Politiques et confiance

Publié le par verel

Gilles de Robien a lancé à son tour son mouvement, et je me suis retrouvé lundi dernier par les hasards de la vie, à une réunion débat qu’il organisait à la Maison de la Chimie.

 

La réunion s’articulait autour de 11 questions et de l’intervention pour chacune d’entre elles de deux experts (plutôt de qualité) du sujets, proposant des regards contradictoires entre lesquels les spectateurs / participants étaient invités à choisir.

 

Gilles de Robien a ensuite fait l’éloge du dialogue et des groupes de travail. Il a promis la possibilité de discuter sur son blog sur chaque thème abordé. Le fait que cela ne soit pas encore en ligne prouve simplement qu’il n’a pas pillé les ressources de son ministère pour s’en occuper !

 

Cette démarche m’a fait irrésistiblement penser à celle de la presque candidate socialiste, l’une de ses fervents soutiens m’ayant expliqué quelques heures avant la méthode Ségolène, et la politique participative.

 

Les Français n’ont plus confiance dans leur classe politique. Cela se voit au travers de l’abstention ou du vote blanc, élection après élection. Cela se voit dans les sondages. Certains hommes (ou femmes !) politiques ont donc estimé que la reconquête de l’électorat passait par une relation nouvelle avec les citoyens peut être, avec les militants certainement. Si Gilles de Robien reste sur l’estrade, Ségolène semble avoir compris qu’il faut aller au centre de la mêlée, et feint de croire que les français sont des experts avec qui elle peut être de plein pied, pour reprendre l’expression d’Alain de Vulpian.

 

Au-delà de la forme, ce qui rapproche les démarches respectives de Ségolène Royal et Gilles de Robien, c’est l’affirmation d’une confiance envers les citoyens (Ségolène disant même qu’ils sont experts) qui est une façon de vouloir recréer la confiance en donnant l’exemple.

 

Car si les Français n’ont pas confiance dans leurs responsables politiques, ces derniers montrent tous les jours que la réciproque est vraie ! C’est une évidence sur les dossiers économiques ou sociaux. Mais ne peut on pas interpréter la proposition de loi sur le génocide arménien, dans la foulée de la loi Gayssot, comme une marque de défiance ? Pourquoi vouloir interdire certains propos négationnistes, sinon parce qu’on suppose les Français incapables de faire la part des choses ?

 

Malheureusement, il faut constater que le pari de confiance est bien limité, la candidate comme le ministre se gardant bien d’aborder certains dossiers dont ils présument qu’ils pourraient fâcher. Comme la dette ou l’avenir des retraites par exemple !

 

Il faut dire que pour Gilles de Robien, notre société fonctionne plutôt bien. Nicolas Jacquet est venu fustiger les « déclinistes » et le ministre de l’Education a embrayé sur son discours : tout va bien vous dit on ! Sur une base saine, il suffit d’améliorer, et les débats retenus reflètent ce présupposé. Pas un mot sur le chômage, la dette ou la question des retraites. Pas un mot sur les dysfonctionnements de plus en plus grands de l’organisation publique, engluée dans une multitude de niveaux administratifs et de commissions de toutes sortes. Pas un mot sur les inégalités de plus en plus grandes entre zones riches ou pauvres dans une même région. Pas un mot sur la montée des inégalités intergénérationnelles ou sur les déclassements que subissent de plus en plus de jeunes diplômés. Il est vrai qu’il n’est pas le seul à dédaigner ces sujets.

 

En réalité, comme Ségolène Royal, l’ancien député d’Amiens ne nous propose pas de diagnostic de la société française. Dire que les citoyens doivent avoir la parole le conduit à ne pas proposer un projet pour notre pays.

 

L’échec de Lionel Jospin en 2002 aurait dû montrer aux hommes et femmes politiques l’importance de proposer un véritable projet aux électeurs. A entendre les candidats, surtout soucieux de se positionner contre le gouvernement et de ratisser large, il n’a pas été entendu.

 

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Fabien 16/10/2006 07:44

Je trouve que vous avez bien raison Verel sur la question du projet pour un candidat...Ce sera peut-être cela qui fera la différence au final et qui permettra aux électeurs de se décider et d'engager le débat.Je me souviens que plus jeune, nous échangions entre copains quand nous parlions de politique sur les prjets ou les lois, et seulement venait ensuite les avis sur les personnalités.Je me demande si ce n'est pas le contraire aujourd'hui ?

bernard 14/10/2006 14:59

J'en ai plein le bottes de ces discours démagogiques  à défaut dêtre de plain (et non plein ) pied avec notre chère classe politicienne laquelle ne sait plus quoi inventer pour sa survie.

brigetoun 14/10/2006 07:14

Ségolène Royal est elle aussi "douée pour le dialogue" que Robien ?  peut être devraient ils sortir di virtuel et de la délégation