un an n’a pas empêché les crédits au secteur privé d’augmenter vigoureusement. En ce qui concerne les prêts aux entreprises non financières, le rythme de croissance annuel est de 12%, au plus haut depuis le début des années 90.

            Une façon d’interpréter les propos de Mr Trichet et les décisions de la BCE, consiste à dire que le taux de croissance européen (anticipé à 2.7% en 2006, 2.2% en 2007 et 2.3% en 2008) est au dessus de son potentiel à long terme qui serait de 2%. Diminuer légèrement cette croissance est un bon moyen de l’empêcher de se heurter à des manques de ressources (en capacités de production et en qualifications) et donc de la prolonger. C’est ce genre de politique qui a permis aux USA et à la Grande Bretagne de connaître une période sans récession particulièrement longue.

            Par ailleurs, comme le fait remarquer Econoclaste, l’augmentation des taux à court terme est le remède efficace contre l’inflation, ce qui devrait amener ceux qui pestent contre la vie chère à l’approuver. C’est donc le moyen d’éviter l’augmentation des taux à long terme qui serait une très mauvaise nouvelle pour la gestion de la dette publique, comme l’a signalé le rapport Pébereau.

            Cependant, ce constat est particulièrement inquiétant pour la France, dont le taux de croissance est assez nettement plus faible que celui de ses voisins, alors que sa démographie demande quelques dixièmes de points de croissance du plus que ses voisins pour que le PIB par habitant évolue au même rythme :

  • D’abord parce que cela signifierait que le taux de croissance à long terme de notre pays serait compris entre 1 et 1.5%. On notera que les programmes de l’UMP et du PS reposent sur des hypothèses de croissance de 2.5% par an au moins pendant la prochaine législature
  • Ensuite parce que nous nous retrouvons très légèrement en dessous du déficit public maximal autorisé par le traité de Maastricht (3% du PIB). Nous n’avons pas su profiter de la période de croissance au dessus de la moyenne pour nous replacer en situation plus favorable (voire même pour dégager un excédent comme l’a fait l’Espagne par exemple).

Il est vrai que beaucoup de nos compatriotes seraient surpris d’apprendre que l’Europe vit actuellement une période économique favorable !

par verel publié dans : Economie
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Mardi 12 décembre 2006

La droite par la voix de Dominique de Villepin et la gauche par celle de Ségolène Royal, ont entonné le refrain classique chez « responsables » politiques Français, contre la politique de taux et de change de la Banque Centrale Européenne.

Un observateur récemment arrivé, un Zadig des temps modernes, n’imaginerait pas à les entendre, que :

·         Les mêmes ont approuvé et fait approuvé le traité de Maastricht qui donne aux instances de Francfort la mission de lutter contre l’inflation

·         La France de Jospin et Chirac s’est battue pour que J C Trichet soit nommé président de la dite BCE et qu’il a eu une grande influence sur la politique financière de la France quand il était gouverneur de la Banque de France, que ce soit avec la gauche ou la droite

·          Les taux d’intérêt à court terme comme à long terme sont en France, depuis que l’euro existe, à un niveau plus bas que ce que notre pays avait connu dans les quarante précédentes années

La candidate socialiste a rituellement réclamé que la BCE soit soumise à des décisions politique (Chevènement en a même fait une raison de son ralliement), en négligeant le fait que Thierry Breton a tenté lors de la réunion de l’euro groupe, de convaincre ses collègues ministres des finances  de lutter contre l’euro fort. Il s’est heurté à une fin de non recevoir, notamment par les ministres luxembourgeois, allemand, belge et néerlandais, qui ne voient pas le problème.

            Au moment de la campagne référendaire sur la constitution européenne, quand tout montrait que le non allait l’emporter, plusieurs observateurs avaient fait remarquer que la méfiance vis-à-vis de l’Europe était en partie la conséquence des comportements des dirigeants français, qui avaient en permanence fait porter à Bruxelles le chapeau de décisions impopulaires qu’ils avaient en réalité prises soit seuls, soit avec leurs collègues européens.

            Il faut dire que c’est bien pratique pour un  premier ministre qui s’est engagé à réduire le chômage, de pouvoir expliquer les ratés de la croissance par les agissements de Bruxelles (ou de Francfort) plutôt que de reconnaître la mauvaise qualité de sa politique.

Et peut être la candidate socialiste craint elle que sa victoire ne suffise pas à restaurer la confiance et à relancer la croissance comme elle l’a affirmé. Désigner dès maintenant le bouc émissaire d’un éventuel échec n’est il pas habile ?

Peut être un jour aurons nous des dirigeants qui oseront dire que

·         modifier le rôle et la mission de la BCE suppose une révision de la constitution européenne à l’unanimité et que la plupart de nos voisins ne veulent pas en entendre parler : c’est donc hors de question

·         les difficultés économiques de notre pays sont pour partie spécifiques à notre pays et donc il s’agit d’y remédier à notre niveau

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par verel publié dans : Economie
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