Président

Publié le par verel

Vendredi, j’ai croisé un collègue espagnol qui m’a présenté ses vœux. Je lui est demandé s’il y avait un risque d’autonomisation totale de la Catalogne et nous avons parlé de ce général de corps d’armée, José Mena Aguado, chef des forces terrestres, qui a menacé d’une intervention de l’armée au cas où la réforme du statut de la Catalogne dépasserait « les limites » de la constitution.

 

J’avais lu que ce général était en prison, mais mon collègue m’a fait un décryptage que je n’avais pas lu dans la presse française : une telle déclaration est interprétée comme voulue par le chef suprême des armées c'est-à-dire le roi Juan Carlos ! Les catalans ont du coup retiré leur projet.

 

Ce point de vue que je n’ai pas confronté à d’autres, illustre la forte crédibilité que détient toujours le roi d’Espagne, crédibilité qu’il a gagné en arrêtant une tentative de coup d’Etat militaire, et conservé par son comportement depuis.

 

Je pensais à cette histoire en lisant les commentaires sur la déclaration de Christian Blanc, sur son site d’une part , sur le forum du Monde d’autre part. Je ne sais pas si chaque point de vue du Monde attire autant de commentaires : il y en a plus d’une centaine,sur le site de C Blanc et j’en ai compté 64 sur le forum du Monde

 

Ce qui est étonnant, et qui m’a fait pensé à cette discussion sur Juan Carlos, c’est que personne ne défend Chirac. Enfin presque personne : un lecteur sur le site « pourquoi pas » trouve que le bilan du président est finalement correct et deux intervenants sur le site du Monde jugent qu’il faut respecter le rythme des institutions ! être arrivé à un tel niveau de dé crédibilisation est assez fantastique !

 

Si l’on reprend le forum du Monde (mais le panel est à peu près identique sur le « Pourquoi pas », on note sur 64 interventions :

 

27 qui approuvent sans réserve la tribune du député des Yvelines

 

15 qui sont sur le registre du « oui mais », pour dire qu’il ne partira pas (7) ou que la gauche n’est pas prête (4) ou qu’il y a un risque d’avoir Sarkozy (2)

 

18 parlent d’autres choses, rebondissent sur un commentaire précédent notamment au sujet du paysage politique ou sont une deuxième interventions d’un internaute

 

2 demandent donc de respecter les règles institutionnelles

 

2 soupçonnent ou accusent C Blanc d’auto promotion.

 

 

Ce dernier point, souligné aussi par un journaliste de France Info sur son blog me fait bien rire !. Que font donc les autres hommes politiques à longueur de journée ? En est il beaucoup qui, comme Christian Blanc, refusent de jouer le jeu des petites phrases où auraient fait la promotion des pôles de compétitivité plutôt que de leur auteur comme il l’a fait ?  

 

A noter parmi les interventions, 4 demandes de lancer une pétition, 12 pour dire que J Chirac refusera de partir, 4 pour signaler le mauvais état de la France, 2 pour insister sur l’urgence, 4 pour dire que ce départ serait insuffisant, que c’est tout le système qui doit changer. Enfin, 2 intervenants veulent interdire le cumul des mandats et limiter à deux le nombre de mandats successifs. Cette idée est reprise plus vigoureusement sur le blog de Christian Blanc.  

 

Au final donc, 58% des intervenants approuvent sans réserve le promoteur des pôles de compétitivité, 4% s’y opposent, 4% l’accusent d’auto promotion et 32% sont d’accord sur le jugement mais insistent sur les objections ou risques.

J Chirac, contrairement à Juan Carlos, n'est pas un homme d'Etat !

 

En réalité ces réactions montrent que C Blanc a eu raison de faire cette tribune. Et maintenant ?

Publié dans Politique

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José 16/01/2006 14:16

Verel,Il y a un fondement (bien qu'il ne faille pas la cautionner) à la menace exprimée par le général Aguado : en Espagne l'armée est la garante de la Constitution et de l'intégrité territoriale. Cependant il n'était pas en prison mais aux arrêts chez lui en l'attente de son limogeage.D'autre part, effectivement comme vous l'écrivez à juste titre, le Roi conserve une aura et un pouvoir de fait incontestables parce que les Espagnols voient en l'institution monarchique un arbitrage hors du champ politicien. Sa popularité est telle que lorsqu'il s'exprime sur un sujet, ce qui est toutefois très rare puisqu'il ne veut justement pas intervenir dans un débat politique partisan, aucun parti n'ose aller contre ses prises de position, ce qui serait suicidaire. Le Roi d'Espagne y tient donc une place privilégiée qui pourrait être celle de "garant de la sagesse nationale". Il est donc à juste titre considéré réellement au dessus des partis.