Faire société

Publié le par verel

Cet après midi, une de mes collègues m’a fait part de l’extrême émotion qu’elle ressent suite à l’affaire de ce jeune, victime d’une bande de barbares. Il se trouve qu’elle est juive et connaît bien le père d’Ilan Halimi. Très attachée aux valeurs républicaines et à la France, elle m’a dit avoir peur pour la première fois pour ses enfants et se demander si elle va pouvoir rester dans son pays ! Et elle craignait que cette histoire profite à l’extrême droite en 2007.

 

Quelques heures plus tard je croise Fatima, qui comme son prénom le fait supposer est d’origine maghrébine. Elle aussi était très émue de cette affaire : j’ai vu le portrait du jeune homme dans le journal, m’a-t-elle dit, il ressemble à mon propre fils qui a le même âge. Elle aussi se demandait si ses enfants pourraient rester dans ce pays.

 

Tant qu’il y aura des Fatima capables de se sentir solidaires des autres quels que soient leur couleur et leur religion, l’espoir de faire ensemble société sera là. Mais il faut bien reconnaître que la tendance dans notre pays est au repli sur soi, à la montée de l’inquiétude et à la peur de l’avenir. Quand les salariés du public et du privé ne se comprennent plus, quand monte le rejet de l’autre différent, quand le plombier polonais ou le manœuvre africain sont également rejetés, quand les discours de haine, qu’ils soient anti-arabes ou anti-patrons, qu’ils soient contre les fonctionnaires, les curés  ou les francs  maçons, recueillent de plus en plus d’oreilles attentives, quand les sondages donnent Le Pen au dessus de 20%, il y a vraiment de quoi s’inquiéter pour la démocratie. Nous ne pouvons attendre indifférent le soir du premier ou du deuxième tour des présidentielles pour prendre conscience de la montée des périls : c’est aujourd’hui que nous devons agir pour construire un avenir positif pour notre pays.

Publié dans Organisation de l'Etat

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GlobLog 26/02/2006 16:15


Nicolas Sarkozy ne s'en prend pas encore directement aux blogueurs (mais il en brûle) sinon par le truchement d'un droit de réponse,qu'il exerce ainsi directement sur le blog de Matthieu Kassovitz (déc.2005).
Néanmoins,le ministre de l'Intérieur se fait,de son propre aveu,rapporter les propos tenus sur lui sur des blogs.Pas compliqué de payer un petit espionqui fasse pour demain des petites listes noires de bannis dés aujourd'hui.
L'attitude générale du ministre de l'Intérieur m'inspire la comparaison suivante.Les postes "supérieurs de l'Etat à la discrétion du gouvernement" (recteurs d'académies,préfêts...)ont une indépendance d'action,de parole,d'opinion,très large vis-à-vis du gouvernement (c'est bien connu).
Dans les faits,ces fonctionnaires (agglomérons-y toute la haute fonction publique et les cabinets ministériels)sautent au premier mouvement de paupières,au premier rictus qui déplairait au ministre de tutelle,en partuiculier celui de l'intérieur,qu'on nomme parfois assez justement "le Premier flic de France".
Nicolas Sarkozy,en ces jours de fin février 2006,regarde son cabinet ministériel (Claude Guant,Emmanuelle Mignon,Guillame solly) et se dit:demain l'ensemble des Français devra m'obéir au doigt à l'oeil comme mon staff.
Monsieur le PDG du Site France aura tout le loisir d'appliquer sa conception pyramidale de l'autorité publique (les sous-chefs qui contrôlent et font sauter les sous-sous chefs récalcitrants,qui contrôlent et dont sauter...).
A nos lecteurs:donnez-vous la peine de relire "the Origins of Totalitarianism"(1951) et vous aurez un bel exemple de prospective,de ce qui nous attend s'il passe (mais il ne passera pas,qu'on se rassure). No Pasara!
 

brigetoun 25/02/2006 21:21

peut être, plutôt que de mettre cette horreur au débit de telle ou telle population, et d'y voir forcément un acte raciste, pourrait on : attendre le résultat de l'enquète pour le dernier point (il semblerait que pour la partie racket les 3/4 des victimes n'étaient pas juives) sanctionner, et  s'interroger sur le mal qui est en nous, en l'homme pour tenter de le contrer

Peckinpache 24/02/2006 22:57

À n’en pas douter, la question du vivre ensemble « de plus en plus critique » sera au cœur des prochaines échéances électorales. Certains esprits « belliqueux » ne manqueront pas d’exploiter les peurs qui traverses la société d’aujourd’hui.
 
 

La question de la confiance me semble-t-il est plus que jamais d’actualité
 
 

Le crime innommable qui a touché la famille Halimi à travers son fils est révélateur, d’une société segmentée moralement, hésitant entre l’abîme (une société des semblables et donc la haine de l’autre) et le néant (une société purement mercantile) ou la valeur et la dignité de l’individu se mesurent à son portefeuille réel ou fantasmé.
 
 

Une vie a été perdue, brusquement, brutalement par appât du gain, par ignorance, par indifférence vis-à-vis de la dignité humaine.
 
 

Ce qui interpelle dans ce drame c’est peut-être moins le mobile (la rançon), commerce des êtres humains qui se pratique allégrement en Amérique du sud (au Mexique, en Colombie) que les actes de torture et de barbarie dont a souffert le jeune Halimi, non pas en Amérique du Sud, mais en France.
 
 

Qu’il repose en paix.
 
 

Charles ANDRE 24/02/2006 18:09

C'est tout à fait ça! Jouons le jeu des intelligences, des liens entre individus, de la responsabilité individuelle, de l'honnêteté, de la transparence, de la participation...

Hugues 24/02/2006 11:26

Dans un ordre d'idée proche, je viens juste de répondre à un commentaire sur mon blog évoquant le côté partisan du MRAP en faisant le parallèle avec la partialité de la LICRA. Quand j’étais jeune et militant, et que nous défilions pour SOS Racisme, le petit « Touche pas à mon pote au revers », on ne se posait pas ces questions et on se battait contre tous les racismes. Ca me manque un peu.