Vers le plein emploi ? 3

Publié le par verel

Le diagnostic : du coté des hommes

 

1)      Face au chômage massif, il a fallu mettre en place ou renforcer les filets de protection et les personnes ont du s’adapter

 

2)      Tout cela a progressivement créé, favorisé, développé des comportements qui ne vont pas forcément aujourd’hui dans le sens de la réduction du chômage

 

3)      L’existence d’allocations chômage permet à un salarié de ne pas accepter n’importe quoi. La définition de ce « n’importe » quoi n’est évidemment pas simple. Il est normal de rechercher un poste équivalent à celui que l’on vient de perdre, et à un salaire identique. Mais ce n’est pas forcément réaliste, soit parce que le type de poste en question est en voie de disparition, soit parce qu’on bénéficiait auparavant de conditions particulièrement avantageuses, liées à un contexte particulier d’entreprise ou de conjoncture

 

4)      Par exemple, les salaires ont fortement augmenté dans l’informatique à la fin des années 90 en raison du plus grand nombre de postes offerts que de candidats disponibles. Quand le marché s’est retourné au début des années 2000, les salaires ont plongé

 

5)      Chacun a sans doute des exemples de chômeurs qui ont refusé un emploi mal payé, et qui ont pu le regretter amèrement ensuite

 

6)      Ce qui vaut pour les salaires vaut aussi pour la géographie : il n’est pas facile de prendre un travail demandant de forts déplacements ou un déménagement

 

7)      Le résultat est une disparité des taux de chômage selon les bassins d’emploi. Au 4ème trimestre 2005, il y avait 18 bassins d’emploi (sur 348) qui comptaient moins de 6% de chômeurs et 5 qui en avaient plus de 15%. Les bassins concernés étaient à peu près les mêmes en 1998.

 

8)      Cela vaut bien sûr aussi dans le domaine de la mobilité fonctionnelle

 

9)      Dans une situation où la probabilité de trouver un emploi est faible (parce qu’il y a peu d’embauche dans sa région et sa qualification), les personnes touchées ont besoin pour garder un regard positif sur elle-même de faire évoluer leur système de valeurs et d’adopter des comportements qui auraient paru incongrus il y a 30 ou 40 ans

 

10)   Il parait aujourd’hui normal pour un nouveau chômeur de « profiter de ses droits » et de ne commencer à chercher du travail que quand ceux-ci sont à la veille d’être épuisés

 

11)   Cette attitude n’est peut être pas majoritaire, mais elle est très répandue. Dans une action menée auprès de chômeurs récents, pour leur proposer un accompagnement renforcé, un tiers des personnes concerné»es ne sont pas venues à la convocation et la moitié des présents ne comprenaient pas qu’on ne les laisse pas tranquille alors qu’ils « avaient droit » à leurs allocations.

 

12)   Ce comportement est malheureusement néfaste pour les personnes concernées : plus on attend, plus il est difficile de retrouver du travail

 

13)   On peut imaginer des systèmes plus incitatifs, par exemple avec des allocations dégressives. Ce sont d’ailleurs des modalités qui se développent dans les plans sociaux (la prime de départ est alors dégressive avec le temps). Les pays du Nord ont également mis en place des systèmes contraignants. Mais ces systèmes ne peuvent être légitimes que si le marché du travail est porteur. En période de basse conjoncture, la demande de renforcement des protections paraît naturelle.

 

14)   Les personnes les plus éloignées de l’emploi sont souvent déstructurées. La notion de respect des horaires d’arrivée au travail peut par exemple leur être totalement étrangère

 

15)   Des structures se sont développées pour accompagner ces personnes et les réinsérer. Le travail indispensable et souvent remarquable de ces organismes reste cependant peu efficace si le marché du travail ne « tire » pas

 

 

Pour conclure, la permanence d’un chômage important a développé chez les personnes concernées des comportements de recherche peu active. Cela contribue aussi au caractère structurel du chômage et ne pourra être remis en cause qu’en cas de tensions durables sur le marché du travail

 

Publié dans Social

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Verel 15/05/2006 21:34

A Marek
Le fait qu'une partie significative des chômeurs se mettent dans une logique d'attente et de "je profite de mes droits" est connu de toutes les personnes qui les accompagnent dans leur recherche: j'en fréquente suffisamment pour vous le certifier. C'est en réalité contre leur intérêt mais il faut user beaucoup de salive pour les en convaincre!

Marek 15/05/2006 00:51

Intéressant mais je pense que l'argumentaire, pour devenir vraiment argumentaire, gagnerait à citer davantage de sources plutôt que des anecdotes.