Où va la France ?

Publié le par verel

L’échec de la rencontre entre le premier ministre et les dirigeants des principaux syndicats ne présage pas une sortie en douceur du mouvement de protestation contre le CPE. Aujourd’hui, personne ne peut prévoir quelle sera l’issue de cette crise. L’irruption de casseurs de plus en plus nombreux autour des manifestations et la radicalisation de certains ne présage en tous  cas rien de bon.

 

Il faut replacer cette nouvelle crise dans les mouvements qui secouent notre pays, son équilibre social et sa démocratie depuis des années, notamment :

 

Le Front National avec un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale suite aux  élections législatives de 1986

 

Les grèves de décembre 1995, considérées par les nostalgiques du marxisme comme un moment fondateur

 

La présence de J M Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles de 2002

 

Le succès du non au référendum sur la constitution européenne en mai 2005, après le succès à l’arraché du « oui » à Maastricht une douzaine d’années plus tôt

 

Les émeutes dans les banlieues en novembre 2005.

 

La fréquence de ces événements ne cesse d’augmenter. On a l’impression d’assister à la préparation d’un tremblement de terre, précédé de mouvements sismiques de plus en plus rapprochés. Comme si notre pays était bloqué et que les mouvements de société sous jacents venaient l’ébranler de plus en plus violemment.

 

Avant même la fin de son deuxième mandat présidentiel, chacun a pris conscience que l’action de Jacques Chirac à la tête de l’Etat aura été catastrophique. Mais au-delà d’une personne qui l’incarne, on sent bien que c’est tout un système qui est remis en cause. Et les plus faibles sont les premières victimes de la situation de notre pays.

 

Il y a 5 ans Alain de Vulpian faisait le diagnostic d’une France en « combustion lente », Christian Blanc à sa suite  proposait une « révolution légale » pour éviter que cette situation ne débouche sur une crise dont on ne pouvait qu’espérer qu’elle sortirait par le haut. A l’époque, l’essentiel du monde médiatique le traitait de Cassandre,! Il semble malheureusement que les événements soient en train de lui donner raison.

 

Pour sortir de cette crise qui ne cesse de monter dans notre pays, il faut traiter les problèmes de fond. Cette crise est à la fois sociale (devons nous rappeler que nous avons plus de 2 millions de chômeurs depuis presque 25 ans ?) et démocratique, la méfiance envers les hommes politiques ayant atteint un niveau inimaginable. C’est donc bien sur ces deux points qu’il faut une « révolution légale ».

 

Nous ne traiterons pas la question sociale sans une relance de notre croissance. Certes, il ne suffira pas d’un taux de croissance durablement à 3% et au-delà pour traiter les problèmes de chômage, de pauvreté, de discrimination, de précarité ou de sécurité, mais chacun comprend bien que sans cette croissance, toutes les mesures qui pourront être prises ne seront que des palliatifs. Le livre « la croissance ou la chaos » donne les clés de cette relance de la croissance..

 

De plus en plus de français ont conscience que l’interdiction du cumul des mandats devient un passage obligé et qu’au-delà, il faudra limiter le nombre de mandats consécutifs possibles :

Pour éviter que la seule préoccupation d’un élu dès le lendemain de son élection soit de préparer sa réélection, 

Pour assurer le nécessaire renouvellement des idées (J Chirac était premier ministre il y déjà 31 ans !), 

Pour avoir des responsables politiques au contact réel avec la vie de la société.

 

Les élections de 2007 (si nous arrivons jusque là) sont la dernière chance de traiter correctement ces questions avant l’explosion. Ce n’est pas au lendemain du premier ou du second tour, ou après une explosion en 2008 ou 2009 qu’il faudra manifester. C’est dès aujourd’hui que nous devons prendre notre destin en main et obliger ceux qui vont se présenter demain à nos suffrages à se prononcer clairement sur les vraies questions de notre pays et sur les réformes qu’ils ont l’intention de réaliser s’ils l’emportent.

 

Demain, il sera trop tard.

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Brise 28/03/2006 20:46

En espérant que les promesses soient tenues...Mais je voterai comme je l'ai toujours fait.Tu as raison on ne sait trop ou on va et j'ai l'impression que le système politique ne répond plus à nos attentes. Le temps de la modernisation est venue. J'espère que l'ensemble du monde politique finira par s'en rendre compte.