Nice Lyon

Publié le par verel

 

 

 

Les incidents qui ont eu lieu le 1er janvier dans le train Nice Lyon, ont fait la une des journaux nationaux quelques jours plus tard. Des jeunes en bande, surexcités, ont eu des comportements qui ont conduit à l’intervention des forces de l’ordre. Certains articles ont parlé de passagers terrorisés, de violences, de vols de téléphone portable et d’argent. Au final, trois personnes ont porté plainte, une jeune femme pour attouchements, un couple pour tentative d’agression et vols. D’après la SNCF, deux voitures ont été dégradées. Il a été reproché une intervention insuffisante et variable dans le temps des forces de sécurité (de la SNCF ou du ministère de l’intérieur.

 

 

Donc apparemment, des faits anormaux, ayant entraînés une intervention des forces de l’ordre et l’arrestation de quelques une des principaux coupables, reconnus par l’une des victimes.

 

 

Ces faits ayant fait l’objet d’une dépêche AFP 3 jours plus tard, les leaders politiques se sont mis en alerte maximale . Après les déclarations d’indignation de Jacques Chirac,  Sarkozy est intervenu le 4 janvier au journal de 20 heures de TF1 pour annoncer la création d’un service national de police ferroviaire doté de 1000 à 1500 fonctionnaires dès cette année. Il devait également recevoir le 5 après midi la jeune femme qui a porté plainte. Pourtant, tous les faits ne sont pas connus, et les diverses responsabilités n’ont pas été précisés . Ce qui n’a pas empêché que louis Gallois soit convoqué par le gouvernement pour se faire tirer les oreilles !

La veille pourtant, le président du conseil constitutionnel et celui de l’Assemblée Nationale, avaient dénoncé les « lois d’affichage », « dont on mesure après coup les conséquences décevantes ou inopportunes », le manque de préparation des textes soumis à l’assemblée nationale par le gouvernement, l’abus de la procédure d’urgence, alors que la mise en œuvre tarde, faute de décret d’application.

 

 

La réaction gouvernementale à l’affaire du train Nice Lyon est bien représentative d’un fonctionnement basé d’abord et avant tout sur la gestion médiatique des événements. Le fonctionnement de notre système d’information, qui privilégie le scoop et les petites phrases, en est bien sûr en partie responsable. Mais les premiers coupables sont les hommes politiques avides de présence médiatique mais incapables de proposer une plan d’ensemble aux français. Quand le président de la république donne toutes les semaines une nouvelle priorité à son gouvernement, on ne peut être étonné que ses concitoyens ne sachent pas où on les emmènent. Et quand sa politique varie en permanence, il ne peut se justifier face à un événement.

 

 

Je soulignais il y a quelques jours les succès remportés dans le domaine de la sécurité routière. Ils s’expliquent en grande partie par la permanence de la volonté affichée dans ce domaine (malgré il y a quelques mois une tentative avortée de Perben d’en sortir). Si demain, il y a un violent carambolage causant une dizaine de morts sur l’autoroute, le gouvernement ne devrait pas être en difficulté, et il pourra en tirer parti pour continuer et renforcer sa politique..

 

 

Dans un autre domaine, Tony Blair, confronté à la fermeture de Roll’s Royce, n’a pas eu à remettre en cause une politique qui accepte les fermetures,car sa politique contre le chômage est crédible. A l’inverse, les responsables français sont mis en difficulté à chaque fermeture de site, alors que la loi française est dans ce domaine celle qui essaie le plus de freiner les fermetures.

 

 

Si Jospin, interpellé par des manifestants sur la fermeture programmée d’usines de LU, ne convainc pas au moment même où les créations d’emploi sont au plus haut, c’est qu’il  n’a jamais eu le courage de dire que sa politique était délibérément tournée vers la création de nouveaux emplois et non la protection des anciens.

 

 

La politique à très courte vue menée depuis une vingtaine d’années par les différents gouvernements se traduit par un lent engourdissement de notre pays, dont le rapport Pébereau a montré un des aspects. Ce sont bien sûr les plus faibles qui en pâtissent , à travers l’insécurité,le chômage ou la précarité.

 

 

Nous n’en sortirons pas sans une vision à long terme, reposant sur une compréhension des défis du monde qui nous entoure et sur un diagnostic de nos forces et faiblesse,  éclairant une action forte du gouvernement. On ne voit guère cette vision se dégager à travers les discours de nos présidentiables !

Publié dans Politique

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