Sarkozy

Publié le par verel

La rédaction de Libération a été assez courageuse d'avoir publié aujourd’hui un entretien avec Sarkozy, car il ne fait pas particulièrement honneur à ses journalistes, qui se font enfoncer par le président de l’UMP dans la plus grande partie des débats.

 

Et ils se font enfoncer quand ils ne font pas bien leur boulot, parce qu'ils attaquent le ministre de l’intérieur sur des généralités, que ce soit sa proximité avec Le Pen ou le fait de ne pas prendre de recul

 

Sur ces points, Sarkozy a beau jeu, d'une part de montrer sa différence avec Le Pen (que j'estime personnellement réelle), d'autre part d'attaquer Libération sur ses relations avec des gens dont on peut fortement douter des convictions démocratiques (voir par exemple ce qu'écrit encore aujourd'hui une partie de l’extrême gauche -et hier le PC- sur les libertés bourgeoises ou formelles)

 

Dès qu'ils sont plus précis, qu'ils sont sur les faits et non sur les jugements, ils sont bien meilleur (en gros la fin de l'article) et c'est cette fois Sarkozy qui est moins à l'aise.

 

C'est ainsi qu'il fait la remarque que lui reproche Bloghorrée

 

“Ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas condamnée qu’elle n’a pas commis d’infraction.”

 

En fait, il suggère ce que pensent une bonne partie de ses électeurs (et des français en général): la justice est laxiste et ne condamne pas de nombreuses infractions (c'est d'ailleurs ce que souhaitent la plupart de ceux qui sont pris à ne pas respecter le code de la route !).

 

Et c'est là que Sarkozy est dangereux et pratique des raisonnements à la le Pen (il n'est malheureusement pas le seul et de tous les cotés, pas forcément sur les même sujets évidemment).

 

Cet implicite est particulièrement malhonnête puisque émanant du numéro 2 du gouvernement, ministre de l'intérieur, il suggère que la police fait son travail en arrêtant les malfaiteurs mais que la justice les protége !

 

Ce sous entendu rejoint la remarque inadmissible faite il y a quelque mois sur un juge à punir pour avoir libéré un condamné. Remarque anormale de la part d’un citoyen ayant une formation d’avocat, inadmissible de la part d’un ministre en exercice, d’un président de parti, d’un candidat à la présidentielle.

 

Sarkozy est me semble t’il  populaire pour deux raisons :

 

La première parce qu’il a le mérite de mettre sur la table un certain nombre de problèmes que la classe politique a tendance à ignorer dans sa fièvre d'immobilisme et qu’il donne le sentiment d’agir. J’ai personnellement de gros doutes sur le fait qu’il réformera vraiment une fois arriver au pouvoir (il me fait trop penser à Chirac jeune !, comme agité et comme court-termiste) , mais le reste de la classe politique est tellement mauvais sur ce point, qu’on ne peut qu’encourager le seul qui semble résolu à agir.

 

La seconde malheureusement parce qu’il va dans le sens d’une partie de la population, celle qui est excédée par des comportements inciviques, à l’image de la femme qui lui souffle le terme de racaille. Non pas qu'il ne faille pas écouter leurs attentes et leurs besoins, mais parce que cela ne justifie pas de faire des amalgmes Et c’est dans la manière dont il surfe sur ce type d’attentes qu’il se rapproche des méthodes de Le Pen

Publié dans Politique

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Tibo 09/01/2006 22:10

Le danger, c'est aussi qu'il risque de légitimer certains règlements de comptes personnels, certaines expéditions punitives en utilisant un langage outrancier qui attise la colère plus qu'il ne l'apaise.