Dimanche 26 novembre 2006
Les maires sont à la mode : le pouvoir qui leur est donné d’apporter une signatures aux candidats à la présidentielle en font des personnes particulièrement courtisées. Les maires des plus grandes communes, appartenant le plus souvent ; comme les conseillers généraux ou régionaux, à un parti, ce sont ceux des petites communes qui sont le plus sollicités.
Et ils sont nombreux puisque 20 918 communes comptent moins de 500 habitants.
Justement, du 22 au 24 novembre avait lieu le 88ème congrès de l’Association des maires de France. La résolution finale pointait les difficultés auxquelles sont soumises les communes et la complexité des rapports avec l’Etat.
La France est le pays d’Europe qui a le plus de communes : il en a à lui tout seul plus que tous ses voisins réunis. Ce qui signifie que de très nombreuses communes sont petites, et même très (trop !) petites, comme on peut le voir sur le tableau suivant
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Taille
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-de 200
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201/500
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500/2000
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2000/10000
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10000/30000
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30000/100000
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+de100000
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Nombre
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10 406
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10 512
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11 018
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3 906
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687
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220
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37
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% nombre
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28.2
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28.5
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30.0
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10.7
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1.9
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0.6
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0.1
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%cumulé
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28.2
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56.7
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86.7
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97.4
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99.3
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99.9
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100.0
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Population (millions)
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1.2
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3.4
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10.8
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16.1
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11.7
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10.6
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9.5
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% Population
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2
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5.4
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17.1
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25.4
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19.5
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16.7
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14.9
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% cumulé
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2
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7.4
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24.5
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49.9
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68.4
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85.1
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100.0
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La moitié de la population vit dans les 2.6% de communes, celles qui ont plus de 10 000 habitants. Ce qui ne veut pas dire que la moitié de la France soit rurale : de très nombreuses communes de moins de 10 000 habitants font parti d’agglomérations urbaines.
La population vivant dans des agglomérations de plus de 100 000 habitants est nettement supérieure aux 9.5 millions qui apparaissent ici. Outre les près de 10 millions d’habitants de l’agglomération parisienne, on notera par exemple que la ville de Lille compte environ 220 000 habitants mai l’agglomération plus d’un million. Les villes de Lens et Liévin comptent respectivement 36 000 et 33 000 habitants mais l’agglomération en fait 320 000 environ..
Les 31 936 maires de villes de moins de 2000 habitants représentent environ un quart des français, mais comme ils sont les 7/8èmes des maires, c’est eux qui ont la pouvoir de permettre ou non aux petits candidats d’être présents à la présidentielle. Est-ce bien logique ?
Les maires des petites communes ont le plus grand mal à faire face aux nombreuses responsabilités que leur assigne la loi. C’est une des raisons du développement des syndicats de commune et autres instances intercommunales, l’autre étant l’imbrication des territoires ce que cela entraîne comme coordination nécessaire pour la gestion des transports, de l’eau ou du traitement des déchets par exemple.
La fonction publique territoriale comptait plus de 1.5 millions de salariés en 2003, soit environ 2.4 pour 100 habitants. Une partie se situe au niveau de la région (pas beaucoup) ou du département. Le reste dépend des communes ou des structures intercommunales. On voit par là qu’une commune de 200 habitants seule ne peut réunir la diversité des compétences.
Le développement de l’intercommunalité s’est accentué suite à plusieurs lois (en 92 et en 99 qui cherchait à la favoriser. Aujourd’hui plus de 85% de la population est rattachée à une agglomération bénéficiant de financement propre la région Il de France fait exception avec seulement 43.7% de la population concernée). Il y avait au premier janvier 2006, 2572 regroupements communaux, dont plus de 600 créés en 2005.
Un rapport de la cour des comptes a fait en novembre 2005 le point sur ce développement . Il montre à la fois la dynamique de développement et les limites du système. En particulier, on augmente une forte augmentation des effectifs totaux. Celle-ci est en particulier liée aux actions nouvelles menées et aux progrès de qualité permis par la mise en commun des moyens. Mais il est probable que l’intercommunalité a généré des doublons. Ceux là se traduisent notamment par un développement permanent des effectifs, ceux des communes n’ayant pas baissé après transfert d’une partie de leurs compétences aux structures intercommunales.
Au-delà de cet aspect économique non négligeable, l’organisation actuelle pose deux problèmes majeurs :
Le premier est souligné par le rapport de la Cour des comptes : le fonctionnement intercommunal étant basé sur le consensus, tout se passe comme si le maire de chaque commune avait un droit de veto sur chaque projet. Si cela peut amener à un effort louable pour ne pas léser les différentes communes, on comprend bien comment cela peut aussi favoriser l’immobilisme et conduire à ne pas faire les choix les plus efficaces.
Le second est un point de vue de citoyen : le résultat de l’intercommunalité est que de plus en plus d’actions et de projets sont gérés par une structure qui ne fait pas l’objet d’un vote direct par les citoyens.
On pourrait faire une analogie entre le fonctionnement de l’Europe et des structures intercommunales sur ces deux points.
N’est il donc pas temps d’aller jusqu’au bout de la logique et de ne garder qu’une seule structure intercommunale, ?
Concrètement, cela signifierait que les communes appartenant à une structure intercommunale fusionneraient au sein de celle-ci. Cela simplifierait l’organisation administrative, la prise de décision et la transparence vis-à-vis du citoyen .
Le rapport de la cour des comptes montre que certains périmètres sont à revoir : cela sera certainement un point difficile à traiter, mais il parait indispensable de la faire. De même cette fusion obligera par définition à remettre de l’ordre là ou coexistent des structures intercommunales et des syndicats sur des périmètres différents.
Au final, si on s’appuie sur le nombre de structures intercommunales à financement propres indiqué ci-dessus, on obtiendrait moins de 3000 communes, ayant en moyenne 20 000 habitants.
Ce serait certainement plus raisonnable, plus efficace, plus démocratique.
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