Enquête emploi

Publié le par verel

Comme chaque année maintenant, les Assedic publient au mois d’avril leur enquête sur les besoins de main d’œuvre (BMO) réalisée par le CREDOC. Cette enquête fournit des indications précieuses sur les projets de recrutement pour l’année 2006.

 

Le premier résultat est national. Le nombre de projets de recrutement s’établit à 1 195 400 soit une baisse de 2.3% par rapport à l’année 2005, qui suivait plusieurs années de baisse plus forte (-9.2% en 2003 et – 9.8% en 2004). Il faut rajouter que la proportion dans ces projets de recrutements saisonniers augmente, de 29% à 30.6%.

 

Il est intéressant de comparer ces chiffres avec ceux du nombre de salariés du privé : leur nombre avait atteint un maximum de 15.48 millions fin 2002 après une forte croissance entre fin 1996 et fin 2001 (plus 2 millions !) et était resté à peu près stable depuis, la tendance étant à une très légère reprise (plus 88 000) depuis le point bas atteint à la fin du premier trimestre 2004. Le taux de chômage est en légère baisse à 9.6% fin février, après des pointes à 10.1% au 2ème semestre 2003 et au premier semestre 2005.

 

Il était demandé aux entreprises lors de l’enquête si elles anticipaient des difficultés de recrutement, ce qui est une manière de mesurer les tensions sur l’emploi. Le taux de difficulté est en baisse d’un point à 44% succédant à plusieurs années de baisse : 58.5% en 2002, 55.5% en 2003, 45.9% en 2004, 45.1% en 2005. Il est probable que les répondants soient fortement influencés par le passé et évaluent plus les tensions passées que futures. Cette remarque faite, on comparera ces chiffres avec le taux de chômage en début de chaque année ( fin janvier) : 8.9% en 2002, 9.5% en 2003, 10.0% en 2004, 10.1% en 2005, 9.6% en 2006.

Les tensions sur le marché du travail ont commencé par baisser quand le chômage augmentait, ce qui est assez logique mais continuent à baisser alors que le chômage baisse de son coté. Avec un chômage revenu à son niveau de 2003, nous constatons des tensions sur le marché du travail nettement plus faibles. Si c’est vrai, c’est une excellente nouvelle, la courbe de Beveridge (voir ici page 42) qui mesure l’évolution dans le temps de ces deux données, allant depuis 20 ans dans le sens d’un chômage croissant sans baisse des tensions, signe d’une forte inadéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail. On pourrait en déduire que le taux de chômage structurel estimé à 9% environ depuis quelques années est en train de passer sous ce chiffre. Sauf à dire que les taux de chômage sont faux, ce qui serait inquiétant mais pas complètement impossible…

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