Syndicalisme

Publié le par verel

Liaisons sociales animait hier un colloque sur le thème de la GPEC. Après les interventions de juristes, DRH et divers consultants ou avocats, une table ronde regroupait autour du ministre du travail Gérard Larcher et des représentants de la CGT de la CFDT et du Médef.  

 

On sait à quel point le syndicalisme est faible en France avec 8 % seulement d’adhérents, très majoritairement dans le public et une grande dispersion des organisations. Une partie des syndicats n’existe en réalité que dans le public,et finalement seuls la CGT et la CFDT sont présents de manière significative dans les deux secteurs. La CFDT a un peu plus d’adhérents dans le privé (environ 58%) et la CGT dans le public (70% ?).

 

Les interventions juridiques ont été l’occasion de rappeler toutes lois mises en place pour donner plus de place à l’acteur syndical dans l’entreprise, notamment à travers les négociations annuelles obligatoires.

 

Malheureusement les interventions permanentes de l’Etat sur des sujets  qui devraient être du domaine de la négociation collective ne font que pousser les salariés à ce détourner de leurs syndicats. Pour prendre un exemple extrême, pourquoi les 15% de salariés au SMIC se syndiqueraient ils alors que leur évolution salariale dépend uniquement de décisions gouvernementales ?

 

La première loi Aubry sur les 35 heures encourageait très habilement la négociation collective dans les entreprises. Malheureusement la deuxième loi a cassé tout l’effet de la première.

 

 

L’accord interprofessionnel de 2003 sur la formation, instaurant notamment le DIF et signé par l’ensemble des organisations syndicales représentatives, a été l’occasion pour le gouvernement de faire preuve de sagesse, en reprenant ce texte dans une loi de 2004 sans prétendre à le modifier. Le gouvernement est depuis retombé dans ses errements passés, en légiférant régulièrement, parfois même sans prendre le temps de consulter les partenaires sociaux. La loi de janvier 2005 dont il était question au colloque en était un parfait exemple, même si elle prétendait s’appuyer sur des pratiques antérieures d’entreprise.  

 

Le colloque a été pour mois l’occasion d’entendre le discours des protagonistes.

 

Gérard Larcher que je n’avais jamais entendu m’a paru être l’homme du poste avec son aspect et son discours rondouillard. Dommage qu’il ait éprouvé le besoin de dire du bien de notre malheureusement encore président !

 

Le représentant de la CFDT connaissait très bien son sujet : on sait l’intérêt que porte depuis très longtemps la CFDT à cette idée d’anticiper l’emploi.

 

Le représentant du Médef était pour une fois issu de la petite entreprise et en réalité lui-même consultant en Ressources humaines. Apparemment  proche de la nouvelle patronne Laurence Parisot il a évoqué trois valeurs dont le pragmatisme et le respect (j’ai oublié la troisième) : le Médef serait il en train d’évoluer positivement ? Espérons le !

 

La CGT n’était pas représentée comme souvent par Christian Larose mais par une nouvelle venue, issue d’Alstom, Francine Blanche.

 

J’avais lu que le congrès de la CGT se préparait dans un contexte de désaccord entre les réformistes comme Bernard Thibaud et les responsables issus du privé et les conservateurs principalement issus du public, et Francine Blanche était réputée tendance Thibaud. Par ailleurs, C Larose m’avait habitué à un discours très pragmatique. Cette fois ci on a eu droit à un modèle de langue de bois qui a surpris bon nombre de participants et au premier chef les organisateurs du colloque  

 

Le renouveau du syndicalisme, ce n’est pas encore gagné !

 

 

 

PS : je comptais réagir à l’article de Rousset sur la décentralisation dans le Monde de ce soir, mais Versac a dégainé plus vite que moi !

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Jacques Heurtault 10/12/2005 17:47

Essai de décryptage sur le congrès de la CGT.
Cette lutte entre les anciens et les modernes est bien réelle. Pour que les modernes (Thibault) puissent gagner, il FAUT qu'ils tiennent un discours "ancien"!
C'est la conséquence logique d'un rapport de force qui n'est rien moins que fragile ...