Energies2007, c'est parti!

Publié le par verel

Versac a déjà donné une description du meeting de lancement du mouvement de Christian Blanc, jeudi, avec un postcast pour se sentir vraiment dans l’ambiance.

L’organisation logistique m’a paru au point. Les organisateurs ont d’abord rempli complètement la salle puis ouvert l’accès à une aile sur le coté gauche, ce qui permis aux retardataires de trouver des places sans gêner tout le monde. Au final, la salle (600 places ?) était à peu près pleine, il restait une cinquantaine de places vides sur le coté. La salle était bien mélangée en classes d’âge mais très masculine. Les organisateurs m’ont dit avoir eu 30% de femmes dans les adhésions ce soir là, mais il me semble qu’il y en avait moins dans la salle.

Je ne connaissais pas Gérard Tobelem. Il a développé les thèmes de la recherche avec un esprit entrepreneurial qu’on n’attendait pas d’un homme de son profil.

Comme Versac, j’ai beaucoup apprécié François Dupuy. Je l’ai déjà entendu sur la réforme de l’Etat ou à propos de son livre « la fatigue des élites », et à chaque fois c’est un plaisir en raison de ses qualités pédagogiques et de sa capacité à nous faire découvrir des phénomènes fondamentaux de notre réalité et d’en révéler les causes. Noter qu’aujourd’hui 64% des jeunes fonctionnaires ont été recrutés par concours sur un poste nettement en dessous de leur niveau de formation initiale illustre parfaitement les sentiments de déclassements d’une partie des fonctionnaires et donne par ailleurs un éclairage utile sur la réaction des étudiants face au CPE.

Christian Blanc a parlé longuement (sans doute un peu trop). Le premier tiers a été particulièrement intéressant, et la salle extrêmement attentive à ce moment là. Il faudra aller voir le compte rendu exhaustif sur le site d’Energies 2007 dès qu’il sera publié. Pour ma part, je retiendrais trois impressions fortes

1)      Christian Blanc se place résolument dans une perspective à long terme. On pouvait déjà le sentir dans son livre « la croissance ou le chaos » où il proposait de mettre en place les conditions de la croissance pour les 20 prochaines années. On l’a aussi entendu jeudi sur de nombreux points. Je n’en retiendrais qu’un seul : il estime qu’il y a un risque majeur à 20 ou 30 ans entre les deux futurs grandes puissances que seront la Chine et les USA (l’Inde et le Brésil venant derrière). Il considère que seule l’Europe aura la capacité, si elle est forte, de jouer les médiateurs, pour avoir appris sur son propre sol les conséquences des grands conflits. Cette vision à long terme s’appuie sur des analyses qui ne le sont pas moins, comme l’observation de la longue montée de l’abstention et de l’extrémisme aux élections. Cette obsession du long terme pourrait être ridicule. Elle est rendue crédible par le passé de l’individu qui a effectivement durablement marqué là où il est passé, en Nouvelle Calédonie, à la RATP ou à Air France

2)      Christian Blanc se veut porteur de l’intérêt général. Cette volonté l’amène à proposer de sortir du clientélisme et les réformes de fond peuvent l’amener à remettre en cause des situations acquises. Mais cela se fait toujours dans le respect des personnes. On le voit depuis longtemps en ce qui concerne les fonctionnaires. Comme l’a rappelé François Dupuy, il ne s’agit pas de s’attaquer aux fonctionnaires mais au système dont ils sont eux aussi les victimes. On l’a entendu jeudi à propos de l’ENA : les énarques sont généralement des gens brillants et de qualité, mais il n’est pas normal que les derniers gouvernements de gauche et de droite en comprennent chacun environ 45% ! On l’a entendu aussi à propos des syndicats. Si une partie de la salle a réagi positivement à la volonté de passe outre les syndicats qui n’auront pas voulu accepter les réformes, elle a, je l’espère, bien compris qu’il s’agit d’une action ultime, après une période de concertation approfondie, quand il s’agit pour la direction d’un pays de prendre ses responsabilités.

3)      Christian Blanc récuse la posture consistant à multiplier les propositions dans un catalogue destiné à traiter tous les problèmes, de plus petit au plus grand, et ainsi à faire plaisir à toutes les clientèles possibles. Il estime au contraire qu’il faut porter l’action sur quelques axes essentiels (il en a présenté 3 en l’occurrence, la réforme de l’Etat, le développement économique et le renouvellement de la démocratie). Il pense en effet, qu’il y a des points structurants sans lesquels les autres actions ne pourront donner leur mesure. C’est la question du modèle économique et de développement quand il s’agit des questions liées à l’emploi, de la réforme de l’Etat pour la dette et le financement à venir de la protection sociale. Cela déçoit certains de mes amis qui aimeraient traiter de nombreux autres sujets mais cela me parait au contraire bien adapté à la situation actuelle de notre pays : il est urgent de s’occuper de ces quelques dossiers prioritaires et c’est seulement ensuite que les autres pourront être traités correctement, que les actions menées dans ces autres domaines pourront être efficaces.

Vision à long terme, priorité à l’intérêt général, propositions réduites aux thèmes stratégiques, c’était bien un discours de président (du moins de ceux qu’on aimerait avoir, pas ceux dont la priorité est de sauver les copains). L’ancien président d’Air France et de la RATP n’a pas écarté cette hypothèse mais il l’a reportée à plus tard, vers la fin de l’année.

 

Publié dans Politique

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verel 05/06/2006 16:52

Je suppose que votre commentaire concernait l'article "le niveau monte" Merveilles et mystères de l'informatique!
La question du redoublement est typique des questions abordées de manières partielle (quand ce n'est pas partiale évidemment). Actuellement, il semble que certains professeurs de collège préférent  se débarasser le plus vite possible d'un élève à problème en évitant de le faire redoubler
On cite les réussites obtenues à l'étranger en évitant les redoublements en primaire, mais on se garde bien d'adopter les méthodes (accompagnement individuel notamment dans le cas de la Finlande) utilisées en parallèle

Daumont Jean 05/06/2006 15:39

Vous avez dit : Niveau  ?
   Il est déjà difficile de trouver des critères objectifs pour déterminer des "niveaux" dans un groupe d'élèves donné (ex: classe, âge, etc)... A fortiori, il est stupide de comparer les "niveaux" entre les générations, alors que les élèves ne vivent pas dans le même contexte... Comment comparer par exemple les "niveaux" en 6ème des années 60  et des années 2000, alors que, dans le 1er cas, il y avait un examen d'entrée et  que, dans le 2nd cas, les élèves passent  "à l'ancienneté", même s'ils ne maîtrisent pas le français et le calcul...