Seniors (2)

Publié le par verel

Le Monde de dimanche lundi parle deux fois des seniors

 

En page 6, on découvre que l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume Uni veulent retarder l’âge de la retraite au-delà de 65 ans

 

Et en page 8 on apprend qu’en France, les syndicats tardent à signer le projet d’accord sur l’emploi des seniors entre 57 et 60 ans.

 

Bien sûr, l’Allemagne, et l’Espagne (comme d’ailleurs l’Italie et maintenant les ex pays de l’Est) ont une fécondité nettement plus faible que la France.

 

La question de l'avenir des retraites se pose cependant aussi à nous de façon aigue, même si certains refusent encore de le voir

 

Il faut reconnaître que le discours dominant ces dernières années voulait nous faire croire à un retournement démographique qui réglerait comme d’une baguette magique la question du chômage : avec des « départs massifs » à partir de 2005, nous allions connaître une « pénurie de cadres ».

 

La réalité est que le nombre de naissances a augmenté de près de 60% à la fin de la guerre de 1945, et ce de façon durable. Au contraire, les naissances, établies autour de 850 000 par an pendant trente ans, ont baissé de 100 000 par an vers 1975.

 

Mais les départs se faisant bien avant 60 ans dans notre pays, l’augmentation des sorties a en réalité commencé vers 2000. Et cela n’a pas fait diminué le chômage pour une raison simple : le nombre d’emploi n’est pas une donnée fixe, comme semblent le croire les promoteurs d’idées aussi diverses que la réduction du temps de travail ou l’exclusion des immigrés.

 

Et faire passer les départs annuels de 1.5% de la population au travail à 2.5% par an ne peut s’assimiler à des départs massifs !

 

On a ainsi pu voir des cabinets de conseil réputés enquêter sur les mesures prises par les entreprises pour faire face aux départs massifs et aux futures pénuries, alerter les médias sur le fait que les entreprises ne prenaient pas en compte se risquent, sans jamais se demander si leur hypothèse était juste.

 

Pourtant des recherches plus sérieuses (, et là) montraient dans le même temps que la question était ailleurs et devait être traitée sérieusement.

 

Pour finir, l’année 2005 est en train de se terminer sans qu’on n'est pu observer les départs massifs inconsidérément annoncés.

 

Il suffisait pourtant d’observer le cas de l’Allemagne : ce  pays a connu une forte natalité avec Hitler (donc avant la France) et connaît donc depuis longtemps les fameux »départs massifs ». Ce pays voit  aussi peu de jeunes  arriver sur le marché du travail du faible de sa faible natalité. Tout ceci ne l’empêche pas d’avoir 4 millions de chômeurs.

 

Mais regarder ce qui se passe chez nos voisins pour en tirer des enseignements ne fais pas partie des habitudes françaises les plus ancrées !

Publié dans Organisation de l'Etat

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Jacques Heurtault 04/12/2005 14:26

Vos chiffres, Monsieur (ou Madame?) Verel sont exacts. Il faudra bien que l'on finisse par voir la réalité en face : les difficultés sont devant nous, pas derrière!

Verel 21/11/2005 20:31

C'est encore dans le privé qu'il y a le maximum d'emplois! Et ceux ci sont en augmentation sur le long terme. Le meilleur exemple en est la pèriode entre le 30 juin 1997 et le 30 juin 2001 qui a vu l'effectif salarié augmenter de 1.7 million. voir: http://www.indices.insee.fr/bsweb/servlet/bsweb?action=BS_SERIE&BS_IDBANK=060966419&BS_IDARBO=02040000000000
A contrario, le partage de la valeur ajoutée excessivement défavorable aux entreprises dans les années 80/85 à coûté 1.5 million de chômeurs à notre pays.

Quand je parle des départs massifs, j'inclue aussi bien les salriés du privé que les fonctionnaires. Il est vrai qu'à vous lire, il semble que vous ne connaissiez que cette dernière catégorie!
Les départs de fonctionnaires ont été environ deux fois plus faible que ce qui avait été prévu auparavnt, du fait mécanique de l'application de la loi Fillon.
On est évidemment loin de voir la réduction massive des effectifs que vous annoncez!
Enfin si on compare les populations , les 4 millions de chômeurs allemands sur une population de 82 millions équivalent à 3 millions de chômeurs pour les 60 millions de Français

Marcel 21/11/2005 07:55

« le nombre d?emploi n?est pas une donnée fixe, comme semblent le croire les promoteurs d?idées aussi diverses que la réduction du temps de travail ou l?exclusion des immigrés. »

Le nombre d'emploi n'est nécessairement pas une donnée fixe dès lors que des Gouvernements décide de faire des économies sur le nombre de personnel de terrain (police, justice, éducation, santé) plutôt que sur ses dépenses somptuaires.

Et le résultat de cette approche se compte en nombre de voitures brûlées. Pas si rentable que cela au long terme, donc.


« Pour finir, l?année 2005 est en train de se terminer sans qu?on n'est pu observer les départs massifs inconsidérément annoncés. »

Mais êtes-vous conscient que la plupart des fonctionnaires parti en retraite n'ont pas été remplacés ? Connaissez-vous le nombre de postes d'enseignants non renouvellés cette année ?
Ce n'est pas parce qu'on n'observe pas un baisse manifeste du chômage qu'il n'y a pas de départs en retraite.


« e pays voit aussi peu de jeunes arriver sur le marché du travail du faible de sa faible natalité. Tout ceci ne l?empêche pas d?avoir 4 millions de chômeurs.

Mais regarder ce qui se passe chez nos voisins pour en tirer des enseignements ne fais pas partie des habitudes françaises les plus ancrées ! »

Je passe sur le traditionnel argument gratuit des « habitudes françaises » qui sort d'on ne sait où.
Vous êtes conscient qu'un chiffre en valeur absolue n'a pas de sens en terme de comparaison dès lors que le chiffre de référence (la population active) n'est pas strictement le même ?
4 millions en Allemagne, ce n'est pas 4 millions en France, ni 4 millions au Luxembourg.