Prospective

Publié le par verel

Et si la reprise était là?

 

Alors que les députés reprochent au ministre des finances de présenter une nouvelle fois un budget basé sur des hypothèses de croissance irréalistes, un certains nombre d'indices font penser que nous sommes en train de vivre une certaine reprise économique.

 

 

 

Depuis la forte période d'expansion des années 97/01, le chômage conjoncturel, dont on peut considérer qu'il avait quasiment disparu, est revenu. La croissance a été inférieure à son potentiel à long terme. Si on considère que celui ci est de 2 %, le retard accumulé est d'environ 2 points. Si l'on considère qu'il est de 2.5%, le retard accumulé est de 4 points. Voilà une première raison d'espérer la reprise: l'effet rattrapage

 

il y a d'autres raisons, qui tiennent aux éléments macro économiques: le dollar est en baisse depuis 1 an de plus de 10%. Le baril est très élevé mais il semble avoir céssé de monter alors que son cours élevé commence à avoir des effets^d'entraînements sur les industries liées aux énergies et aux économies d'énergies.

 

Surtout certains indices conjoncturels sont enfin dans le vert:

 

L'indice de confiance des industriels dans la demande future a augmenté de 5 points à +8 au troisième trimestre. il est tiré par la demande étrangère dont l'indice gagne 9 points à +14

 

Justement, le moral des chefs d'entreprise allemands est au plus haut et ils sont optimistes sur la demande intérieure. On sait que  c'est la faiblesse de la demande allemande qui a contribué à la mollesse de la croissance française et aux mauvais résultats de notre commerce extérieur

 

 Le taux d'utilisation des capacités de production est passé en France de 82.5 à 83.1 % au troisième trimestre. Compte tenu de ce qui précède, cela pourrait inciter les entreprises à reprendre l'investissement

 

L'emploi salarié du secteur privé, qui avait touché un point bas en fin septembre 2003 et ensuite stagné pendant un an, est en légère hausse continue depuis la fin 2004 (ce qui explique en partie le recul du chômage).

 

Au troisième trimestre,2005 le nombre d'offres d'emploi enregistrées par l'ANPE (plus de 800 000) est en hausse de 8.5% âr rapport à l'année précédente. Surtout dans ce total, les offres de CDI sont en hausse de 13.6%

 

Le bâtiment est au plus haut, avec 25% de mises en chantier supplémentaires en 2 ans. Les faibles taux d’intérêt permis par l’euro ont fait monté les prix des logements et par conséquence la demande de logement neufs . Les salaires des maçons qualifiés (métiers en forte tension augmentent plus vite que les autres, avec une accélération probable en 2005. et quand le bâtiment va…

 

Bref, je serai tenté d'affirmer que la croissance s'accélère depuis quelques mois et qu'elle va continuer à le faire de manière durable.

 

Si c'est le cas, Chirac aura réussi à placer volontairement deux élections (la dissolution de 97 et le référendum de 2005) au point le plus bas du cycle économique! Il faut le faire! Par contre la droite pourrait profiter électoralement de cette reprise en 2007

 

Pour l'instant, seule l'OFCE estime plausible  la prévision de croissance du gouvernement pour 2006. Je fais ici le pari qu'elle sera dépassée, selon le constat que depuis 10 à 15 ans les variations de cycle s’amplifient du fait de la forte réactivité des entreprises notamment.

 

Si cette bonne nouvelle, il faudra que le gouvernement utilise correctement cette embellie, en agissant dans 3 directions :

 

D’abord, profiter de cette croissance pour réduire les déficits et se donner les moyens d’une politique contra cyclique, comme ont su le faire les USA et l’Angleterre quand la France, après un bon début en 97/98, a eu ensuite une politique laxiste donc pro cyclique et défavorable à la croissance à long terme. Alors que la zone Euro, avait globalement eu les mêmes travers sous l’influence conjuguée de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, on peut s’attendre de la part de l’Allemagne à une politique cette fois plus efficace. En Italie, Prodi, s’il est élu, ferait de même. Saurons nous malgré les élections tenir le bon cap ?

 

Ensuite, revoir de fond en comble l’organisation de l’Etat et de ses services pour les rendre plus efficaces

 

Enfin, favoriser l’innovation par une dynamisation de la recherche et de ses liens avec les entreprises.

Mais nos dirigeants sauront ils relever ces défis?

Publié dans Economie

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