Bravo Claude Allégre

Publié le par verel

L’ancien ministre signe dans le Monde daté de vendredi une tribune où il refuse l’idée d’une vérité incontestable et officielle dans le dossier du désordre climatique et de l’effet de serre et où il réclame le droit au doute scientifique.

 

Sans trahir un papier qu’il faut lire entièrement, le grand géophysicien qu’est Claude Allègre souligne que dans le domaine du désordre climatique et de ses causes, « la science est en pleine ébullition et les découvertes se succèdent ». Alors que les phénomènes paraissent singulièrement complexes, certains veulent faire croire qu’il existe un consensus autour de l’explication qu’ils défendent, et accusent par exemple ceux qui ne pensent pas comme eux d’être à la solde des compagnies pétrolières.

 

La façon dont on a tardé à interdire l’amiante, longtemps après que ses méfaits aient été connus, l’affaire des déchets de mercure à Minamata au début des années 50 ont montré que les intérêts financiers pouvaient aller à l’encontre de la santé des personnes.

 

Ce n’est pas une raison pour justifier les exagérations et le catastrophisme. Quelques exemples récents montrent que des prévisions alarmistes se sont révélées complètement fausses :

 

On se souvient ainsi qu’en 1973 le Club de Rome annonçait des réserves en matières premières épuisées dans des délais de 10 à 30 ans pour la plupart : les faits ont démenti ces prévisions.

 

A la fin des années 1990, les statisticiens anglais prévoyaient une augmentation des victimes annuelles de la maladie de Creutzfeldt Jacob suite à l’épidémie de la vache folle et annonçaient 100 000 morts au total. On est aujourd’hui extrêmement loin de ces chiffres.

 

Dans un domaine voisin, Greenpeace avait fait campagne pour empêcher le mode de destruction d’une plate forme pétrolière par la compagnie Shell qui avait du s’incliner (ce qui lui avait coûté 1.2 milliards), avant que l’association écologiste reconnaisse son erreur.

 

Alors qu’au 19ème siècle la croyance en la science était aveugle, se développe aujourd’hui un certain anti-scientisme. Ce n’est pas en caricaturant puis en imposant des hypothèses politiquement correctes qui pourraient s’avérer erronées, qu’on diminuera la méfiance populaire à l’égard de la science et des « élites ».

Il est vrai que faire preuve de nuances et expliquer que les choses ne sont pas simples n’est pas la tendance spontanée des médias à la plus forte audience ! Mais comment s’étonner ensuite du manque de confiance qu’éprouvent ensuite les citoyens ?

Alors oui, vive le doute scientifique et merci Claude Allègre !

PS, le 28 octobre

N'ayant pas lu les articles précédents de Claude Allégre, je n'avais pas suivi les discussions précédentes. J'invite donc les lecteurs interessés par le sujet précis du désordre climatique à aller voir ici et surtout ici les discussions évoquées par Mathieu.

Mon papier n'a évidemment pas pour objectif de freiner la réflexion sur les phénomènes de réchauffement climatique et les recherches et actions à mener.

Je persiste par contre à trouver que le doute est une vertu scientifique. Pour reprendre des souvenirs anciens qu'ont évoqués pour moi les exemples de C Allégre, j'avais eu en 1972 ou 73  une présentation en cours de géologie de la théorie de la techtonique des plaques et j'avais été frappé de voir le professeur expliquer qu'il estimait cette théorie la plus convaincante mais en présenter 2 ou 3 autres, alors encore en compétition: j'avais découvert ce jour là l'honneteté scientifique

Publié dans Politique

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Farid Taha 02/11/2006 14:20

Parler de "brisage en morceaux menus  menus menus de l'argumentaire." quand on poste sous le pseudo de bof ne peux quappeler des comentaires de qompassion. Je ne commenterais pas le commentaire du commentaire de Libération mais je vous fais une petite confidence: ne pensez vous pas que Plenel ancien du monde qui espère reprendre Libé soit totalement étranger à cette forme de réponse croisée ?

Bof 29/10/2006 11:37

Libération choisit de répondre à Allègre dans ses colonnes plutôt que de demander un droit de réponse :http://www.liberation.fr/actualite/sciences/213670.FR.phpLa démarche me semble compréhensible, étant donné le brisage en morceaux menus  menus menus de l'argumentaire.

Farid Taha 28/10/2006 22:13

On  a tous remarqué que cette histoire de réchauffement climatique n\\\'était qu\\\'une simple invention de néo-bolchéviques rétrogrades visant à freiner la croissance américaine avec des arguments très facilement contestables puisque notre géologue en chef n\\\'a eu aucun soucis pour le faire... l\\\'Amérique glorieuse et reconnaissante saura remercier ce grand climatologue qui ne s\\\'est pas laissé berner par ses cons frères.D\\\'ailleurs qui n\\\'a jamais remarqué qu\\\'on se les gèlait toujours autant le matin dans le métro ? Ce qui prouve "scientifiquement" qu\\\'il n\\\'y a aucun réchauffement climatique.Blague à part !Oui il faut savoir remettre en cause ses idées, les idées reçues et certaines de nos constations qui sont certes vraies mais dont l\\\'explication peut parfois être remise en question de façon radicale par l\\\'avancée de la sciences ...sans que le constat lui même ne soit  modifié. Les plus brillants physiciens n\\\'ont ils pas longtemps pensé qu\\\'on ne pouvait casser les atomes... avant de revenir sur leur opinion ?

Michel Gross 28/10/2006 17:53

J'ai effectivement entendu Allègre évoquer ce sujet lors d'un séminaire conscré à l'histoire du climat. Il nous a expliqué qu'au début de l'histoire de la terre l'atmosphère était constituée à 80% de CO2 et faisait 40 bars. L'effet de  serre était massif et la température à la surface de la terre était proche de 100 °C. Cela n'a pas empéché la vie, puisque que c'est la vie i.e. la synthèse chlorophylienne des algues qui a donné naissance à l'oxygène que nous respirons.
Mais Allègre n'est pas le seul scietifique sérieux que j'ai entendu critiquer le réchauffement climatique et surtout Kyoto.
Il y a sans doute un réchauffement climatique du à l'activité humaine. Il est faible. Quelques degrés.Quelques dizaine de cm de remonté du niveau des océans. En un siècle. Penser que ce réchauffement peut avoir des conséquences desastreuse pour la vie sur terre est une tout autre affaire. La terre en a vu d'autre semble-t-il. Si un tel réchauffement mineur avait des conséquences aussi graves, la vie aurait disparu depuis longtemp et nous ne serions pas là pour en parler.
Quant à Kyoto c'est une belle connerie.  Kyoto est  un engagement politique de réduire les émissions à effet de serre d'ici 2012. C'est une manière de dire que l'on va faire, sans faire, car comme chacun le sait maintenant, cet engagement ne sera pas tenu. Kyoto c'est aussi un système de taxe qui s'il fonctionnait serait d'un coût énorme 100 milliards de dollars par an avec un effet marginal (quelque pour cent) sur le taux attendu de CO2. Rappelons qu'il faut pour éradiquer le Sida 8 millirds par ans (cf dernier forum de Davos et taxe sur les billet d'avions de Chirac). En fait le mécanisme de taxe de Kyoto ne marche pas. Le cours du droit à polluer en emettant une tonne de CO2 à complètement chuté.
La réalité du problème du CO2 est autre. Le taux de CO2 augmente et peut avoir des conséquences néfaste. Mais, de toute façon les combustibles fossiles sont disponibles en quantités limités. Pour lutter contre le CO2 la solution est simple. Laisser faire le marché. Le pétrole sera bientôt à 100 dollars le baril, voir à 200 ou 300. Nous serons tous contraint à économiser l'énergie et à investir dans des énergies renouvelables. Et comme le pétrole sera cher, ce sera rentable de le faire. C'est la voie qu'ont choisi nos amis américains. Ils n'ont pas signé Kyoto mais ils achètent des voitures hybrides moins gourmandes.
Et tant de bétises sont dites sur Kyoto. Lors de Katrina, certains rendaient Bush responsable du cyclone de par son refu de signé Kyoto. Alors que c'est Clinton qui a refusé de signer Kyoto. Clinton et la chambre par 95 contre, 0 pour et 5 abstentions.

Bof 28/10/2006 09:15

Je suppose en effet que se retrouver parmi les deux pour cent de membres de l'académie des sciences à ne pas accepter l'opinion des quatre vingt dix huit pour cent autres sur un domaine dans lequel on admet son ignorance, c'est certainement défendre la vérité.Mais de qui se moque-t-on ?Allègre a été jusqu'à présent épargné pour une seule bonne raison : l'importance du mandarinat dans la recherche publique français fait qu'il a longtemps été dangereux de s'attaquer à un ami d'enfance de Lionel Jospin.  Tel n'est plus le cas désormais.Si Claude Allègre était un véritable scientifique, il saurait que tout bon scientifique incompris dans son pays trouvera toujours un pays et une culture pour étudier ses thèses avec intérêt : mais, las : Claude Allègre nous restera sur les bras.Ceci dit, Verel, je suis d'accord avec vous sur un point : plus on fera de publicité aux propos d'Allègre, plus sa chute sera dure, et plus les autres "experts" du PS réfléchiront avant de doctement professer leurs âneries à la face de l'électorat.

Matthieu 28/10/2006 02:34

je n'ai pas la motivation pour argumenter plus que ca, mais je vous invite à lire le debat en commentaires chez authueil et quelques reflexions  chez moi. De toutes facons, c'est toujours la meme chose, alors les arguments ne changent pas.

Matthieu 28/10/2006 02:29

n'importe quoi. Le fait que Claude Allègre enchaine les contre-vérités, cite des articles scientifiques en les déformant et en inversant leurs conclusions, ne vous dérange pas ? Le fait qu'il compare la vérité scientifique à la démocratie ne vous interpelle pas ? quant aux allusions plus que répétées aux dogmes scientifiques ou à l'influence des lobbys, j'en ai la nausée.

Tom Roud 28/10/2006 00:42

Bonjour,je trouve personnellement que Claude Allègre exagère un peu. Il s\\\'est fait taper sur les doigts par les climatologues pour avoir cité un article de travers alors qu\\\'il n\\\'est pas spécialiste, et plutôt que de faire profil bas, il en rajoute... En ce qui concerne le statut du doute, évidemment qu\\\'il est normal de douter. Mais on ne peut pas non plus invoquer le doute pour le doute, ex nihilo, comme il le fait a posteriori maintenant : c\\\'est par exemple exactement ce que font les partisans de l\\\'Intelligent Design aux Etats-Unis. Le doute doit être fondé ou argumenté scientifiquement; y a-t-il par exemple des données qui contestent vraiment les modèles climatiques utilisés (à l\\\'image du vent d\\\'éther absent qui ne pouvait être expliqué hors de la relativité restreinte)  ? Les changements de paradigme ont lieu lorsque des données sont totalement inexplicables par les modèles utilisés; vu le boucan médiatique autour du réchauffement climatique, je pense que ça se saurait s\\\'il y avait des trucs vraiment inexplicables et Allègre nous les aurait sortis de son chapeau depuis le temps (quels sont les arguments scientifiques de ses scientifiques persécutés qui lui écrivent ?). D\\\'ailleurs c\\\'est ce qu\\\'il avait voulu faire dans sa tribune de l\\\'Express, ce qui prouve bien qu\\\'il est tout à fait conscient de ce qu\\\'est une vraie démarche scientifique guidée par le doute et qu\\\'il est d\\\'autant plus gonflé de venir ensuite nous donner une leçon dans les pages du Monde (doutez  de tout, braves gens, certains finiront bien par avoir raison...).Il est ainsi assez symptomatique qu\\\'il ne cite aucun vrai contre-argument scientifique dans sa tribune mais nous livre en revanche une classique théorie du complot (tiens d\\\'ailleurs les partisans de l\\\'Intelligent Design utilisent exactement les mêmes termes pour dénoncer les fieffés darwinistes qui se sont organisés pour exclure toute recherche "originale"). Par ailleurs, Allègre me semble être un joli spécialiste de l\\\'entourloupe sémantique. Par exemple, les modèles sont entâchés d\\\'incertitude et tout le monde le sait, mais tous prédisent un réchauffement climatique (les fameuses fourchettes tiennent précisément compte des incertitudes des modèles). Autrement dit le doute dans les modèles est sur le quantitatif mais pas sur le qualitatif il me semble.Sinon, vous parlez du club de Rome, un article intéressant sur ce fameux rapport peut-être trouvé sur le site de Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/club_rome.htmlLa partie sur le réchauffement climatique est assez intéressante.Là encore, la prédiction n\\\'est que qualitative, donc on ne peut pas réfuter le modèle tant qu\\\'on n\\\'a pas atteint l\\\'échéance haute (i.e. 2100 !).Sinon, je trouve qu\\\'il est un peu facile de taper sur les modèles prédictifs faux a posteriori, surtout en matière de santé publique où on ne peut pas se permettre de sous-estimer un danger. D\\\'une part parce qu\\\'il y a des modèles effectivement prédictifs dans toutes les sciences, d\\\'autre part, contrairement aux astrologues, les scientifiques se mouillent et ce sont précisément les corrections sur ces modèles faux qui font avancer la science... Et puis comme dirait Jean-Pierre Dupuy, la seule manière réaliste d\\\'éviter la catastrophe est de la considérer comme certaine pour pouvoir prendre les mesures qui s\\\'imposent (par exemple que serait-il arrivé si on avait continué d\\\'utiliser les farines animales ?).Désolé pour la longueur du commentaire, et merci pour votre blog.