Vive le foot!

Publié le par verel

Si par hasard extraordinaire bonheur, la France bat le Brésil ce samedi, les supporters des bleus ne seront pas les seuls à se réjouir.TF1 qui a déjà battu tous les records d’audience à l’occasion de France Espagne pourra être assuré d’une audience formidable pour les prochains matchs, y compris probablement ceux dans lesquels notre équipe nationale ne sera pas présente. Un distributeur de télévision avait d’ailleurs prévu de lancer par Internet un mailing pour vanter ses grands écrans dès la fin du match contre le Togo.

 

Les entreprises qui espèrent un surcroît de ventes à  l’occasion de la coupe du monde (les sponsors notamment), ne sont pas les seules à profiter de l’événement. La plupart de ceux que nous voyons évoluer sur la pelouse ont des revenus de millionnaires.

 

Un classement publié par le magazine américain Sports Illustrated et repris par Le Monde, classe le footballeur David Beckam à la 6ème place des sportifs les mieux payés au monde, avec 24.1 millions de revenus annuels. Le sportif classé en premier est Tiger Woods, avec 69,5 millions d’euro de revenus annuel. Seuls autres footballeurs parmi les 30 premiers du classement :Ronaldo et Zidane . Ce dernier trouve 44% de ses 14. 6 millions de revenus annuels grâce aux contrats publicitaires.

 

Dans un entretien avec le Monde, Mgr Barbarin, cardinal de Lyon, s’élevait jeudi contre les rémunérations incroyables des patrons. On lisait en dessous de cet entretien que la rémunération moyenne des patrons allemands des 30 plus grosses sociétés cotées en bourse était de 3 754 millions d’euros annuels (stock options incluses).Le Monde notait dans son numéro du 20 juin que la polémique montait aussi aux Etats-Unis contre l’avidité des dirigeants dont la rémunération représentait 170 fois celle du salarié moyen,contre 40 en 1970

 

Pourquoi cette hausse des rémunérations des patrons et des sportifs les mieux payés ?

 

Et pourquoi ce qui fait scandale pour les uns ne le fait pas pour les autres ?

 

Les hausses des rémunérations que l’on constate  dans le monde des spectacles (voir les chanteurs ou les vedettes de cinéma) ont une cause assez simple : il s’agit de produits dont le coût initial est assez élevé mais dont le coût marginal est par contre assez faible. On le voit aussi bien pour les livres que pour les films : quel que soit le tirage ou la fréquentation, il y a un coût de départ élevé. Par contre un lecteur ou un spectateur supplémentaire, c’est une recette supplémentaire largement supérieure à la dépense supplémentaire. Résultat, un livre qui se vend mal, c’est un déficit assuré, un livre qui se vend bien, c’est au contraire un beau bénéfice. Si un auteur est capable par son seul nom d’assurer un bon tirage, il est possible de la payer cher, puisqu’il permettra d’assurer des recettes importantes. Ce qui vaut pour les auteurs de livre vaut pour les chanteurs, les vedettes de cinéma ou les joueurs de foot.

 

Les patrons son aujourd’hui dans une situation semblable. Il est possible de montrer que certains grands patrons ont permis la réussite de leur entreprise. On pense par exemple en France aux patrons de l’automobile. Et de plus en plus d‘entreprises sont dans des situations de coût marginal faible. L’exemple le plus évident est bien sûr Microsoft. Mais il n’est pas étonnant de constater que le patron qui était le mieux payé il y a quelques années était celui de Walt Disney, entreprise de spectacles s’il en est.

 

L’influence des vedettes sur le résultat financier s’est traduit par une augmentation forte des écarts entre la moyenne des professionnels et ceux considérés comme les meilleurs. C’est la cas chez les écrivains, les footballeurs ou les acteurs de cinéma, c’est le cas chez les cadres dirigeants.

 

Si la qualité de la vedette ou du grand patron fait la différence, il n’est pas toujours possible de mesurer cette qualité. Pour un écrivain ou un chanteur, c’est facile, il suffit de compter les exemplaires vendus. Encore que cela soit facile après coup, mais comment détecter ceux qui vendront beaucoup ? Pour les acteurs, c’est déjà plus difficile, même si on sait par exemple q’un film avec Depardieu ou  Deneuve a plus de spectateurs, mais comment évaluer l’influence de chaque vedette quand il y en a plusieurs sur un film.?

 

La question est évidemment la même pour les patrons. D’où l’invention des stocks options, qui permet de faire cette évaluation par le cours de bourse, et, ce que les commentateurs ne relèvent que très rarement, de faire payer la rémunération par les actionnaires.

 

Mais, si on peut comprendre les rémunérations élevées pour patrons efficaces, les goldens parachutes, pour les patrons les moins bons, passent plus difficilement : le cas de l’ancien patron d’ELF en est un parfait exemple.

 

On trouve pourtant un phénomène identique pour les entraîneurs. Il est admis qu’ils ont un impact important sur les résultats d’une équipe. Dans le même temps, il en est beaucoup qui ne terminent pas la saison. La raison en est simple : dans un championnat, pour qu’il y ait des vainqueurs et des premiers, il faut évidemment qu’il y ait aussi des vaincus et des derniers. Donc les entraîneurs se font virer et peuvent ensuite se retrouver quelques temps sur la touche, bien qu’ils soient forcément meilleurs que les entraîneurs de 3ème ou 4ème division.. Et leurs contrats de travail sont évidemment conçus en conséquence. Ceux qui connaissent les pratiques des entreprises savent d’ailleurs que ce sont ceux dont on veut se débarrasser pour leur médiocrité qui ponctuellement du moins, sont favorisés.

 

Reste que les français sont près à pardonner leurs hauts salaires à leurs vedettes préférées. Parce qu’ils en entendent généralement parler à l’occasion d’événements qui leur apportent de la satisfaction.

 

Alors que les médias généralistes parlent des patrons à l’occasion de phénomènes beaucoup plus déplaisants, en particulier les plans de licenciement. Combien de Français connaissent le nom de patrons d’entreprises en croissance régulière comme l’Oréal ou Hermès ?

Publié dans Economie

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brigetoun 30/06/2006 23:12

je ne suis pas sure que les suporters ne soient pas scandalisés par les revenus des vedettes, cela ressort de leur subconscient quand, mécontents, ils les injurient

verel 30/06/2006 17:58

L'affaire Zacharias prouve pour moi que les choses commencente à bouger et que les patrons pourront de moins en moins dorénavant décider n'importe quoi sur leur propre rémunération. Les petits actionnaires et leurs représentants avaient commencé à agir dans ce sens, là ce sont plutôt des grands qui ont agi
Maintenant, il ne faut pas croire qu'on ait en réserve une kyrielle de cadres dirigeants capables d'être des grands patrons
Mais on pourrait aussi trouver dans le foot des exemples de joueurs qui ont été un moment sur évalués. N'y avait il pas un jeune joueur qui n'a pas été gardé en équipe de France et qui a pourtant fait l'objet de transfert d'un montand fabuelux?

Sindelaar 30/06/2006 12:57

Et si la différence de réaction du public face aux revenus des sportifs et des patrons s'expliquait par une bonne connaissance des mécanismes de marché?Zidane est en effet payé au prix fixé par le marché : si le Real Madrid ne lui offre pas autant, il ira jouer à Chelsea ou au Milan AC. Et il en résultera une perte pour le Real (sportive, bien sur, mais aussi financière car l'investiissemnet "Zidane" est très rentable pour ce club)A l'inverse le salaire de Zacharias n'a rien a voir avec un quelconque équilibre entre l'offre et la demande. A qui fera-t-on croire que les entreprise du monde entier s'arrachent ses talents à coup de millions? Si le comité de rémunération de Vinci avait fixé son salaire 50% moins cher, serait-il parti ailleurs? Bien sur que non!Mieux, personne ne conteste que le talent de Zidane est exceptionnel: le joueur de 2e division qui proclamerait qu'il est plus fort que Zizou et qu'il est d'accord pour le remplacer avec un salaire inférieur de 50% serait unanimement considéré comme un brave cinglé. Peut-on en dire autant pour notre ami Zacharias? Surement pas! Des patrons d'entreprises plus modestes ou des cadres supérieurs crédibles pour diriger Vinci, il y en a des centaines. Et tous accepteraient sans aucun doute une rémunération très inférieure à celle de Zacharias.Conclusion logique: bien qu'indécents, les salaires des stars du sport se justifient mieux que ceux de certains patrons. On remarque d'ailleurs que quand une équipe de foot joue mal le premier réflexe de ses supporters est de dénoncer des joueurs "trop payés", rejoignant ainsi les critiques de ces patrons qui touchent des primes hallucinantes en récompense de leurs échecs.Conclusion personnelle: et si les Français, contrairement à leurs pseudo-élites, étaient des libéraux sans le savoir?