Débat gag

Publié le par verel

La séance des questions à l’Assemblée Nationale, mercredi 21 dernier, a été l’occasion d’une prestation d’une grande bouffonnerie grâce à un député de la majorité se félicitant de la forte reprise économique que connaît notre pays. La séance avait bien commencée avec une série de questions sur le CPE.

Un député UMP a cru bon de s’extasier sur le fait que « La croissance s'est en effet nettement accélérée au cours de la seconde partie de l'année dernière »,

Et il a réussi à dire cela sans rire !

En consultant les données de l’INSEE, on peut noter que la croissance trimestrielle a été de 0.7% au troisième trimestre et de 0.2% au quatrième trimestre, ce dernier chiffre représentant une véritable déception

La croissance totale a été de 1.4% sur l’année 2005, après 2.1% en 2004, qui était déjà un résultat décevant. En particulier pour moi qui espérait effectivement et avait annoncé ici un rebond. Celui-ci n’est peut être que parti remise, les derniers chiffres de confiance des industriels allemands étant dans le vert, mais cela ne justifie pas de faire un tel numéro de claquettes !

 Le mieux est de reproduire ci-dessous le texte du débat, tel qu’il peut être trouvé sur le site de l’Assemblée Nationale :

M. le président. La parole est à M. Bernard Schreiner, pour le groupe UMP.

M. Bernard Schreiner. Monsieur le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, depuis plusieurs mois, vous n'avez eu de cesse d'indiquer à la représentation nationale que la croissance économique était repartie à la hausse en France.

Or les chiffres vous ont donné raison. La croissance s'est en effet nettement accélérée au cours de la seconde partie de l'année dernière, stimulée par ses trois moteurs : la consommation des ménages, l'investissement des entreprises et les exportations, qui se sont vivement redressées.

Plusieurs députés du groupe des député-e-s communistes et républicains. Quel mensonge !

M. Bernard Schreiner. Nous avons entamé depuis près de trois mois l'année 2006, pour laquelle vous avez construit le budget sur une hypothèse de croissance se situant entre 2 % et 2,5 %, prévision que vous avez d'ailleurs confirmée il y a deux semaines.

M. Patrick Roy. Retirez le CPE !

M. Bernard Schreiner. Or la dernière indication conjoncturelle dont nous disposons est celle de la consommation en produits manufacturés, qui a véritablement bondi au mois de février dernier, puisqu'elle est en progression de 1,8 % par rapport au mois de janvier. Prise isolément, il s'agit évidemment d'une excellente nouvelle.

Aussi, permettez-moi, monsieur le ministre, de vous poser trois questions.

À quel point le dynamisme de la consommation en ce début d'année 2006 est-il représentatif de la santé de notre économie ?

Plus largement, quelles sont vos perspectives de croissance pour les trimestres à venir ?

Enfin, respecterons-nous l'hypothèse sur laquelle le budget 2006 a été établi ? (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

M. Thierry Breton, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Je vous confirme que, pour l'année 2006, nous aurons bien une croissance comprise entre 2 % et 2,5 %.

Oui, les informations dont je dispose me permettent de vous confirmer que nous attendons une croissance de 0,6 % au premier trimestre. Est-ce le fruit du hasard ? Ces chiffres tombent-ils du ciel ?

Plusieurs députés du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains. Oui !

M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Eh bien non, mesdames et messieurs les députés ! Reprenez un instant les chiffres rappelés par Jean-Louis Borloo ! Plus de 142 000 créations d'emplois marchands en 2005 ! (Protestations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.) Cela vous fait sourire, monsieur Hollande ?

M. François Hollande. Oh non !

M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Vous l'avez rêvé ? Nous l'avons fait ! (Rires sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.) Et sachez bien que nous allons continuer ! En effet, savez-vous ce que m'indiquent mes services ? Ils prévoient la création de 200 000 emplois en 2006 ! Savez-vous pourquoi ? C'est grâce à la signature, monsieur Hollande, de 400 000 contrats nouvelle embauche !

Mesdames et messieurs les députés, les Français consomment. Pour quelle raison ? Parce qu'il y a davantage de Français au travail, qui ont donc retrouvé confiance en l'avenir et qui consomment donc davantage ! Ainsi, l'un des moteurs de la croissance, la consommation en produits manufacturés - vous l'avez rappelé, monsieur Schreiner -, avec un taux de 1,8 % pour le mois de février, a atteint un taux historique,...

M. Augustin Bonrepaux. Bonimenteur !

M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. ...et la croissance des salaires, de 2,9 % en 2005, est la plus haute depuis treize ans, monsieur Emmanuelli !

M. Henri Emmanuelli. Qu'est-ce qu'il me veut ?

M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Grâce à cela, les Français consomment davantage, le moteur de la croissance est reparti et la confiance est de retour ! (Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire. - Exclamations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.)

M. le président. Monsieur Emmanuelli, asseyez-vous !

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Sindelaar 30/03/2006 10:45

Le plus fort, c'est quand même la phrase "les exportations, qui se sont vivement redressées." Alors que l'année 2005 s'est conclue sur un déficit record de la balance commerciale!"La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force" comme dirait l'autre.

Authueil 30/03/2006 09:13

La séance des questions au gouvernement, c'est le cirque et le théâtre, et c'est fait pour cela. C'est restransmis en direct, c'est l'occasion de faire passer des messages, et plus c'est gros, plus c'est bon. Il ne faut pas juger le travail parlementaire à cette aune.