Le loup et le berger

Publié le par verel

Je ne vais pas vous parler de la fable de La Fontaine, mais d’un documentaire que j’ai vu lundi à la télévision. Ce documentaire expliquait les problèmes que pose à des bergers la présence du loup. Je précise qu’il m’a donné l’impression d’être plutôt du coté des bergers que de ceux qui veulent protéger le loup.

 

Depuis une vingtaine d’années que sa chasse est interdite en Europe, le loup est revenu dans notre pays, venant d’Italie. Comme l’expliquait un biologiste, le loup s’adapte à son environnement et prend la nourriture la  plus facilement disponible. N’étant plus chassé, il voit sa population croître d’environ 20% par an. Il est déjà présent dans 7 départements français, et à ce train là, on ne voit pas pourquoi il ne serait pas un jour partout, vue sa capacité d’adaptation. Dans les Alpes, la nourriture la plus simple est le mouton. Évidemment cela ne plait guère au berger!

 

On voyait un responsable départemental agricole discuter avec des bergers dans une zone où le loup venait d’arriver, et leur expliquer les mécanismes de dédommagement par mouton blessé ou tué, mécanismes qui prévoyaient aussi des aides à la mise en place de moyens de précaution (murets etc.)

 

Auparavant, on avait vu dans une autre zone où le loup est présent depuis plusieurs années, un couple de bergers et quelques écologistes;

 

Le couple de bergers se plaignait des conséquences de l’arrivée du loup sur leurs moutons et relatait les efforts incessants faits pour les protéger.

 

L’un des écologistes expliquait doctement que la réintroduction du loup allait obliger à changer les comportements et que cela se ferait progressivement.

 

Chacun sait aujourd’hui que la pression énorme que l’homme fait peser sur son environnement se traduit par la disparition d’espèces en grand nombre; certains y voient une menace pour la diversité animale et végétale. C’est en tous les cas une perte certaine. Cette pression ne diminuera réellement que quand l’homme aura réussi à inventer suffisamment de méthodes de vie plus écologiques et à les déployer massivement. Et probablement quand sa population aura diminué, ce qui est en route (l’indice de fécondité de la population mondiale  est passé sous le seuil de renouvellement) mais prendra du temps. En attendant, il est important d’éviter les événements irrémédiables. Pour certaines espèces, le zoo est aujourd’hui la seule chance de survie, ce qui est un comble!

 

Les mesures prises ne manquent pas de m’étonner. Par exemple, la faune aquatique est largement menacée par les volumes de pêche. Mais c’est l’avenir de la pêche elle-même qui est menacé, donc l’avenir même de la profession de pêcheur. Pourtant, on a le sentiment de ne pas être capable de prendre collectivement les mesures adaptées. Dans ce cas, je suis le raisonnement de notre écologiste: il faut changer nos comportements, en l’occurrence on n’a le choix que de la date!

 

Par contre, pourquoi faut il laisser le loup s’étendre indéfiniment dans nos départements? Là, c’est bien le contraire qui va arriver: un jour il arrivera dans des zones un peu plus urbaines, et le point de vue des citoyens va basculer. Y compris celui de certains écologistes d’aujourd’hui.

 

L’exemple de l’ours me parait encore plus caricatural. Je comprends ceux qui veulent sauver sa présence là où il n’a pas disparu. Mais pourquoi vouloir le réintroduire à grand frais dans les Pyrénées?

 

Pour en revenir à mon documentaire, on voyait à un moment la rencontre entre le berger et nos écologistes. Le berger était très en colère et menaçait de son bâton les promeneurs. L’une d’entre eux lui demandait pourquoi il agissait ainsi en disant « on ne vous a rien fait »

 

Cette phrase m’a rappelé une célèbre sur le fait d’être « responsable mais non coupable » .En l’occurrence notre écologiste n’assumait pas sa responsabilité: elle était là pour garantir la mise en œuvre d’un processus dont l’un de ses amis disait qu’il obligeait à un changement des comportements. Personne n’avait obligé cette dame à venir là pour cela. Elle pouvait défendre la justesse de son combat. Mais pas nier la responsabilité qu’elle avait ainsi prise.

 

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