Dette publique et euro

Publié le par verel

Dans son analyse de la dette publique, le rapport Pébereau étudie les conséquences éventuelles de la poursuite d’un déficit des administrations publiques sur les tendances actuelles. Il montre ainsi que la dette atteindrait 100% du PIB en 2014, 100% de plus au bout de 18 ans, 100% de plus ensuite en 9 ans seulement .

 Il précise immédiatement que ce scénario, bâti sur les taux d’intérêt actuels est impossible, les créanciers ne répondant aux demandes d’un pays endetté qu’au prix de taux d’intérêt aggravés.

La commission a ainsi fait l’hypothèse qu’à partir de 2008, les taux augmentent brusquement de 1.5% et montré qu’à cette aune, la limitation du déficit à 3% exige un solde dit primaire (c'est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette) qui n’a jamais été observé depuis 1980.

Cette hypothèse n’est pas si théorique qu’elle peut apparaître au profane, comme le montre l’évolution constatée depuis 20 ans

En 1985, le taux d’intérêt moyen payé par l’Etat français était en effet de 9.2% en 1985, de 6.1% en 1995, de 4.7% en 2002 et de 4.4% en 2004. Les taux d’intérêt à long terme constatés actuellement peuvent laisser espérer une continuation de la baisse, ce qui atténue d’autant le poids de la dette.

Cette baisse, nous la devons à l’origine au processus de  désinflation commencée par J. Delors et poursuivi par ses successeurs, puis au rattachement à l’Euro. Celui-ci nous protége aujourd’hui des conséquences de nos déficits. En effet, si la dette publique française est passée de 48.4% du PIB en 1994 à 65.1% en 2004, au niveau des 15, nous sommes passés dans le même temps, de 66.4% à 64.3%, soit une légère baisse. Dit autrement, c’est la sagesse de nos partenaires, qui pour la plupart ont vu leur dette baisser en % du PIB, qui a compensé notre dérive (et celle de l’Allemagne) et qui nous permet de bénéficier de taux d’intérêt bas (un pays comme l’Italie en profite aussi assez largement). Cela signifie aussi en particulier que la sortie de l’euro nous coûterait fort cher.

C’est en raison de ce phénomène, et pour que la solidarité entre partenaires de l’euro se traduise dans les pratiques de chacun, qu’ont été établis les critères de Maastricht. Cela fait un moment que nous ne les respectons plus, et que nous profitons du poids conjugué de notre pays et de l’Allemagne pour trahir nos engagements. L’Allemagne ne sera plus demain à nos cotés pour ce comportement déplorable et nous devrons bien un jour rentrer dans le rang, La sortie de l’euro risquant de nous mener dans une dérive intenable, nous verrons bientôt nos politiques assurer que nous sommes obligés d’obéir à Bruxelles en oubliant de dire qu’il s’agit simplement de tenir nos engagements d’une gestion pas trop malsaine !

Publié dans Economie

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verel 06/03/2006 03:26

A Bonnes idées
Je ne sais pas si vos idées sont bonnes, mais je vous conseille de réviser quelques données si vous voulez les appuyer sur des réalités tangibles et vérifiables.Le rapport Pébereau chiffre à un peu moins de 5 millions le nombre de fonctionnaires, les trois fonctions publiques confondues, soit une augmentation de 25% depuis 1982, ce qui est déjà pas mal, mais vous l'avouerez assez loin de la multiplication par 4 que vous citez. De même, l'âge de départ en retraite réel est à peu près équivalent dans le public et dans le privé. Et l'employeur du privé paye environ 60% des cotisations : regardez votre fiche de paye si vous etes salarié! Et je ne sais pas si les professeurs ou les infirmières que je connais seraient d'accord pour trouver leur travail peu stressant!
Ces remarques ne signifient pas qu'il ne faut pas changer en profondeur l'organisation de l'Etat. On ne le fera ni en stygmatisant les fonctionnaires, ni en tordant les réalités
Le rapport Pébereau donne des solutions pratiques pour baisser la dette:il est en vente dans toutes les bonnes librairies à un prix très raisonnable mais vous trouverez la liste de ces propositions à l'adresse suivante: http://generationseurope.over-blog.com/article-2058079.html

bonnesidees2007 05/03/2006 20:57

Bonjour Verel,

Trop de fonctionnaires en France ?

La France croule sous le poids des 6 millions de fonctionnaires. En 30 ans le nombre de fonctionnaires a été multiplié par 4 !

La France consacre 60% de son PIB et 50% du budget de l'état pour le salaire des fonctionnaires, ce qui est insupportable.
Ce budget a augmenté de 70 % depuis 20 ans.

Aux 1100 milliards de dette publique s’ajoutent au moins 900 milliards d’euros d’engagement de retraites des fonctionnaires.

Les fonctionnaires forment une caste hyper-privilégiée en France avec des avantages mirobolants :
- salaire moyen de 2000 Euros contre 1800 dans le privé.
- augmentation automatique du salaire quelque soit les performances.
- un salarié du privé cotise 30 % de plus qu’un fonctionnaire pour sa retraite.
- les contribuables payent environ 65 % des retraites des fonctionnaires.
- le fonctionnaire retraité part à la retraite plus tôt (50-55 ans)
- le fonctionnaire retraité touche 35-40 % de plus que le retraité du privé.
- la France est le seul pays où les rémunérations du public sont plus élevées en moyenne que celles du privé. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne ou Italie, les rémunérations des fonctionnaires sont inférieures de 20-25 % à celles du privé.
- primes importantes,
- vacances avantageuses,
- travail peu important,
- travail peu stressant,
- etc.


Les fonctionnaires forment une forteresse inviolable :
dès qu'on touche à leurs privilèges, ils tiennent la France en otage avec des grèves très impopulaires et violentes.
Ils ont des syndicats qui imposent la loi aux Français.
Toutes les tentatives de réformes de la fonction publique ont échoué à cause de leur immobilisme.



Qu'en pensez-vous honnêtement ?


Merci.

farmer and snob 05/03/2006 20:20

site tres interressant et tres complet en treme de chiffres et d analyse ce qui permet de construire une argumentation tres interressante
Pourriez vous visiter mon blog afin de me faire part de vos sentiments  http://tecc.over-blog.com

brigetoun 03/03/2006 12:49

stopper la baisse des impôts, arrêter de créer des niches fiscales et tenter réellement de les résorber, et  reprendre sérieusement ou entreprendre la réforme de l'état . Un peu énorme comme boulot mais à tout prendre un gouvernement est là pour ça

av 03/03/2006 12:10

Je pense que tu devrais aller faire un tour sur ce site : tu apprendrais des choses sur ce sujet :http://www.jeunesradicaux.net/paris/

bonnesidees2007 03/03/2006 10:19

Bonjour,

d'où vient le déficit de l'état français ?
- du trop grand nombre de fonctionnaires ?
- des trop grandes subventions au privé ?
- des impôts trop faibles ?

Quelles sont vos solutions pour faire baisser les dettes publiques ?

L'état français est déjà fortement déficitaire, dans combien d'années l'économie française s'effondrera face aux dettes immenses ?

Si vous avez des propositions pour la France, vous pouvez consulter : http://bonnesidees2007.over-blog.com/

Merci d'avance.

verel 01/03/2006 18:30

A Gus: je ne comprends pas bien votre raisonnement
Si un gouvernement voulait sortir de l'euro, ce serait probablement pour ne plus être "tenu " par les critères de Maastricht avec deux conséquences immédiates
une pression sociale et parlementaire ppur augmenter les dépenses, (puisque c'est en quelque sorte le but affiché) et donc le déficit
une augmentation brutale des taux d'intérêt à court et long terme, les créanciers comprenant logiquement que le pays ne veut pas gérer correctement et augmentant sa prime de risque, avec un effet récessif assez rapide
dans ces conditions, le déficit pourrait filer assez rapidementà 6 ou 7 % du PIB, nous entraînant dans une spirale de récession et de problèmes quasi insurmiontable avec assez rapidement un scénario à l'Argentine: déficit, inflation puis nécessité d'un redressement extrémement sévére: la nécessité de gérer mieux viendrait après avoir fait d'immense dégats
Conclusion: il vaut mieux éviter!

Gus 01/03/2006 17:26

Est-il erroné d'en conclure que le seul moyen de forcer notre gouvernement à gérer correctment ses finances publiques serait de sortir de l'euro ? Qu'en conclure ?

Vonric 01/03/2006 15:38

Deux reflexions:- la dette d'aujourd'hui, c'est l'impot de demain (oublions un peu les promesses demagos du genre -5% d'impot par an sur 5 ans...)- il faudra peut etre remettre ajour la reflexion de Jospin en 2002 qui avait tant cree scandale "l'Etat ne poeut pas tout "A parier: dans combien de temps nos politiques expliqueront-ils que c'est a cause de l'UE que les impots ne peuvent pas baisser (ils se sont deja echauffes avec la baisse de la TVA sur la restauration, non ?).Que du bonheur ;-)