Japon

Publié le par verel

Pour la première fois depuis que ces statistiques existent, le Japon annonce une diminution de sa population, le nombre de naissances étant inférieur au nombre de décès, comme le note Le Monde du 28 décembre. La natalité a en effet fortement baissé depuis longtemps et son nouveau recul en cette année l’amène à 1 067 000 naissances prévues contre 1 077 000 décès prévus . Le Japon rejoint ainsi le cercle des pays dont  la population diminue en dehors de phénomènes spécifiques (catastrophes ou guerres) pays jusqu’à présent essentiellement européens qu’on peut trouver sur le site de l’INED : Russie ou Italie par exemple. L’indice de fécondité du Japon n’est plus que de 1.29 enfants par femme (il était déjà de 1.46 en 1993). Il est donc encore plus faible que celui de l’Europe, situé à 1.4 enfants par femme.

 

Le nombre de naissances est ainsi seulement supérieur de 40% à celui de la France, alors que la population Japonaise est le double de celle de notre pays.

 

L’espérance de vie record au Japon (85 ans pour les hommes et 78 ans pour les femmes, ajouté à la faiblesse des naissances, pose évidemment des problèmes de vieillissement et de financement des retraites. Dans son livre « l’âge de l’emploi » Anne Marie Guillemard montre comment la politique publique a encouragé la prolongation de l’activité au-delà de 60 ans, en tenant compte de la politique des entreprises (la garantie d‘emploi et de salaire à vie) et du système de financement des retraites. Après avoir réussi à faire passer l’engagement des entreprises à garder leurs salariés de 55 à 60 ans, l’Etat est en train de faire passer l’âge du droit à pension publique de 61 ans (en 2001) à 65 ans (en 2013). Le système d’indemnisation du chômage n’a jamais été généreux avec les travailleurs âgés (la couverture d’indemnisation est de 300 jours pour les chômeurs de plus de 55 ans, à comparer au fait qu’en France, 400 000 chômeurs de 57 ans et plus ne sont pas obligés de chercher du travail et de ce fait disparaissent des statistiques). Mais comme dans les pays scandinaves, il y a une aide active à la recherche d’emploi.

 

Il est à  noter que les japonais trouvent normal de travailler jusqu’à 65 ans (d’après une enquête du ministère du travail en 1998, 14% seulement des hommes souhaitaient arrêter de travailler à 60 ans)et même au-delà : 37% des hommes souhaitent travailler tant qu’ils en seront aptes. En 1992, le revenu d’activité des plus de 65 ans représentait 34.2 % du revenu total, contre 52.2% pour les pensions de retraite et 9.6% pour les revenus du patrimoine.

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Daumont Jean 27/12/2005 23:01

  Merci de communiquer dans votre article le site de l'INED, que je viens ainsi d'explorer at qui est très intéressant.
   L'exemple du Japon, que vous développez, est très instructif, car il préfigure l'évolution vraisemblable de la population mondiale, même si certains pays en sont encore à la phase d'explosion démographique due à la convergence entre le maintien d'une forte natalité et la baisse de la mortalité. Certes, il faut nuancer pour des raisons diverses (moeurs, religions,épidémies,etc...),  mais il apparaît déjà que les thèses "catastrophistes" seront contredites au moins par une stabilisation globale vers 2050...