Analyse par métiers

Publié le par verel

L’enquête BMO donne les projets de recrutement par métier. On peut y trouver des renseignements intéressants.

 

Comme l’an denier, le métier de professionnel des spectacles est celui pour lesquels le taux de difficultés est le plus faible avec 12.3%. Suivant ses convictions, on en déduira que le statut des intermittents du spectacle est bien nécessaire dans ces conditions ou que ce statut est tellement favorable qu’il attire beaucoup de mode, conduisant à des effectifs excessifs par rapport aux besoins. Le nombre de projets de recrutement est en baisse après une année 2005 très favorable.

 

Le taux de difficulté de recrutement est en baisse pour les infirmières : il n’est plus « que » de 72.9% ce qui le met en 6ème position tous métiers confondus, contre une deuxième place en 2005 et une première en 2004. On notera que le nombre de projets n’est que d’un millier en tout : il y a une vraie tension, mais on joue sur des effectifs somme toute limités.

 

Le taux de difficulté de recrutement dans les fonctions d’encadrement n’est que de 37.2% soit moins que la moyenne. Les exceptions, supérieures à 60%, concernent la santé, le BTP et l’hôtellerie restauration. On comparera utilement ces taux avec les spécialités des facs qui ont le plus fait grève au printemps.

 

Les taux sont également faibles dans les métiers administratifs en général et ceux des employés de banques : un peu plus de 20%. On voit là le résultat de l’informatisation massive depuis 15 à 20 ans. On sait en particulier que les fonctions de back office ont fortement diminué dans les banques. Qu’en sera t’ il demain si l’Etat applique les recommandations du rapport Pébereau qui constate des sur effectifs administratifs massifs au sein des fonctions publiques ?

 

Le secteur qui connaît le plus de difficultés de recrutement reste celui de la construction, avec plus de 80% de difficultés pour les maçons qualifiés, les plombiers, chauffagistes, charpentiers. Contrairement à l’an passé, on observe des difficultés élevées dans ce secteur pour les ouvriers non qualifiés. La comparaison des salaires horaires pour les ouvriers tous secteurs et pour ceux de la construction est à cet égard très instructive : pour une même base 100 fin 198, ils commencent par être défavorables à la construction en 1999, 2000, et 2001. La tendance s’inverse brutalement en 2002, et l’avantage pour les ouvriers de la construction s’accroît en 203, 204 (+1.5% cette année là) et en 2005. Nul doute que le phénomène va continuer. Il est lié à une relance massive du nombre de mises en chantier depuis 2002. Il se traduit aujourd’hui par une augmentation rapide du coût des intérimaires (qui ont dépassé ceux des permanents il y a deux ans, les salariés concernés dédaignant maintenant les offres d’emploi permanents qui leur sont faites.

 

Les taux de difficultés de recrutement dans l’industrie sont supérieurs à la moyenne, ce qui va à l’encontre de tous les a priori qu’on peut avoir en raison des délocalisations.

 

Un mot pour finir sur les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, qui continuent à offrir le plue de poste : le taux de postes saisonniers y est particulièrement important. Il le serait encore plus si on y intégrait les métiers d’animation, socioculturelle,  sportive ou de loisirs, pour lequel le taux de saisonniers est de 82.7% !

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verel 24/04/2006 07:22

A L Guerby
Effectivement, la BNP,  n'a pas licencié. Mais comme la plupart des banques elle a à peu près cessé d'embaucher dans les back office. depuis longtemps. Le réultat est que le taux de difficulté de recrutement pour le métier d'employé et technicien de la banque esr aujourd'hui extrèmement faible: 15.8% . Mais cette réduction d'embauche a participé de la moins bonne santé de l'ensemble de la filière administrative (touchée partout par ailleurs par l'informatisation): il y a de moins en moins d'embauches, en particulier pour les qualifications les plus faibles
Demain, si l'Etat suit les recommandations du rapport Pébereau, il ne licenciera pas plus ses employés, mais il arrétera d'embaucher des fonctionnaires administratifs. L'impact à moyen terme sur l'ensemble de la filière administrative sera assez proche de ce qu'a été celui des banques depuis 15 ans sur la même filière.

Laurent GUERBY 24/04/2006 00:46

"On voit là le résultat de l’informatisation massive depuis 15 à 20 ans. On sait en particulier que les fonctions de back office ont fortement diminué dans les banques. Qu’en sera t’ il demain si l’Etat applique les recommandations du rapport Pébereau qui constate des sur effectifs administratifs massifs au sein des fonctions publiques ?"S'il les applique comme M. Pébereau a géré BNP, il n'y aura pas de problème particulier.Un indice : il n'y a pas eu de licenciements chez BNP malgré des effectifs administratifs massifs.

verel 20/04/2006 23:02

Remarque prise en compte
merci

EL 20/04/2006 18:17

ça ne coûte rien d'ajouter "de recrutement" à "taux de difficulté". Pitié pour le lecteur!
Bien cordialement,
EL