Jean Martin Folz, PDG du groupe PSA vient d’annoncer qu’il partirait en retraite à 60 ans, soit au début 2007, créant la surprise pour Le Monde et le Figaro.
Mes premières réactions furent doubles :
Enfin un patron capable de ne pas s’accrocher à son pouvoir le plus longtemps possible
Partir en retraite à 60 ans pour un PDG, ce n’est pas donner l’exemple de la nécessaire prolongation de la vie active pour payer les retraites.
Sur ce deuxième point, l’examen de sa carrière montre qu’il est probablement entré à Polytechnique en fin 1966. Cette école, puis l’école des mines qu’il a faite ensuite au sein du corps de mines, rémunérant ses élèves, il doit avoir formellement ses 40 ans de cotisation. Sa présentation sur le site de PSA dit cependant qu’il a commencé sa carrière professionnelle en 1972. Il bénéficie donc d’un système particulier de comptabilisation de sa formation, assez normale pour son passage au corps (l’essentiel de la formation étant constitué de deux stages d’un an, avec des responsabilités importantes), beaucoup moins pour les années à polytechnique. Il est vrai que ses horaires de travail hebdomadaires doivent être tels qu’il aura plus travaillé malgré tout que la plupart des retraités.
A la fin des années 90, une équipe de l’ANACT intervenant chez Peugeot avait montré que les salariés des chaînes de montage étaient atteints en vieillissement par différents troubles liés à leur travail, dont notamment les troubles musculo squelettiques. La conclusion des membres de la direction était qu’il fallait solliciter de nouveau l’Etat pour les mettre en pré retraites par l’intermédiaire de la CATS. Folz, estimant que ce n’était pas une solution durable, décida de l’embauche d’environ 60 ergonomes en 3 ans, pour étudier et aménager les postes de travail, rattrapant ainsi le retard accumulé dans ce domaine vis-à-vis de Renault.
Je reviens au premier point. JM Folz a remplacé J Calvet en octobre 1997, après un an de direction de la branche automobile. Il aura donc dirigé le groupe pendant près de 10 ans. Je suis vraiment convaincu qu’il est sain de passer la main au bout d’un tel laps de temps et je me demande comment ceux qui restent plus longtemps peuvent continuer à être pertinents.
Après de nombreux succès, le patron de Peugeot voit les résultats se dégrader, au point qu’il avait créé un groupe de travail il y a un an pour regarder si sa stratégie était encore pertinente. Il sera évidemment plus facile pour son successeur que pour lui d’adapter ou de revoir complètement cette stratégie si nécessaire.
L’un de mes collègues avaient été dans une « vie antérieure » un des proches collaborateurs de JM Folz et en gardait le souvenir d’un homme profondément humain. Un de mes cousins travaillant chez Peugeot avait eu l’occasion de faire une présentation devant lui et d’autres dirigeants. Il était le moins haut gradé autour de la table mais il avait beaucoup apprécié que son PDG ait fait l’effort de venir le remercier personnellement à la fin de la réunion. Ce sont des choses comme cela qui font qu’un dirigeant, qui par ailleurs fait réussir son entreprise, est apprécié de ses cadres.
J’ai moi-même assisté à une réunion publique où le patron de PSA expliquait son intérêt pour les bio carburants (il faut dire qu’il avait été sucrier….) et comment il avait poussé ses ingénieurs à concevoir un pot catalytique pour le diesel.
On peut ne pas aimer les patrons par principe. Je pense que notre pays aurait besoin d’en avoir plus ayant les qualités de JM Folz.
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