Baromètre CEVIPOF

Publié le par verel

Le Cevipof / ministère de l’intérieur, vient de publier sa première vague 2006 du « Baromètre Politique Français »

Les responsables politique y trouveront les côtes d’amour ou de désamour des principaux leaders français, et détailleront à l’infini les chances de Nicolas ou Ségolène (pour utiliser leurs prénoms) Je respecterais les consignes données sur la note de bas de page en fin d’article : c’est le ministère de l’intérieur, cela a l’air sérieux je ne voudrais pas me retrouver avec la police à mes basques !

Je m’intéresserai plutôt aux premiers chapitres de l’enquête. On y apprendra par exemple

que la préoccupation majeure des français est l’emploi, ce qui ne constitue pas à proprement parler une surprise

que la dette vient en quatrième alors que l’environnement ou l’immigration viennent très loin derrière

que la majorité des français (54%) estiment s’en sortir difficilement avec leurs revenus

que 75% d’entre eux pensent que les jeunes d’aujourd’hui ont moins de chances de réussir que leurs parents

qu’une large majorité est contre le rétablissement de la peine de mort

que les ¾ sont pessimistes sur l’évolution à 6 mois de la situation économique

etc.…

  

Je voudrais ici m’attarder sur le chapitre D, intitulé « l’implication dans le débat public et utiliser le zoom régional de l’enquête

44% des sondés déclarent s’intéresser à la politique. Ils ne sont que 34% dans le Nord mais 52% en Ile de France

50% déclarent avoir voté à toutes les élections depuis qu’ils sont en âge de voter et 37% à presque toutes (10% à quelques unes) A comparer avec le taux d’abstentionnistes, les sondés ont une conception personnelle du "toutes" ou "presque toutes"

Les 50% se transforment en 55% dans le Nord et 43% en Ile de France, ce qui , quand on compare avec les résultats à la question précédente laisse songeur ! En toute rigueur, on en déduira qu’il n’y a pas de lien entre voter et s’intéresser à la politique. Mais après tout, on peut s’intéresser au foot sans aller voir les matches ni les regarder à la télé !

A la question « pour vous informer sur la politique, à quel média faites vous le plus confiance ?", ils sont 34% à citer en premier la télévision et 4% Internet ! Ce média passe à 12% avec les secondes places, et à 6 et 16% en Ile de France. Ce n’est pas si mal !

  

Un peu plus loin, il est demandé en qui on a confiance pour gouverner le pays. La réponse est sans appel : pour 69% des Français, ni à la droite, ni à la gauche !

43% des sondés estiment que la France doit s’ouvrir davantage au monde. 1% de ceux qui ont cette opinion font confiance à JM Le Pen pour cela.

31% des français estiment au contraire qu’elle doit plus se protéger du monde. 11% de ceux qui ont cette opinion font confiance à JM Le Pen pour cela,

  

En toute fin de sondage, on demande aux sondés de s’auto positionner sur une échelle droite gauche, et là , on a un phénomène très nouveau : 37% (et 47% dans le Nord) ne se situent ni à gauche ni à droite ! Parmi eux se trouvent sans doute des électeurs de Le Pen, qui refusent de se classe à l’extrême droite, mais c’est loin d’expliquer la réponse, qui rejoint celle concernant la confiance pour gouverner. On notera que 15% des sondés se situent au centre ce qui est loin de donner 15% des voix à F Bayrou.

Il me semble qu’on trouve dans ce sondage une défiance globale envers les politiques. Il est probable que le scrutin de 2007 va battre un record d’abstentions.

On peut aller plus loin et se demander si la perte de confiance n'est pas dans le processus démocratique ,en particulier électoral, lui même.

Tout ceci me confirme ce que j’ai écrit ici, ici et  !

Et maintenant pour obéir aux injonctions du ministère de l’intérieur :

Les données du BPF 2006-2007 ont été produites par le CEVIPOF avec le soutien du Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire. Le BPF 2006-2007 se déroule en quatre vagues de mars 2006 à janvier 2007 réalisées par l'IFOP. Les données seront également déposées et disponibles auprès du Centre de données socio-politiques de Sciences Po au printemps 2007".

 

 

 

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verel 20/06/2006 16:21

Bonjour
Ce n'est pas qu'un choix de personne (encore que) Il faut aussi
faire les réformes indispensables pour sortir le pays de l'ornière où il s'enfonce
Modifier les régles électorales pour assurer un renouvellement régulier des responsables politiques, en clair interdire le cumul des mandats et le renouvellement plus d'une fois
Voir à ce sujet le lien "cumul des mandats"

Alexis 20/06/2006 11:16

Assez d'accord avec vous : il y a une frustration importante dans l'électorat, lequel ne trouve pas de chaussures à son pied dans les principales offres politiques... et se défie beaucoup des grands partis, à juste titre puisque voilà 30 ans qu'ils assurent une seule et même politique. Voilà bien longtemps qu''il n'(y a plus eu de changement de cap, de renouveau en politique.
C'est pourquoi j'ai cherché chez les "petits candidats" et que je me suis intéressé en particulier à Corinne LEPAGE : son offre répond à mes attentes, son parcours n'est pas celui d'un politique mais d'une professionnelle du droit, battante etintègre... Bref, elle a des arguments et apporte de l'air frais dans un paysage politique vieilli et moribond.

gilles 17/05/2006 18:07


analyse critique des futurs programmes



Les programmes des differents partis, même avec difficultés seront prochainement proposés à la sagacité des futurs électeurs.Si tous les candidats s'accordent sur une nécessaire rupture avec le passé récent, si les objectifs seront les mêmes,les méthodes qui seront proposées devront être analysées avec une grille de lecture pragmatique. demain "on ne rasera pas gratuitement" ce sera donc sur la ou les méthodes de l'adaptation de notre pays que les électeurs devront fonder leurs choix en 2007 au risque de grandes incompréhensions.ci jointe une fiche publiée en décembre qui semble toujours d'actualité
 
analyse critique des futurs programmes  fiche de décembre 2005

brigetoun 17/05/2006 14:52

et j'sais pas mais j'ai comme l'impression que ça ne va pas s'arranger