Formation

Publié le par verel

Chacun connaît maintenant les tensions existantes sur le marché de l’emploi pour les maçons qualifiés.

 

Ces tensions ne devaient pas s’atténuer rapidement : le rythme des mises en chantier ne fait que s’accélérer et les demandes de permis de construire viennent d’atteindre les 500 000 en  rythme annuel

 

J’ai donc été plutôt surpris d’apprendre d’un DRH du BTP sortant d’un forum de l’emploi  que les jeunes sortant de formation initiale avec un CAP de maçon en poche ne trouvent pas de travail !

 

Ces jeunes ont appris les gestes de base mais sont rarement formés pour ce qui est devenu la méthode de fond dans les grandes entreprises : les banches.

 

Cette méthode n’est guère pratiquée dans les lycées professionnels ou à l’AFPA en raison de son coût (il faut notamment une grue) ni par les petits artisans chez qui ces jeunes ont fait leurs stages et qui sont plus spécialisés dans la réparation.

 

Les conducteurs de travaux et autres chefs de chantiers veulent des ouvriers déjà formés et suffisamment expérimentés pour tenir les cadences imposés.

 

Dans sa région, une grande entreprise offre 700 euros en bons d’achat à chaque salarié qui lui ramène un compagnon expérimenté d’une autre entreprise. La surenchère des salaires a commencée. : le manque de salariés qualifiés n’est donc pas un rêve de statisticien !

 

Ce DRH a mis en place dans son entreprise un système de formation pour les jeunes motivés repérés par l’intérim ou pour les titulaires de CAP voulant préparer un bac pro. Il a sélectionné et formé des tuteurs pour encadrer ces jeunes. Un peu plus de 10% de l’effectif de l’entreprise a entre 18 et 24 ans ce qui est important et s’explique par la forte croissance récente de cette entreprise.

 

Je lui citais les propos de Gérard Larcher entendus au colloque de Liaisons Sociales : les sur effectifs du secteur fonderie (une étude prospective est en cours) pourraient partir vers le BTP. Il en était d’accord mais doutaient que les opérationnels soient tous du même avis.

 

 

 

Les besoins de reconversion professionnelle semblent s’accentuer dans notre pays. Si même les responsables du métier le plus en tension y répugnent, comment va-t-on faire ?

Publié dans Social

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verel 12/12/2005 21:13

Je pense qu'il est beaucoup plus difficile de faire des prévisions quantitatives précises des besoins en recrutement à moyen terme que de faire des prévisions sur les évolutions de compétences pour un métier donné
Les grandes mutations techniques on les observe assez bien

Krysztoff 11/12/2005 22:25

Mon beau-père travaille dans un CFA du bâtiment comme enseignant en électricité. Ce type d'établissement est entièrement géré par les organisations professionelles et patronales (AFOBAT). Après 30 ans d'expérience, il pourrait vous assurer que ces mêmes entreprises n'ont jamais été capables d'anticiper à plus de 3 ans leurs besoins en main d'oeuvre et donc les types de compétences à former.

verel 11/12/2005 19:19

Je n'ai pas d'éléments pour juger la qualité du dialogue entre la profession du BTP et l'EN mais je signale qu'il existe deux syndicats professionnels patronaux représentants l'un les grandes entreprises, l'autre les petites, qui n'ont manifestement pas les même besoins.

Le DRH que j'ai rencontré n'incriminait pas spécialement l'Education nationale, ce qui ne signifie pas que celle ci ne pourrait pas améliorer ses pratiques!

Il faut aussi rappeler les à coups dans le recrutement de la profession depuis 30 ans (voir mon article sur les taux d'intérêt)

Les salaires augmentent de 1% par an plus vite dans le BTP que dans la moyenne des autres secteurs depuis 5 ans, et je crois que le phènoméne va s'accélerer.
Mon histoire illustre un des éléments de la faiblesse de notre pays à s'adapter aux évolutions économiques

Flaff 11/12/2005 18:33

Je crois utile de vous signaler que le programme des épreuves, et donc, de l'enseignement en CAP/BEP est déterminé par dialogue avec les représentants des branches professionnelles, dans la mesure de ce qu'elles veulent bien co-financer s'entend.

La pénurie de main d'oeuvre qualifiée à niveau Bac et moins est donc une reponsabilité partagée des représentans de la profession. Par ailleurs, combien de temps les salaires proposés resteraient-ils élevés à supposer qu'une main d'oeuvre qualifiée abondante apparaisse sur le marché. Et enfin, pourquoi ne pas faire appel à la main d'oeuvre d'Europe de l'Est, prête à tout pour de si beaux emplois si bien payés ?

Jacques Heurtault 10/12/2005 17:42

Vous soulevez un problème d'une terrible acuité. Etrant professionnellement engagé dans le domaine de l'emploi, je souscris à votre constat.
Il y a un phénoménal problème de décalage entre la formation dispensée par l'Education Nationale et les besoins de main-d'oeuvre qualifiée exprimés par les entreprises.
Pendant ce temps, on pérore sur le rôle positif de la colonisation.
Savez-vous comment on appelle le système buccal de l'oursin?
C'est la lanterne d'Aristote! Sauf erreur, c'est encore au programme de la classe de cinquième dans les collèges! Celà nous fait une belle jambe ...