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Lundi 11 décembre 2006

Il parait que Berlin devient une destination à la mode. Je n’y ait pourtant guère vu de touristes à l’occasion de ce long week-end en couple pour fêter nos trente ans de mariage. Il est vrai que ce n’était pas vraiment la saison. Pourtant j’ai quitté et retrouvé la France sous la pluie, alors que j’ai trouvé et quitté Berlin sous le soleil (avec il est vrai du temps plus maussade entre temps mais ni pluie, ni neige, ni gel).

Dans l’avion d’Air France, les annonces sont en français et en anglais, alors que les allemands représentent probablement la moitié des passagers. Quand le règlement prend le pas sur le sens commun…

Il n’y a pas de métro ou de train depuis l’aéroport et nous prenons le bus. La ville compte pourtant un réseau important de métros, de RER (des trains à quelques mètres de hauteur, un peu comme les lignes 2 et 6 à Paris) et plusieurs tramways, pour une ville de plus de trois millions d’habitants, assez étendue. Nous avons pratiquement toujours eu une place assise, et il est fréquent de voir des passagers avec leur vélo : il y a la place pour cela. Nous commençons la visite par la porte de Brandebourg, le Tiergarten (un petit bois de Boulogne) et le Reichtag. Très peu de voitures dans de larges avenues. Il est vrai que nous sommes en réalité à l’écart de la ville, mais nous y verrons très peu d’embouteillages.

            Ce mois de décembre est la période des marché de Noël . Il y en a plusieurs dans le centre ville, et c’est vraiment la grande foule. Florence, une étudiante française avec qui nous avons rendez vous le samedi soir, nous citera un sondage qui chiffre à 90% la proportion de Berlinois qui en ont déjà fréquenté un cette année. Ces marchés sont composés de petites maisons en bois, ouvertes sur la devanture et abritant divers commerces : jouets, vêtements, bibelots, spécialités culinaires etc.

Les rues sont propres, même s’il traîne quelques emballages ou mégots ici ou là, même à coté des marchés. Il n’y a pratiquement pas de mendiants et je n’ai vu aucun clochards, si nombreux dans certains coins de Paris. Comme nous le fait remarquer Florence, les Berlinois ne sont pas stressés mais très aimables. Berlin n’est pas une ville d’affaires comme Francfort ou Munich.

La ville comporte peu de bâtiments chargés d’histoire comme d’autres capitales européennes : elle ne date que du treizième siècle et les bombardements de 44/45 ont beaucoup détruits. Nous voyons le plus important en 3 jours en ayant visité quelques musées.

A la sortie du musée de l’histoire,, pendant que ma femme va voir un marché d’artisanat, j’écoute des joueurs de flûte indienne (une musique d’Amérique du Sud, et un déguisement d’indiens d’Amérique du Nord !!). Un joueur de bonneteau ( ce jeu avec trois boîtes où il faut trouver laquelle cache la boule que le joueur fait circuler à toute vitesse entre ses boîtes) s’installe ) à coté de moi. Très vite un couple , puis un autre, s’approchent. La femme du premier couple parie, gagne, perd, puis gagne et reperd. L’autre couple joue à son tour. Les paris se font à 50 euros. J’imagine que le premier couple est complice et je me demande si le second ne l’est pas aussi. Au bout de 10 minutes, le joueur remballe son petit tapis et ses petites boîtes. Cinq minutes après, il s’installe de nouveau un peu plus loin, et les deux couples le rejoignent : il y avait bien 4 complices. C’est dur de créer l’attroupement !

            Il traîne dans l’air une très légère odeur que ma femme et moi reconnaissons bien : on brûle du charbon dans la région ! Il est vrai que cela reste une source d’énergie importante en Allemagne. Justement, dans un autre musée, je vois un vieil exemplaire du Spiegel, datant de mars 1981 et titrant sur les forets en train de mourir à cause des pluies acides. Apparemment, il n’en est plus question, la lutte contre la pollution au soufre a du être efficace. Si on est pessimiste, on en déduit que nous passons notre temps à créer de nouveaux dangers pour la planète, si on est optimiste, qu’on arrive à progresser sérieusement pour traiter ce genre de problèmes !

            Mais le week-end se termine. Il faut abandonner Emmanuelle Béart, qu’on voit partout sur des affiches pour de la lingerie féminine, Retour à domicile pour virer les plus de 200 spams qui se sont accumulés entre temps !

            Bientôt, un article sur le mur !
par verel publié dans : International
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Mercredi 6 décembre 2006
Insurrection ou délitement

Le 17 mars, le pays découvre stupéfait que les cris d’orfraies poussés par J M Le Pen depuis plusieurs mois n’étaient pas du cinéma : le président du Front National n’a pas obtenu les 500 signatures nécessaires pour se présenter. D’autres petits candidats sont dans le même cas

L’absence du candidat d’extrême droite libère les électeurs du vote utile et F Bayrou dépasse les 15%. Les « petit » candidats qui ont réussi à réunir les 500 signatures font également des scores flatteurs (notamment le candidat du CNPT), ce qui n’empêche pas Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy de s’affronter au deuxième tour. C’est le second qui l’emporte, de peu.

Aux législatives qui suivent, le Front National donne comme unique consigne « sortez les sortants ». Le score de Bayrou l’a encouragé à présenter de nombreux candidats. La situation est semblable à gauche mais de manière moins massive. Les écologistes sont également présents dans de nombreuses circonscriptions, sous des étiquettes variées. Le taux élevé d’abstention fait que la barre des 12.5% des inscrits est fatale à de nombreux candidats. Le Front National est présent au deuxième tour dans près de 200 circonscriptions. Il obtient 14 députés (pas assez pour faire un groupe). La gauche gagne finalement avec deux sièges de majorité.

Le président s’incline et nomme F Hollande premier ministre. Pour celui-ci les choses ne sont pas simples : il sait que le président pourra dissoudre l’Assemblée Nationale au bout de 12 mois pour tenter de reconquérir le pouvoir et par ailleurs sa majorité est dépendante de ses alliés. Il se lance donc dans une politique prudente, en privilégiant les négociations préalables, comme cela était d’ailleurs prévu dans le programme socialiste. Le temps passe ainsi alors que la situation économique n’est pas bonne : l’augmentation de 3 points de la TVA Allemande a ralenti la croissance européenne et la France est maintenant nettement à la traîne de ses voisins.

Les municipales se traduisent par une forte montée de l’abstention et des résultats très contrastés en fonction des hommes en place, quelque soit leur camp. Les plus anciens, ceux qui ont été ministres, sont fréquemment en échec.

Un incident dans l’Oise avec des jeunes dégénère, certains éléments de la population ayant constitué une milice. Celle-ci s’affronte avec une bande de jeunes suite à un incendie de véhicule. Il y a au final 2 morts dans chaque camp et de nombreux blessés. Le Président accuse le ministre de l’intérieur d’incompétence et met en avant l’augmentation de la délinquance.

Aux obsèques le ministre est la victime d’un attentat par un tireur isolé qui réussit à s’enfuir sans laisser de traces. Les rumeurs les plus folles circulent et la polémique enfle.

Une enquête du CEVIPOF montre qu’une partie des électeurs de Le Pen, qui le considéraient comme le seul recours, ont définitivement perdu confiance dans le système, au point que certains ont décidé de passer dans l’action violente et que d’autres prônent le passage à l’acte de l’autodéfense. L’enquête conclue que les incidents de cet ordre vont se multiplier.

Le déficit étant repassé au delà des 3%, l’Europe exige de la France (et de l’Italie qui est dans le même cas), un plan de redressement. Le gouvernement commence à mettre en place des mesures forcément impopulaires, au point que les deux ministres communistes et l’un des verts démissionnent.

La décision de bloquer les salaires des fonctionnaires pendant un an provoque d’importantes manifestations.  Les contribuables associés lancent alors un mot d’ordre de contre manifestation. Ils sont rejoints dans certaines régions par le Front National. Dans plusieurs villes, suite à des erreurs de la préfecture, les deux manifestations se retrouvent face à face, ce qui débouche sur des affrontements violents. Plusieurs syndicats lancent le mot d’ordre de grève générale pour protester. Les contribuables associés ripostent en appelant à boycotter le paiement des impôts.

Le Président sent qu’il faut calmer le jeu. Il fait une déclaration solennelle de soutien au premier ministre. C’est d’autant plus urgent que des émeutes sporadiques ont éclaté dans les banlieues. Le premier ministre et le Président de la république se rendent à la rencontre de la population chacun de leur coté et finissent par une visite commune au Conseil Economique et Social. Ils sont alors tous les deux victimes d’un attentat terroriste.

Christian Poncelet devient Président par intérim. Son discours à la télévision est d’une telle incohérence que les Français comprennent qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion. Certains se mettent à créer des milices d’auto défenses. Des bavures ont lieu à plusieurs endroits. Les réunions du conseil des ministres sont houleuses. Le Président décide finalement de décréter  l’Etat d’urgence sur tout le territoire, ce qui donne la possibilité aux policiers de faire usage de leurs armes. Mais il est bien tard.

Chaque incident est le prétexte à une opération de vengeance, à une méfiance de plus en plus importante, à la constitution de milices ou au moins à une logique de repli sur soi. La confiance dans la classe politique est devenue quasi nulle et les Français ne font guère confiance aux médias. L’audience des télés et radios généralistes s’effondrent au profit de quelques une des nouvelles chaînes qui voit l’occasion d’augmenter leur audience et qui surfent sur les inquiétudes de la population.

Le calme revient cependant lentement et de nouvelles élections présidentielles sont organisées. Des candidatures corporatistes ou ethniques apparaissent. Les premiers sondages leur donnent des scores non négligeables. Aucun candidat ne parait en mesure de recueillir plus de 15% des voix au premier tour. Finalement c’est Bernard Tapie qui l’emporte face à un candidat écologiste inconnu 6 mois avant mais qui a su se faire connaître par les nouveaux médias.

N’ayant pas de majorité à l’Assemblée Nationale, il dissout celles-ci. Les élections produisent une chambre complètement ingouvernable, en raison de la grande diversité des partis représentés. Dans quelques départements le scrutin n’a pu avoir lieu ou a été gravement perturbé par les affrontements incessants entre une partie de la population et les forces de l’ordre ou entre plusieurs parties de la population entre elles.

A sa première séance, la nouvelle Assemblée nationale échoue à élire un président et un bureau. En Alsace et en Bretagne, des élus indépendantistes l’ont emporté. Ils proclament peu après  unilatéralement l’indépendance de leur région. De Villiers fait de même en Vendée, suivi par les députés Front National qui l’ont emporté dans une partie de la région PACA.

par verel publié dans : Organisation de l'Etat
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Lundi 4 décembre 2006

Plusieurs de mes blogs préférés commentent la visite de Ségolène Royal au Liban et de la polémique lancée par la droite à propos de l’attitude de la candidate face au Hezbollah. Si le sujet vous intéresse, allez lire Commentaires et Vaticinations, Versac, Authueil ou Radical chic, Koz ou même un swissroll qui d’en mêle,  car je ne les commenterais pas ici. Je signale simplement pour ceux qui en douteraient qu’ils n’ont pas tous le même avis.

Ceux de ses adversaires qui croient pouvoir dévaloriser la candidate socialiste en mettant l’accent sur ses bourdes ou son incompétence supposée se trompent sur les attentes des Français.

Il n’y a qu’à voir qui vont être les principaux candidats à la présidentielle.

L’UMP n’a choisi ni Alain Juppé, ni Jean Pierre Raffarin, ni Dominique de Villepin, le PS n’a pas choisi non plus Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Aucun des anciens premiers ministres, aucun de ceux qui sont à priori les plus expérimentés n’a trouvé grâce auprès des militants. Si François (Bayrou) Ségolène (Royal) et Nicolas (Sarkozy) ont tous été ministres, ils n’ont pas brillé plus que d’autres dans cet exercice et ce n’est pas ce qu’ils essaient de nous vendre. Mme Royal, qui, on le sait, a bien étudié les sondages pour comprendre les attentes des Français, envisage un gouvernement ne comprenant aucun ancien ministre.

Au contraire, la candidate adopte un discours quasiment religieux, parlant d’ordre juste, de valeurs, de foi et de ferveur. Elle ne prétend pas encore guérir des écrouelles mais elle affirme déjà que son élection suscitera la confiance et donc le retour de la croissance. Le mot confiance n’est il pas de la même racine que foi ?

Le ministre de l’intérieur n’est pas en reste avec son concept de rupture tranquille dont on comprend au moins qu’il conduit à renvoyer J Chirac aux oubliettes, avec celui qui usa du concept de force tranquille.

Finalement, je crois que les français n’ayant plus confiance dans leur classe politique, ne sont pas prêts à juger les candidats sur leur compétence supposée. Ils ont envie de rêver, tout en ayant appris avec les deux derniers présidents que les rêves et les promesses peuvent vite être désenchantées.

Et pourtant, il est des gens qui ne sont pas convaincus : ces derniers jours j’ai revu deux anciennes collègues qui habitent toutes les deux dans la Vienne et qui ont une opinion fort négative de leur présidente de région. Elles basent leur jugement sur des faits très concrets. Et je suis sur que dans les Hauts de Seine ou le Béarn il y a aussi à raconter. Pour qu’on puisse choisir en toutes connaissances de cause.
par verel publié dans : Politique
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Dimanche 3 décembre 2006

La loi Fillon sur l’école du 23 avril 2005 a prévu l’instauration d’une note de vie scolaire et sa prise en considération pour le BEPC en fin de 3ème. Gilles de Robien a cru bon de généraliser cette note à toutes les classes de collège en janvier 2006. Cette note, fixée par le chef d’établissement sur proposition du professeur principal qui consulte au préalable l’équipe éducative, suscite l’opposition grandissante de nombreux enseignants et représentants des parents d’élèves. Certains proposent de mettre 20 à tout le monde, d’autres à chaque élève sa moyenne dans les autres matières. Le Monde  du 23 novembre cite une principale syndiquée qui estime qu’un tiers des établissements souhaitent jouer le jeu, un tiers le font à contrecoeur et un tiers s’y refusent totalement. Les professeurs que j’ai interrogé dans ma famille ont tous observé que la mesure est très discutée, sans avoir eux même d’avis tranché.

La note  sanctionne l’absentéisme ou les manquements au règlement intérieur et valorise à contrario la participation aux activités extrascolaires ou l’engagement. Les critères sont laissés à l’appréciation des collèges, pour tenir compte de la diversité des situations.

Le ministère qui a fait des compétences sociales et civiques un des éléments fondamentaux du socle éducatif, estime que cette note participe au développement du civisme. Eric Debarbieux, directeur de l’observatoire de la violence craint au contraire que cette mesure soit contreproductive, en accélérant le rejet par certains de l’institution.

Tout cela me parait encore une fois un procès en sorcellerie, tel qu’on aime en faire dans notre pays. Est il possible de réfléchir un peu sereinement sur ce sujet ?

Ce débat m’a rappelé un magnifique reportage passé il y a maintenant quelques années, qui montrait la vie d’un collège de St Denis, repris en main par une principale remarquable. L’amour qu’elle portait aux jeunes qui lui étaient confiés était manifeste, mais c’est surtout ses qualités de management qui étaient remarquables. Sa pratique était pourtant simple à exposer (mais certainement plus complexe à mettre en pratique) : ne pas laisser passer un comportement inadapté (pour les professeurs) ou contraire à ce qu’on leur demande (pour les élèves) mais toujours, une fois avoir exprimé le reproche, montrer la possibilité d’adopter un comportement plus satisfaisant et offrir l’aide de l’institution pour y arriver.

Dans une telle pratique, la note scolaire peut être, à un moment donné un outil utile. Dans ces conditions, il peut être intéressant que le ministère en donne la possibilité. Par contre, le rendre obligatoire est un non sens. D’autant plus que l’efficacité de ce genre de mesure dépend essentiellement de la manière dont elle est utilisée. En l’occurrence des capacités de management des principaux. On me permettra de douter que 100% d’entre eux ont les compétences pour utiliser dans le bon sens la note scolaire. A t’on pris les moyens d’information et de formation des principaux pour mettre en place cette note ?

Il y a d’ailleurs une incohérence dans la position du ministère qui laisse les collèges libre de la manière dont ils évaluent la note mais rend obligatoire la mesure.

On se demande surtout pourquoi Gilles de Robien a tenu à élargir cette mesure à toutes les classes, aussi vite ?

Quand acceptera t’on de faire des expérimentations, de prendre le temps d’en tirer les enseignements et de prendre ensuite les moyens de la généralisation (autre que des notes de service bien entendu !)

Les politiques semblent encore croire qu’il suffit d’une loi pour atteindre ses objectifs. Il y a pourtant plus de quarante ans que Michel Crozier a montré qu’on ne change pas la société par décret.
par verel publié dans : Organisation de l'Etat
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Vendredi 1 décembre 2006

Deuxième scénario : Ségolène Royal

Les résultats peu brillants du gouvernement de Villepin conduisent à la répétition du scénario inusable depuis 1981 : le camp au pouvoir perd. Ségolène Royal qui a su donner aux Français le sentiment qu’ils étaient enfin entendus devient ainsi la première femme Présidente de la République Française. Elle nomme Jean Marc Ayrault premier ministre. Dans la foulée, la gauche gagne les législatives mais le PS n’obtient pas la majorité à lui tout seul, ni même avec les radicaux. Une fois de plus, il lui faut composer avec la gauche plurielle.

Le nouveau gouvernement met rapidement en œuvre plusieurs de ses promesses. Parmi celle-ci, l’accroissement du pouvoir des régions et l’augmentation des crédits à la recherche. Sous la pression de la gauche du parti et de ses alliés, le premier ministre abroge la Loi Fillon. Le temps qu’une nouvelle loi soit négociée, la plupart de ceux qui avaient vu leur départ repoussé par la loi en profitent pour faire valoir leurs droits. C’est l’équivalent de 2.5 classes d’âge qui s’en vont ainsi, ce qui représente un effectif important dans l’enseignement où la moyenne d’âge est élevée. Il faut embaucher massivement mais le gouvernement obtient certaines contreparties, comme la présence 35 h sur place pour les jeunes recrues en collège.

Les déficits de l’Etat et des régimes sociaux cumulés dépassent 4% du PIB en 2008, provoquant une réaction d’autant plus forte de Bruxelles que l’Allemagne a presque équilibré ses comptes et que l’Italie de Prodi reste en dessous de la barre fatidique des 3% : la France est isolée. Le gouvernement décide d’augmenter les impôts et de limiter les dépenses à l’exception de l’université et de la recherche. Dans ce domaine malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Il faut dire que les grands organismes comme le CNRS sont restés en l’état et que les crédits ont plus servis à augmenter le nombre de chercheurs qu’à leur donner les moyens de travailler. Le plan de rigueur adopté en 2008 permet de revenir à un peu plus de 3% de déficit en 2009. Mais ces mesures ont fortement diminué la popularité des dirigeants socialistes. En 2010, la droite reprend plus de la moitié des régions au PS. Plus grave, le vote extrême a atteint des niveaux très important, aussi bien à droite qu’à gauche. Le PS est déchiré entre ceux qui proposent une ligne plus à gauche et envisagent une sortie de l’euro, et ceux qui veulent au contraire renforcer la rigueur. La situation économique mondiale et européenne devient moins favorable et la croissance française, passée depuis 2005 en dessous de celles de l’Allemagne et de l’UE à 15, s’annule complètement, faisant exploser les déficits.

La présidente choisit de suivre les injonctions de ses partenaires européens et propose à la droite une grande coalition. L’UMP refuse après un débat orageux mais le ralliement de l’UDF contre une dose importante de proportionnelle permet au nouveau gouvernement dirigé par D Strauss Kahn de se passer des voix communistes. La nouvelle politique ne se met réellement en place qu’à partir de l’été 2011. Les querelles de pouvoir entre l’Etat et les régions gouvernées par l’UMP compliquent fortement les affaires : la réforme de 2007 a en effet augmenté les recouvrements de domaines d’intervention. Quelques députés et sénateurs PS et verts rejoignent la coalition entre communistes et trotskistes qui se fait autour d’un compromis candidature LCR  à la présidentielle et l’essentiel des investitures aux législatives pour le reste de la gauche. Au Front National, après le décès de Le Pen, le compromis se fait autour de la candidature pour sa fille et le parti pour Gollnisch.

Au présidentielles de 2012, S Royal et N Sarkozy sont de nouveaux face à face. Mais ils sont maintenant nettement assimilés à une classe politique de plus en plus rejetée par les français. Le deuxième tour se fait entre Marine Le Pen et Olivier Besancenot. Et l’importance de la proportionnelle instaurée peu avant ne permet pas d’espérer une quelconque majorité aux législatives.

par verel publié dans : Politique
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