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Lundi 4 décembre 2006

Plusieurs de mes blogs préférés commentent la visite de Ségolène Royal au Liban et de la polémique lancée par la droite à propos de l’attitude de la candidate face au Hezbollah. Si le sujet vous intéresse, allez lire Commentaires et Vaticinations, Versac, Authueil ou Radical chic, Koz ou même un swissroll qui d’en mêle,  car je ne les commenterais pas ici. Je signale simplement pour ceux qui en douteraient qu’ils n’ont pas tous le même avis.

Ceux de ses adversaires qui croient pouvoir dévaloriser la candidate socialiste en mettant l’accent sur ses bourdes ou son incompétence supposée se trompent sur les attentes des Français.

Il n’y a qu’à voir qui vont être les principaux candidats à la présidentielle.

L’UMP n’a choisi ni Alain Juppé, ni Jean Pierre Raffarin, ni Dominique de Villepin, le PS n’a pas choisi non plus Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Aucun des anciens premiers ministres, aucun de ceux qui sont à priori les plus expérimentés n’a trouvé grâce auprès des militants. Si François (Bayrou) Ségolène (Royal) et Nicolas (Sarkozy) ont tous été ministres, ils n’ont pas brillé plus que d’autres dans cet exercice et ce n’est pas ce qu’ils essaient de nous vendre. Mme Royal, qui, on le sait, a bien étudié les sondages pour comprendre les attentes des Français, envisage un gouvernement ne comprenant aucun ancien ministre.

Au contraire, la candidate adopte un discours quasiment religieux, parlant d’ordre juste, de valeurs, de foi et de ferveur. Elle ne prétend pas encore guérir des écrouelles mais elle affirme déjà que son élection suscitera la confiance et donc le retour de la croissance. Le mot confiance n’est il pas de la même racine que foi ?

Le ministre de l’intérieur n’est pas en reste avec son concept de rupture tranquille dont on comprend au moins qu’il conduit à renvoyer J Chirac aux oubliettes, avec celui qui usa du concept de force tranquille.

Finalement, je crois que les français n’ayant plus confiance dans leur classe politique, ne sont pas prêts à juger les candidats sur leur compétence supposée. Ils ont envie de rêver, tout en ayant appris avec les deux derniers présidents que les rêves et les promesses peuvent vite être désenchantées.

Et pourtant, il est des gens qui ne sont pas convaincus : ces derniers jours j’ai revu deux anciennes collègues qui habitent toutes les deux dans la Vienne et qui ont une opinion fort négative de leur présidente de région. Elles basent leur jugement sur des faits très concrets. Et je suis sur que dans les Hauts de Seine ou le Béarn il y a aussi à raconter. Pour qu’on puisse choisir en toutes connaissances de cause.
Par verel - Publié dans : Politique
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Dimanche 3 décembre 2006

La loi Fillon sur l’école du 23 avril 2005 a prévu l’instauration d’une note de vie scolaire et sa prise en considération pour le BEPC en fin de 3ème. Gilles de Robien a cru bon de généraliser cette note à toutes les classes de collège en janvier 2006. Cette note, fixée par le chef d’établissement sur proposition du professeur principal qui consulte au préalable l’équipe éducative, suscite l’opposition grandissante de nombreux enseignants et représentants des parents d’élèves. Certains proposent de mettre 20 à tout le monde, d’autres à chaque élève sa moyenne dans les autres matières. Le Monde  du 23 novembre cite une principale syndiquée qui estime qu’un tiers des établissements souhaitent jouer le jeu, un tiers le font à contrecoeur et un tiers s’y refusent totalement. Les professeurs que j’ai interrogé dans ma famille ont tous observé que la mesure est très discutée, sans avoir eux même d’avis tranché.

La note  sanctionne l’absentéisme ou les manquements au règlement intérieur et valorise à contrario la participation aux activités extrascolaires ou l’engagement. Les critères sont laissés à l’appréciation des collèges, pour tenir compte de la diversité des situations.

Le ministère qui a fait des compétences sociales et civiques un des éléments fondamentaux du socle éducatif, estime que cette note participe au développement du civisme. Eric Debarbieux, directeur de l’observatoire de la violence craint au contraire que cette mesure soit contreproductive, en accélérant le rejet par certains de l’institution.

Tout cela me parait encore une fois un procès en sorcellerie, tel qu’on aime en faire dans notre pays. Est il possible de réfléchir un peu sereinement sur ce sujet ?

Ce débat m’a rappelé un magnifique reportage passé il y a maintenant quelques années, qui montrait la vie d’un collège de St Denis, repris en main par une principale remarquable. L’amour qu’elle portait aux jeunes qui lui étaient confiés était manifeste, mais c’est surtout ses qualités de management qui étaient remarquables. Sa pratique était pourtant simple à exposer (mais certainement plus complexe à mettre en pratique) : ne pas laisser passer un comportement inadapté (pour les professeurs) ou contraire à ce qu’on leur demande (pour les élèves) mais toujours, une fois avoir exprimé le reproche, montrer la possibilité d’adopter un comportement plus satisfaisant et offrir l’aide de l’institution pour y arriver.

Dans une telle pratique, la note scolaire peut être, à un moment donné un outil utile. Dans ces conditions, il peut être intéressant que le ministère en donne la possibilité. Par contre, le rendre obligatoire est un non sens. D’autant plus que l’efficacité de ce genre de mesure dépend essentiellement de la manière dont elle est utilisée. En l’occurrence des capacités de management des principaux. On me permettra de douter que 100% d’entre eux ont les compétences pour utiliser dans le bon sens la note scolaire. A t’on pris les moyens d’information et de formation des principaux pour mettre en place cette note ?

Il y a d’ailleurs une incohérence dans la position du ministère qui laisse les collèges libre de la manière dont ils évaluent la note mais rend obligatoire la mesure.

On se demande surtout pourquoi Gilles de Robien a tenu à élargir cette mesure à toutes les classes, aussi vite ?

Quand acceptera t’on de faire des expérimentations, de prendre le temps d’en tirer les enseignements et de prendre ensuite les moyens de la généralisation (autre que des notes de service bien entendu !)

Les politiques semblent encore croire qu’il suffit d’une loi pour atteindre ses objectifs. Il y a pourtant plus de quarante ans que Michel Crozier a montré qu’on ne change pas la société par décret.
Par verel - Publié dans : Organisation de l'Etat
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Vendredi 1 décembre 2006

Deuxième scénario : Ségolène Royal

Les résultats peu brillants du gouvernement de Villepin conduisent à la répétition du scénario inusable depuis 1981 : le camp au pouvoir perd. Ségolène Royal qui a su donner aux Français le sentiment qu’ils étaient enfin entendus devient ainsi la première femme Présidente de la République Française. Elle nomme Jean Marc Ayrault premier ministre. Dans la foulée, la gauche gagne les législatives mais le PS n’obtient pas la majorité à lui tout seul, ni même avec les radicaux. Une fois de plus, il lui faut composer avec la gauche plurielle.

Le nouveau gouvernement met rapidement en œuvre plusieurs de ses promesses. Parmi celle-ci, l’accroissement du pouvoir des régions et l’augmentation des crédits à la recherche. Sous la pression de la gauche du parti et de ses alliés, le premier ministre abroge la Loi Fillon. Le temps qu’une nouvelle loi soit négociée, la plupart de ceux qui avaient vu leur départ repoussé par la loi en profitent pour faire valoir leurs droits. C’est l’équivalent de 2.5 classes d’âge qui s’en vont ainsi, ce qui représente un effectif important dans l’enseignement où la moyenne d’âge est élevée. Il faut embaucher massivement mais le gouvernement obtient certaines contreparties, comme la présence 35 h sur place pour les jeunes recrues en collège.

Les déficits de l’Etat et des régimes sociaux cumulés dépassent 4% du PIB en 2008, provoquant une réaction d’autant plus forte de Bruxelles que l’Allemagne a presque équilibré ses comptes et que l’Italie de Prodi reste en dessous de la barre fatidique des 3% : la France est isolée. Le gouvernement décide d’augmenter les impôts et de limiter les dépenses à l’exception de l’université et de la recherche. Dans ce domaine malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Il faut dire que les grands organismes comme le CNRS sont restés en l’état et que les crédits ont plus servis à augmenter le nombre de chercheurs qu’à leur donner les moyens de travailler. Le plan de rigueur adopté en 2008 permet de revenir à un peu plus de 3% de déficit en 2009. Mais ces mesures ont fortement diminué la popularité des dirigeants socialistes. En 2010, la droite reprend plus de la moitié des régions au PS. Plus grave, le vote extrême a atteint des niveaux très important, aussi bien à droite qu’à gauche. Le PS est déchiré entre ceux qui proposent une ligne plus à gauche et envisagent une sortie de l’euro, et ceux qui veulent au contraire renforcer la rigueur. La situation économique mondiale et européenne devient moins favorable et la croissance française, passée depuis 2005 en dessous de celles de l’Allemagne et de l’UE à 15, s’annule complètement, faisant exploser les déficits.

La présidente choisit de suivre les injonctions de ses partenaires européens et propose à la droite une grande coalition. L’UMP refuse après un débat orageux mais le ralliement de l’UDF contre une dose importante de proportionnelle permet au nouveau gouvernement dirigé par D Strauss Kahn de se passer des voix communistes. La nouvelle politique ne se met réellement en place qu’à partir de l’été 2011. Les querelles de pouvoir entre l’Etat et les régions gouvernées par l’UMP compliquent fortement les affaires : la réforme de 2007 a en effet augmenté les recouvrements de domaines d’intervention. Quelques députés et sénateurs PS et verts rejoignent la coalition entre communistes et trotskistes qui se fait autour d’un compromis candidature LCR  à la présidentielle et l’essentiel des investitures aux législatives pour le reste de la gauche. Au Front National, après le décès de Le Pen, le compromis se fait autour de la candidature pour sa fille et le parti pour Gollnisch.

Au présidentielles de 2012, S Royal et N Sarkozy sont de nouveaux face à face. Mais ils sont maintenant nettement assimilés à une classe politique de plus en plus rejetée par les français. Le deuxième tour se fait entre Marine Le Pen et Olivier Besancenot. Et l’importance de la proportionnelle instaurée peu avant ne permet pas d’espérer une quelconque majorité aux législatives.

Par verel - Publié dans : Politique
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Jeudi 30 novembre 2006

Cette fois ci, aucun candidat n’a pointé le nez à cette 4ème édition, et nous avons pu papoter tranquillement, revoir des têtes connues (non, cette fois ci je ne les citerais pas !) en découvrir quelques autres comme François de droit administratif, Abadinte, Monaulnay.com ou Ronchon.

Mais plus précieux, j’ai pu discuter avec plusieurs représentantes de la gent féminine. Je ne m’en lasse pas, puisque j’avais passé l’après midi avec deux collègues du beau sexe ! Tris femmes donc, dont d’abord Polluxe dont j’avais inscrit le blog dans ma liste sans savoir son sexe (il parait que j’étais bien le seul à l’ignorer). Elle a passé deux longues semaines sans publier mais c'est reparti!

Les deux autres ne sont pas des blogueuses.

La première fait partie de cette équipe de militants du PS qui sont chargés de faire de la veille sur les blogs (et ce qu’elle n’a pas dit, de lancer des commentateurs comme on l’a vu récemment chez Versac). Elle a cette qualité très utile chez les consultants, de savoir faire parler et écouter. D’après elle, l’UMP avait pris de l’avance il y a six mois avec une plate forme des blogs de sa tendance, mais ceux-ci avaient tendance à rester entre eux, alors que les militants PS étaient plus dispersés. Il a fallu expliquer aux premiers secrétaires l’intérêt de lancer des blogs. Maintenant, le PS a lui aussi sa plate forme, comme l’UDF. Et ce sont les indépendants (majoritaires me semble t’il à cette République des blogs) qui à l’image de Versac, font des passerelles entre tout ces mondes un peu clos.

La deuxième est Marie Annick, fidèle de cette réunion. Les présents ont sans doute repéré cette jeune femme blonde d’1m 83, souvent souriante, juriste de formation et impliquée professionnellement dans la politique. Elle continue à se demander si elle va ou non lancer un blog, mais je ne la crois pas vraiment motivée. Sait on jamais ?

On notera à cette occasion que la plupart des commentateurs ont un site web. On pourrait en déduire que la plupart des lecteurs sont dans ce cas. Je pense au contraire que la plupart des lecteurs n’ont pas de site. Ceux que je connais parmi mes amis ou ma famille ont parfois envie de mettre un commentaire mais ne passent pas à l’acte, souvent avec le sentiment que ce qu’ils pensent n’intéresse personne et/ou est idiot. En réalité, celui qui met des commentaires n’est pas plus malin, mais il ose plus. Je suis pourtant persuadé que les lecteurs ont souvent des choses très justes à dire. Qu’ils n’hésitent donc pas à participer aux débats, à ne pas laisser la parole uniquement à ceux qui la prennent déjà par leur blog !
Par verel - Publié dans : Politique
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Mardi 28 novembre 2006

Premier scénario : Sarkozy

Les premiers mois de l’année 2007 n’ayant pas permis aux chiraquiens de s’opposer à Nicolas Sarkozy, celui-ci arrive en tête du premier tour de la présidentielle. Ségolène Royal ayant eu des difficultés en fin de campagne, est arrivée juste devant Le Pen et n’obtient que 47% des voix au deuxième tour. Les dissensions qui s’ensuivent au Parti Socialiste contribuent au net succès de l’UMP aux législatives de juin.

François Fillon devenu premier ministre met en œuvre très vite certaines des promesses de Sarkozy dont le service minimum et certains cadeaux fiscaux aux plus hauts revenus. Le rendez vous de 2008 sur les retraites est l’occasion pour lui de supprimer les régimes spéciaux. Le système du service minimum rend supportable les deux mois de grèves qui s’ensuivent et le gouvernement ne cède pas. Mais une partie des salariés concernés se radicalisent. Et la minorité de gauche du PS le quitte sur cette question, rejoignant la mouvance anti-libérale, qui s’organise progressivement. La présidentielle ayant permis à O Besancenot de distancer largement A Laguiller, la LCR se sent libérée de la pression de Lutte Ouvrière, qui s’épuise à rembourser ses frais de campagne.

L’évolution de la législation du travail dans un sens plus libéral favorise l’augmentation des inégalités dans un contexte de croissance molle tout en permettant une légère baisse du chômage qui descend à 7%. Une part importante de la population s’enfonce dans la précarité et les bas salaires. La tendance à la ghettoïsation augmente, avec des zones pour riches et des zones pour pauvres.

La délinquance continue à augmenter, avec notamment des phénomènes de petites bandes mobiles et violentes dans toutes les manifestations ou les événements collectifs. Le Front National en profite malgré le décès de JM Le Pen. Sa fille fait un deal avec Gollnisch : à lui la présidence du parti, à elle la candidature à l’Elysée. Sous l’influence de Marine Le Pen, le front national gomme les aspects les plus provocateurs de son discours

Le bilan du président parait très mitigé quand éclate une affaire d’apparence mineure. Quelques juges essaient d’instruire des affaires de corruption qui touchent des proches du gouvernement dans les Hauts de Seine, en Vendée (De Villiers est devenu ministre) et dans l’Isère où A Carignon a réinstallé en peu de temps une véritable mafia. Le ministre de la justice bloque l’instruction et seul parmi les médias, le Canard Enchaîné reprend les informations. Mais l’affaire explose sur Internet où elle prend des proportions considérables, éclaboussant au passage tous les partis installés. Les rumeurs les plus folles se mêlent aux faits avérés et finissent de décrédibiliser la classe politique.

Aux présidentielles qui suivent, Arnaud Montebourg représentant le PS n’arrive pas à décoller. F Bayrou croit son heure enfin arrivée mais ne réussit qu’à affaiblir la droite et le président sortant qui se représente. Le deuxième tour montre un rajeunissement massif avec le face à face Marine Le Pen et Clémentine Autain.

Par verel - Publié dans : Politique
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