Confédération étudiante

Publié le par verel

J’ai reçu il y a quelques jours le numéro de Syndicalisme Hebdo qui rend compte du 46ème congrès de la CFDT. J’y reviendrais sans doute. Lors de ce congrès, Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante () est venue présenter l’action de son syndicat.

 

J’avais vu la première fois cette jeune femme lors du meeting organisé par Générations Europe huit jours avant le référendum. Manifestement la dame a de la personnalité.

 

La Cé, scission de l’UNEF soutenue par la CFDT, a fait parler d’elle en soutenant la réforme LMD  et la Constitution Européenne  puis en s’opposant au CPE. Dans cette dernière action, elle s’est opposée aux tentatives d’élargissement du sujet tentées par les gauchistes de la coordination nationale et aux décisions de blocage décidées par des minorités.

 

L’intervention de Julie Coudry au congrès de la CFDT définit bien sa conception du rôle du syndicat, très proche d celui de la CFDT. Elle s’oppose aux organisations corporatistes d’une part, aux officines partisanes (comprenez l’UNEF) d’autre part :

 

« L’UNEF, syndicat majoritaire, était et demeure enfermé dans une logique de contestation radicale de toutes les réformes. Répondant à une stratégie partisane, ses militants en sont réduits au rôle de courroie de transmission de ligne définie en dehors du milieu étudiant. Elle n’obtient aucun résultat concret. Ses pratiques détruisent la citoyenneté en germe chez les étudiants. »

 

Plus loin elle rajoute :

 

« Dans l’Education Nationale, nous sommes face à des organisations majoritaires qui réussissent le tour de force de co-gérer le système, de le dénoncer en permanence tout en bloquant toute tentative de réforme. »

 

Elle recherche au contraitre

 

« un syndicalisme qui affirme sa autonome de d’émancipation des personnes et de transformation progressive de la société, sans préalable politique, sans s’en remettre à la médiation des forces politiques. »

L'autonomie de la sphère syndicale et de la sphère politique est affichée comme une des valeurs de la Cé 

On retrouve effectivement dans ce discours le positionnement de la CFDT, récusant la conception léniniste du syndicat courroie de transmission du parti. La tradition sociale démocrate fait souvent du parti un produit des syndicats (comme le Labour Party était le produit des Trades Unions) mais chacun a fini par prendre son autonomie. La Cfdt a peut être été tentée un temps par ce modèle mais l’a abandonné pour une revendication d’autonomie.

 

On trouvera ici plus d’infos sur cette Cé qui revendique 4 000 adhérents ainsi qu’un compte rendu de son université d’été ici

Je souhaite bon développement à ce syndicat!

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autourdesmatins 07/08/2006 10:54

@ fabien,
Je suis ok avec toi sur le fait qu'une recherche d'accord ne veut pas dire un accord sur tout et toujours. Reste qu'il ne faut pas être dupe des logiques de boutiques qui nous menacent tous.
Au delà de cette première évidence, tu verras dans l'échange que j'avais eu avec Verel sur ce sujet que je parlais de "réfléchir ensemble" et que ce point là très précisément lui a semblé obscur.
Un Danois trouverait tout à fait naturel de "réfléchir ensemble". Penser la chose publique peut se faire à plusieurs, la réflexion, ce retour vers soi n'exclue pas que le soi soit collectif. En France, c'est difficile. Le modèle intellectuel de Verel, tu peux le constater en relisant, c'est : je pense de mon côté, écris une note et renvoie toutes les objections, une à une, c'est son idée du débat d'idées; ses amis vont plus loin : ils haïssent jusqu'à l'idée d'objection, et c'est bien normal dans un modèle pareil. Tout cela tu peux le vérifier dans ces archives.
Ce modèle intellectuel, je crois qu'il est devenu mauvais, aussi périmé que "l'avant garde du prolétariat " quand tout le monde lit, est informé, voyage, etc. Je pense que c'est la même fin d'une ossature de la pensée publique.
T'ai-je éclairé sur ma manière de voir ? Qu'en penses-tu ?

Fabien 06/08/2006 18:36

Autourdesmatins,Débattre, c'est possible. Chercher le consensus aussi. Encore faut-il être 2 dans ce cas.Après, par exemple sur les Retraites, il peut y avoir des conceptions différentes qui n'aboutissent pas au même combat.Encore une fois, sur le CPE on a vu unef/Cé/Cgdt/Cfdt ensemble dans les manifs. Même si nos conceptions divergent sur d'autres points.

flo 04/08/2006 20:10

    Salut,    J'ai lu avec intéret l'article de Verel, je ne sais pas pourquoi...et j'ai lu avec amusement les propos de "autour des matins" (une personne ou un site?).    Je pense que ce dernier à raison, sur le fait personnel : "Ce 'regardez comme je suis différent' interdit pour une part le 'écoutez ce que j'ai à dire'." Car, à sa place je n'écouterai certainement pas quelqu'un qui m'est différent. Mais sous entendrai-je que je suis fasciste ???    En tout cas à la Cé se n'est pas vraiment ça. Nous étudiants ayant rejoint la Cé nous avons plus qu'écouté pendant de très nombreuses années étudiantes les propos des soit-disant syndicalistes étudiants.    Si vous aussi en tant qu'étudiant vous en avez assez d'entendre qu'un seul type de discours, la Cé éxiste pour que vous puissiez donner de la voix. Cela ne sera pas forcément évidant, et certains auront certainement envie de vous priver, "interdir" la parole.    A+, flo, militant Cé

Verel 17/07/2006 20:06

A Fabien: c'est pour que les syndicats prennent leur responsabilité plutôt que d'adopter les attitudes que vous décrivez qu'il faut absolument renforcer le système du vote majoritaire
A autour des matins
Réfléchir ensemble? Je ne sais pa bien ce que vous mettez derrière cela? Débattre, oui, ce qui signifie qu'on écoute et qu'on essaie de comprendre les arguments des autres, qu'on essaie d'expliquer si on n'a pas été clair, qu'on réponde si on le souhaites par d'autres arguments, pas forcément qu'on doit être d'accord
En ce qui concerne les chômeurs, j'aurais envie de vous retourner la question: pourquoi les résultats français sont ils si mauvais au sein de l'Europe des 15?
Les propositions de C Blanc consiste justement à proposer de mettre en place ce qui marche bien chez les autres!

autourdesmatins 17/07/2006 09:56

Merci de ces précisions, Fabien.
à Verel : je ne suis évidemment pas le porte-parole de la CGT et de l'UNEF, mais un citoyen qui réagit à votre discours. Ce dernier me semble marqué par une logique plus de positionnement, d'affirmation identitaire (CFDT, Blanc, etc) que de réflexion commune.
Réfléchir ensemble exige que vous réflechissiez aussi.
A combien de chômeurs et de drames estimerez vous que vous aussi, nous aussi, devons interroger notre manière de réfléchir ? Si nous en sommes là, c'est que nous n'avons pas su et donc que nous devons repenser les choses.

Fabien 17/07/2006 07:38

La CGT fait bien partie de la CES... on se demande pourquoi parfois. Le conflit sur le TCE au sein de l'organisation a été aussi l'occasion de reposer le débat.Sur la stratégie de Lisbonne, l'Unef soutient l'harmonisation européenne des diplômes officiellement... mais n'hésite pas à demander dans ses tracts le retrait de la réforme !Ah oui, c'ets vrai, ils sont "exigeants".Comme d'habitude le comportement de rentier est là : on est dans le système, on en vit, on lui crache dessus, mais on ne veut surtout pas qu'il bouge.

Verel 16/07/2006 20:31

Je suis heureux d'apprendre que la CGT et l'UNEF sont pour la stratégie de Lisbonne et le rédéploiement de l'Etat J'avais parfois l'impression que le positionnement de l'UNEF consistait surtout à refuser tout changement quel qu'il soit (par ex la réforme LMD qui permet une cohérence des diplômes européens) et à ne savoir que demander des moyens supplémentaires. Il est vrai que je suis ces choses de très très loin

autourdesmatins 16/07/2006 10:03

Puis-je vous rappeller que le conflit n'est pas entre la CFDT et la CGT, ou entre l'UNEF et la Cé,
mais entre le capital et les salariés,
entre un pays riche qui refuse l'esprit de Lisbonne et des étudiants qui demandent des moyen,
entre le dépècement de l'Etat et son redéploiement,.
Bref que le confilit porte non pas sur la vieille querelle française, gauche contre gauche, mais sur l'actualité d'une régression à l'oeuvre ?

Fabien 16/07/2006 02:28

En tous les cas, la progression de la Cé est fulgurante.Aujourd'hui les étudiants ont vraiment le choix entre deux types de syndicalisme.L'Unef a encore des bons scores avec son discours de plus ne plus radical : mais on le voit avec le rapport Wauqiez, être toujours contre ne sert pas à grand chose.Cela nous donne l'impression que lorsqu'on gagne, on perd quand même puisque cela ne sera jamais assez.Bref, comme la CGT...

Max Weber 12/07/2006 14:07

Qu'on s'étonne que les étudiants refusent de s'engager quand on voit combien que l'UNEF et l'UNI leur apparaissent avant tout comme les officines de grands partis : pour eux, un syndicat sert avant tout à manipuler les étudiants pour défendre des intérêts exterieurs à l'université.
Mais ces syndicats n'ont pas simplement pour effet de dégoûter pour longtemps les étudiants de la politique, elle les rend aussi tout à fait méfiant vis-à-vis des associations, ce qui est encore plus grave. C'est un grand malheur que de constater combien la vie associative est pauvre à l'université, et je crois que cela tient pour beaucoup à la confusion des genres que l'UNEF et l'UNI se sont ingéniés à introduire entre syndicat/parti/association. Ce mélange des genres est honteux.
Il serait grand temps de faire le ménage, et je ne peux que me féliciter de l'émergence de la Cé dont j'ai par ailleurs tout à fait la posture parfaitement raisonnable lors des manifestations contre le CPE (sommairement : la précarité est inévitable, mais elle ne doit pas être réservée aux jeunes). Il faut purement et simplement chasser les officines de partis politiques de l'Université.