Il y a un an, le 29 mai 2005

Publié le par verel

Le « non » à la constitution européenne l’emportait largement dans les urnes. D’autres en ont parlé. Les raisons de ce résultat, qui allait à l’encontre des élites médiatiques et politiques comme du sentiment pro européen majoritaire chez les Français, sont évidemment multiples. J’en retiendrais deux :

 

            La première, c’est que le  sujet ne se prêtait vraiment pas à un référendum : en l’absence d’un sujet donnant le sens global du référendum (comme le passage à la monnaie unique pour Maastricht), le non pouvait regrouper des électeurs aux convictions multiples, y compris les plus farfelues (le oui va déboucher sur la suppression du SMIC, de l’avortement ou rétablir la peine de mort…)

 

            La seconde est l’opinion très majoritairement négative qu’ont les électeurs de leur classe politique. Faute de compréhension d’un texte multi sujets, le oui aurait pu être un vote de confiance. Or celle-ci était manifestement insuffisante.

 

Il est peu de dire qu’elle ne s’est pas accrue depuis, quand 69% des français ne font confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner !

 

Et ce ne sont pas les gesticulations du premier ministre à propos de la Sogerma, justement dénoncées par François Chérèque et D S K qui vont y changer quelque chose !

 

On dirait a contraire que les responsables politiques prennent un malin plaisir à justifier et renforcer le mauvaise opinion qu’ont d’eux les Français.

 

L’affaire de l’amnistie de Guy Drut par Jacques Chirac (voir les commentaires ici, et ici,  en fait un peu partout si on en juge sur les trackbacks du blog d’Eolas) sera sans doute vite oubliée, à l’image de l’importance du personnage. Elle ne fait pourtant que renforcer l’exaspération justifiée de nos concitoyens envers le comportement de leurs élus.

 

Sans aller jusqu’à de telles extrémités, la manière dont les candidats à la candidature du PS se disputent donne (peut être à, tort ?), le sentiment que les logiques personnelles viennent largement avant le débat d’idées. Encore que peu doivent comprendre quelle serait la politique appliquée par le candidat du PS en cas de victoire : celle qu’il a défendu pour marquer sa différence, le résultat de la synthèse du Mans ou le programme qu’élabore actuellement Emmanuelli avec quelques autres éléphants ? Sans doute tout à fait autre chose j’imagine !

 

Pendant ce temps, Le Pen attend

 

Et pendant ce temps, notre pays s’enfonce tout doucement dans la crise, confirmant le diagnostic de « combustion lente » porté par Christian Blanc il y a cinq ans.

 

D’après le rapport Pébereau, entre 1995 et 2004, seuls parmi les 15, la Grèce, l’Allemagne et la France ont augmenté leur dette (en% du PIB). Coïncidence, ce sont aussi les 3 pays qui ont le taux de chômage le plus élevé en 2005.

 

Il semble que l’Allemagne et maintenant la Grèce aient pris le taureau par les cornes

 

Nous risquons d’être très isolés demain.

Publié dans Politique

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Daumont Jean 29/05/2006 15:45

  Il ne faut pas désespérer des Français, ni de l'Europe... Permettez-moi de vous convier à lire mon article en cet anniversaire du refus français du Trait Constitutionnel...