La croissance: une bonne nouvelle?

Publié le par verel

L’INSEE a confirmé le 22 août la nouvelle annoncée par Thierry Breton le 11 août: l’économie française a connu une croissance de 1.1% au deuxième trimestre. Cette croissance repose sur une progression de la consommation ((+O.7%, contre 0.9% au premier trimestre), des exportations (+1.8% contre +3.4%) et des investissements (+1.5% contre 0%). Cette composition est donc plutôt plus favorable qu’au premier trimestre, la croissance de l’investissement étant un bon présage pour l’avenir.

 

La France rejoint ainsi la croissance mondiale, au moment où celle-ci risque de ralentir, en même temps que la moyenne de l’Europe, qui bénéficie des bons résultats de notre pays et de notre voisin germanique.

 

Est-ce une bonne nouvelle?

 

Pour l’emploi, oui: le ministre des finances espère la création de 200 000 emplois pour l’année 2OO6, et rien n’interdit d’espérer que le mouvement se poursuive ensuite. Ceci dit, la population en âge de travailler augmentant à peu près du même montant, le taux d’activité ne progressera que très légèrement.

 

Pour le pouvoir d’achat, probablement aussi, du moins de manière globale, l’augmentation du revenu se répartissant entre les anciens et les nouveaux travailleurs et les bénéficiaires des transferts sociaux, en particulier les retraités.

 

Pour la droite aussi: il y a historiquement un lien étroit entre la popularité d’un gouvernement et les résultats économiques à court terme. Une embellie économique profitera aux candidats de la majorité, à la présidentielle (à priori N Sarkozy) et aux législatives.

 

Pour la croissance ultérieure, c’est moins sûr. La comparaison avec l’Allemagne est à cet égard édifiante. Ce pays qui a obtenu une croissance de 0.9% au second semestre, soit 0.2% de moins que la France, a vu ses investissements augmenter de 4.6%. En comparaison, dans le domaine des investissements, vital pour l’avenir à long terme, la France n’a toujours pas passé la vitesse supérieure.

 

Surtout, est-ce une bonne nouvelle pour la future gestion gouvernementale? Il y a un risque évident que s’appuyant sur des résultats corrects, le nouveau gouvernement aux commandes en 2007, quel qu’il soit, repousse les réformes de structure dont le rapport Pébereau a montré le caractère inéluctable. Déjà, certains pointent les surcroîts de recettes fiscales, non pour se réjouir de la diminution du déficit, mais pour imaginer comment les dépenser, à qui en faire profiter (et on imagine la multitude des candidats). De nombreux politiques sont prêts à nous refaire le coup de, malgré ce qu’en a dit le rapport Pébereau, et ce que devrait nous dire le simple bon sens: si des recettes fiscales plus élevées que prévues nous permettent de diminuer le déficit et de nous éloigner des limites de Maastricht, la raison commande de ne pas les dépenser!

 

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Verel 28/08/2006 22:10

A Richard Hasselmann: Toutes les informations utiles existent, vu le grand nombre de rapports existants. En particulier au Sénat, réputé pour la qualité de ses analyses. Mais la manière dont les élus ont tout fait pour ne pas parler du rapport Pébereau prouve en quelle estime ils considèrent leurs électeurs!

HASSELMANN Richard. 28/08/2006 13:52

Qu'il me soit permis d'ouvrir le débat sur cet article, qui souléve une vraie question.
Quelle crédibilité donner à des indices et informations, dés l'instant ou l'on connaît, comme c'est mon cas, les grandes difficultés rencontrées pour obtenir des données brutes de traitement, détenues ou censées l'être, notamment par le Ministére des Finances.
A cet égard j'invite le lecteur à se rendre sur le site du dit ministére, pour cosntater, qu'un nombre de plus en plus important des rapports d'audit, sont désormais soumis à l'aval préalable de MATIGNON.
Cela rend d'autant plus croustillant le récent article du Sénateur LAMBERT, dans LES ECHOS, qui appelle de ses voeux la création d'une structure d'audit indépendante, sur le modéle US.Le Sénateur, qui avec son collégue BOCKEL,  se sont engouffrés dans le caractère porteur des réfléxions de C.BLANC, serait inspiré, d'user de son pouvoir (haute assemblée oblige), pour exiger transparence et traçabilité. C'est d'autant plus urgent que pour dire la vérité aux français, il faut commencer par là!
Nous sommes quelques"experts" de la société dite civile, qui viendrons, ici ou ailleurs, illustrer toutes ces belles contradictions.
Merci de vos attentions et commentaires;