Synthèse

Publié le par verel

Après avoir qualifié la loi Fillon sur les retraites de socialement injuste, les tenants de la Motion 1 au PS ont accepté, pour réaliser la synthèse, de prévoir l’annulation de cette loi en cas de retour au pouvoir.

 

Le PS a donc choisi de ne pas regarder en face la réalité du vieillissement de la population, à l’instar du courant NPS qui déclarait dans sa motion que s’est une vraie question, et s’empressait ensuit de s’engager à n’appliquer aucune des solutions imaginables pour la résoudre.

 

Entre les fonctionnaires, dont cette loi aligne la durée de cotisations sur le privé, et ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans et à qui cette loi permet de partir en retraite avant 60 ans, le PS a choisi. On se demande en quoi ce choix est un choix de gauche.

 

Entre la CFDT, signataire de l’accord, seul syndicat Français à avoir plus d’adhérents dans le public que dans le privé et des syndicats (à l’exception de la CGT en réalité très en retrait sur le sujet) qui ne sont réellement implantés que dans le public, le PS a donc choisi.

 

Le PS se condamne ainsi à n’être plus qu’un parti clientéliste, le représentant d’une minorité.

 

Ce choix reflète la composition militante du parti. Malheureusement, si beaucoup de fonctionnaires ont un réel souci du service public, si beaucoup font preuve d’une grande conscience professionnelle, leur profession ne les prépare pas particulièrement à comprendre le fonctionnement d’une économie moderne : cela se voit dans les choix du PS.

 

Les Français seront-ils condamnés à se tourner vers la droite pour rechercher un candidat soucieux de l’intérêt général ?

 

Publié dans Politique

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Verel 28/11/2005 07:50

Oui, les réformes se font, mais à quel rythme!
Michel Rocard a lancé la réforme de l'Etat en 1989. 16 ans après, on peut constater que s'il y a eu du travail de fait, il n'est pas à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer
Exemples de progrès réel:
la délivrance des cartes d'identités infalsifiables (j'ai eu la mienne en 1/2 heures ce qui m'a sidéré)
la gestion des files d'attentes par des numéros affichés;


Et si F Mer a réalisé l'essentiel de la réforme de Bercy commencée par DSK, quels efforts pour en arriver là!

Le problème, c'est que le reste du monde, à commencer par le secteur privé, évolue beaucoup plus vite et que du coup l'écart se creuse

hsq1 27/11/2005 22:29

A vous lire, on finirait par croire que les réformes ne se font pas. Mais si Sautter a du démissionner, la réforme est en cours ... 3 ans après (un classique de la FP). Quant à la LOLF, les adminsitrations qui l'avaient à peu près anticipée s'en sortent mieux que celles qui ont du pondre en dernière minute leurs objectifs.
Vous accusez les administrations d'archaïsmes au moment même où elles sont en plein mouvement, c'est un peu dur et guère motivant...

Verel 27/11/2005 19:17

Il est probablement plus facile de gérer correctement des entités plus petites: il serait probablement efficace de transférer massivement les services de l'Etat au niveau de la région (à condition bien sur de simplifier et clarifier les niveaux adminstratifs)
Il s'agit aussi de redonner le pouvoir aux opérationnels locaux plutôt qu'aux services fonctionnels centraux, qui n'ont ni la proximité des réalités, ni la vue globale.
C'est ce qu'ont fait Christian Blanc à la Ratp ou Rose Marie Vandenberghe à l'APHP ou Bailly à la Poste.

Cela signifie par exemple donner un vrai pouvoir de management à un directeur d'hôpital ou à un proviseur de lycée

scc 27/11/2005 18:32

Auriez-vous fréquenté la même institution que moi? Vous décrivez très bien le fonctionnement de la machine à écraser le sens du service public...

Plaisanterie mise à part, votre description s'applique parfaitement à la situation des administrations d'Etat (et peut-être du secteur hospitalier, que je ne connais pas).

En fonction publique territoriale, la situation me semble plus saine : les échelons décisionnels sont plus proches du public, et un dysfonctionnement (ou un bon fonctionnement, d'ailleurs) revient somme toute très vite aux oreilles des élus, ce qui contraint le niveau supérieur de l'encadrement à s'intéresser au management -et même pousse à recruter des gens qui aiment ça!
Les objectifs sont fixés à la fois par els textes de décentralisation, qui ont dû formaliser ce qui était transmis aux collectivités, et les priorités énoncées par les élus.
Cela dit, on reste encore très largement dans l'auto-fixation d'objectifs, mais, au moins, c'est à l'échelle des structures, et non pas des personnes!
Quant à la réflexion sur l'efficacité, le service rendu au public, les compétences à développer, la productivité, les carrières... tout cela existe, et il y a là un vivier de renouvellement que la fonction publique d'Etat ignore superbement, en particulier en ne favorisant pas les détachement de territoriaux en FPE.

La situation en administration d'Etat est calamiteuse, et, me semble-t-il, beaucoup plus mauvaise en administration centrale qu'en administration déconcentrée.

Les habits de la réforme recouvrent des situations pire que courtelinesques.
La Lolf, qui semble un progrès vu de loin, constitue, pour ce que j'en vois, une mascarade : les objectifs affichés sont complètement à côté des missions énoncées dans les décrets d'organisation du ministère. Avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de les appliquer à la réalité de notre travail.

Quant à la prime au mérite... Mon ancienne collectivité avait mis en place un dispositif cohérent, fondés sur des critères ayant du sens, et que l'encadrement pouvait "défendre" auprès des agents : il y a eu des râleries syndicales, et des inquiétudes de la part des agents, mais c'est passé sans heurt.
Le ministère où j'exerce aujourd'hui ne s'est pas risqué à mettre ce dispositif en place, mais la circulaire d'application pondue par le ministère d'à côté y a eu un grand succès : tout notateur s'y trouve prié d'avoir dans son équipe, chaque année, 20% de taux de prime supérieur, 60% de taux moyen, et 20% de taux inférieur.
Essayez donc de manager, avec celà.

Enfin, vous pointez très bien la "lâcheté en cascade", de l'encadrement supérieur à l'encadrement inférieur. L'exemple vient d'ailleurs de très haut : de Sautter à Aillagon, la réforme est rarement soutenue...

Verel 27/11/2005 16:47

L'un des problèmes majeurs de la fonction publique est l'absence totale de management. Et il faut dire que ce n'est que par la conscience professionnelle des agents que cela marche malgrè tout
J'ai pu le voir dans le fonctionnement d'une des institutions de l'Etat, mais je pense que c'est très représentatif
. Pour des raisons diverses (et pas forcément mauvaises), les orientations générales changent assez fréquemment. Les services centraux, pour soutenir ces orientations et/ ou pour d'autres raisons propres à tel ou tel domaine, émettent des notes de service ou prennent des décisions d'ordre général, sans jamais se demander les problèmes que cela peut induire sur le terrain.
Il arrive qu'un responsable local, dans son action de mise en oeuvre de ces consignes, se heurte à un de ses subordonnés qui se tourne vers les syndicats , lesquels se retourne vers le siège. Courageusement, ce dernier désavoue son responsable.

Dans ce contexte où il ne sait plus ce qu'on attend de lui, le fonctionnaire de base se donne ses propres objectifs. Ces objectifs peuvent être très positifs pour le citoyen ou complétement tournés vers l'intérêt particulier du fonctionnaire. C'est parce que généralement la conscience professionnelle l'emporte que la système marche malgré tout
Bien évidemment, il n'y a aucune différence de traitement entre ceux qui se défoncent pour l'intérêt public et ceux qui profitent du système.
Il n'est pas surprenant que le coût soit élevé pour une efficacité limitée.

Les fonctionnaires les plus en contact du besoin du citoyen sont à priori ceux qui sont le plus amenés à s'investir positivement. Je pense en particulier au personnel soignant. Mais on trouve la aussi des anomalies flagrantes (j'ai du signaler ailleurs le cas de cet hopital qui connait un absentéisme maladie 4 fois plus élevé que la moyenne française). Il est vrai que les dérives d'un seul , si elles sont tolérées, finissent par être copiées par d'autres de plus en plus nombreux, et que d'une dérive à l'autre il n'y a qu'un pas, selon le bon vieil adage: quand on dépasse les bornes il n'y a plus de limites

hsq1 27/11/2005 13:43

Outre le coté certes un peu démago de la proposition du PS, l'abrogation de la loi Fillon n'est envisagée que pour la remplacer par un nouveau texte plus "juste". Reste qu'on aimerait bien savoir lequel...
Quant aux débats sur la fonction publique, il serait temps de mettre ses références à l'heure. Courteline, c'était il y a un siècle...
Les notions de qualité de service comme de productivité sont bien présentes dans la FP d'aujourd'hui. Et c'est bien pour cela que ça grince ces temps-ci.
Pour le reste, je ne peux qu'adhérer à l'opinion de scc.

scc 27/11/2005 13:04

Cher vérel,

mon post -écrit à la hâte, et tardivement- prouve bien que la colère n'aide pas à s'exprimer clairement...

Je suis globalement en accord avec vous -même si la loi Fillon, si j'ai bien compris ce que j'en ai lu, ne règle que très partiellement la question. J'ai du mal à pardonner au PS la manière dont il a manqué de courage sur le sujet, et dont il essaye maintenant de récupérer ce thème qu'il imagine porteur.

Que le PS soit dominé par des membres de la fonction publique ne suffit en revanche pas à faire de ce parti un représentant de celle-ci (et heureusement!).
Si j'en crois les CV de ceux que je connais, les socialistes de la fonction publique sont très majoritairement des hauts fonctionnaires et des enseignants -deux "mondes" très particuliers, qui ne résument pas l'ensemble des FP. J'ajouterai que les plus en vue d'entre eux n'ont souvent pas ou peu exercé (sauf dans des postes de cabinet ministériel, d'où l'on saisit assez mal le fonctionnement de la machine).

L'énumération de quelques métiers relevant de la FP à laquelle je me suis livrée ne cherchait pas à montrer que le pays est sauvé du vilain privé par des gentils fonctionnaires, mais que l'impact des modifications économiques est parfaitement perceptible de la majorité des fonctionnaires (en particulier en FPT, et dans les services déconcentrés de l'état -les ministères sont, pour l'instant, plus "étanches" à la rumeur du monde).

Parce que ces modifications sont perçues, un discours de réforme est sans doute plus à même d'être compris dans la majorité de la FP que les politiques eux-même ne l'imaginent, en particulier si ce discours est capable de clarifier les missions à accomplir, et de montrer comment on va améliorer le focntionnement du système (le "sens du service public", et l'attachement à l'institution que l'on sert, est beaucoup plus répandu qu'on ne le dit généralement).
Mais toute avancée en ce sens est actuellement presque impossible, tant le climat de méfiance extrême d'un côté, et de mépris de l'autre.

Ce mépris pour les "nantis" de la FP -que l'on qualifiera, au mieux, de gentils inconscients, au pire, de planqués paresseux, s'exprime de plus en plus, y compris dans le discours, public ou privé, de la haute fonction publique (y compris socialiste...), qui oublie au passage de mettre en cause sa propre action dans le très mauvais management de la fonction publique.
De manière plus insidieuse (et sans doute involontairement), il se manifeste aussi dans le discours mathématique sur la réduction des effectifs ("réduire un poste sur deux, c'est parce qu'on ne fait qu'un demi travail?", ai-je entendu un jour). Je pense qu'un discours "y a plus d'argent, on diminue les postes, mais on réfléchit aux secteurs qui peuvent maigrir et à ceux à préserver" serait accepté (et plus efficace que des annonces tonitruantes non suivies d'effet).
Cette ambiance est pain bénit pour les tendances les plus réactionnaires des syndicats FP, qui peuvent ainsi surfer sur la méfiance exacerbée des agents.

A titre personnel, je pense (vous l'aurez compris :=) qu'une fonction publique qui marche est un atout par le pays.
Je pense aussi que la réforme est nécessaire (notamment par une réflexion générale sur un redéployement des effectifs, et une réimplication de la haute fonction publique dans le management de ses troupes).
Mais, dans le climat actuel, tout me laisse penser que la méthode choisie est celle du pourrissement, et que lorsqu'il y aura réforme, elle se fera dans les pires des conditions.

D'où une réaction, j'en conviens très "épidermique", à une partie de votre billet...

Bon dimanche à vous.

Verel 27/11/2005 08:00

Merci de ce commentaire
Je ne prétends pas juger toute la synthèse du PS à travers le dossier des retraites, mais celui là m'intéresse particulièrement et je suis outré de la position du PS
Comme vous le faites remarquer, le PS était "soulagé que les autres l'aient fait". N'oublions pas que le gouvernement Jospin avait approuvé lors des sommets de Madrid et de Stockolm les résolutions visant à augmenter le taux d'activité des 55/64 ans (en réalité à augmenter l'âge de la retraite).
la position de la Motion 1 qualifiant de socialement injuste la loi Fillon et refusant de la supprimer était à cet égard particulièrement de mauvaise foi!
Mais c'est justement ce "socialement injuste" qui me scandalise! (en fait la Motion 1 dit: a aggravé les injustices sociales).
La loi Fillon n'est justement pas une loi de droite: le gouvernement à fait taire les vélleités de ceux qui voulaient remplacer la répartition par la capitalisation (sous le prétexte fallacieux d'une meilleure efficacité), bien aidé en cela par la chute de la Bourse en 2001. Mais surtout, la partie qui concerne les longues carrières a permis de supprimer une injustice flagrante: ceux qui ont commencé le plus tôt (parmi lesquels on trouve les plus bas salaires faute de qualification suffisante) cotisaient le plus longtemps! Il ne l'a fait bien sûr que pour obtenir la signature de la CFDT mais il l'a fait. Alors, pourquoi vouloir revenir dessus, sinon pour faire plaisir à ceux des fonctionnaires qui rejettent cette loi, sinon pour apparaitre "de gauche" ?
S'il y a une injustice dans cette loi, c'est de ne pas avoir aligné les régimes spéciaux sur le régime général!
Que des fonctionnaires aient essayé de se préerver d'une allongement de leur durée de cotisation, je le comprends, mais maintenant que c'est fait, je ne peux comprendre que le PS veuille revenir dessus.
La question des retraites est un vrai défi. Ceux qui le nient n'ont pas regardé le problème sérieusement (voir le lien proposé)

Je ne pense pas que le PS projette sur la fonction publique ce qu'il imagine. Le PS est dominé par des membres de la fonction publique. Un seul exemple à lui seul révélateur: la commission entreprises comprenait plus de 60 personnes dont seulement 7 du privé!

Il ne me semblait pas avoir insulté les fonctionnaire dans ce texte. Effectivement, je trouve qu'ils ont généralement une conception déformée de l'économie mais je ne vois pas très bien comment il pourrait en être autrement. Et cela se voit quand un haut fonctionnaire se retrouve aux manettes d'une entreprise (heureusement il y a des exceptions!)

Mais je n'ai speut être pas bien compris votre position sur le régime des retraites: peut être avez vous voulu dire que le PS se trompe en imaginant que les fonctionnaires veulent revenir sur la loi Fillon? Je connais en effet beaucoup de fonctionnaires qui estiment que cette loi était justifiée (ils constituent peut être même une majorité)

La coupure qui s'installe progressivement entre le privé et le public me parait gravissime: comment pouvons nous faire société si nous n'arrivons pas à nous comprendre? J'en parlais encore vendredi avec une collégue qui n'arrivait plus à discuter sereinement avec son propre frère.
Heureusement d'ailleurs que beaucoup ont dans leur entourage familial des personnes travaillant dans un secteur différent du leur. C'est aussi mon cas. Mais le problème est grave. Il semble qu'il soit même devenu le principal facteur de clivage au sein de la CGT!
J'entends votre sentiment que mon post ne reconnaissait pas les apports des foctionnaires. j'en suis désolé. Mais on peut aussi lire votre post comme "le privé détruit la société, heureusement qu'il y a le public pour la réparer!"
Mais , oui , essayons de rendre l'Etat plus performant avec les fonctionnaires et non pas contre eux !

scc 26/11/2005 21:55

Cher Vérel,

j'ai lu quelques d'explications sur la synthèse que nous inflige le PS, mais c'est la première fois que je vois reprocher ce triste texte à la fonction publique, minorité dont le PS serait le représentant.

Ainsi, ce serait un coup de ces bétassoux de fonctionnaires -parfois soucieux du service public, mais tellement inconscients de l'économie moderne.
A ce sujet, de qui parlez vous exactement? Des soignants, des assistants sociaux, des flics -en première ligne du traitement, social ou sécuritaire, du chômage? Des acheteurs publics, qui sont aux premières loges pour voir comment fonctionne le privé? De ceux, tout de même nombreux, dont le conjoint travaille dans le privé? De ceux, bien assis sur leur statut d'origine, naviguent entre public et privé (une minorité, mais généralement bien placée pour voir fonctionner l'économie moderne)? De ceux qui ont commencé comme apprentis et sont entrés dans la fonction publique ensuite? ...

Si votre hypothèse est juste, et qu'un PS sans souci du bien public cherche ainsi à toucher une fonction publique qu'il imagine totalement hermétique aux réalités qui l'entourent, et qu'il s'imagine "représenter", la synthèse ne fera pas oublier la position très en retrait des socialistes au moment de la réforme des retraites : pas vraiment pour, mais plutôt silencieux faute de projet alternatif. Un esprit malicieux pourrait même pense "soulagés que d'autres l'aient fait".
La promesse d'abrogation de la loi n'est dans ce contexte guère convaincante -l'électorat, même fonctionnaire, est méfiant et en colère, il n'est pas sot.

Plus généralement, serait-il possible, un jour, de voir aborder la question de la réforme de l'Etat (y compris le statut de la fonction publique, y compris les retraites des fonctionnaires) sans mépris -même pudique, même voilé- pour les fonctionnaires?
Vous n'imaginez pas à quel point ces propos sont violemment ressentis ; vous n'imaginez pas non plus, et c'est dommage, à quel point ils sont contreproductifs...