Du baby boom au papy krach, la France vieillit en laissant à ses enfants la facture. Les jeunes paieront plus, pour moins de prestations, de formation, de services publics, d’emplois…
Pourtant quand ils protestent, c’est contre les réformes qui allégeraient leur fardeau.
Et si, devenus lucides ils se révoltaient enfin pour de bonnes raisons ?
C’est ce qu’indique le bande titre du blog de Bernard Spitz. C’est aussi un très court mais très bon résumé de son récent livre, qui a mis Koz en rage (ce n’est pas bon avant les vacances !).
J’ai eu le privilège de recevoir gratuitement ce livre, au titre de blogueur, ce qui ne peut que flatter mon ego et me faire croire que je suis un homme d’influence.
Belle économie de 9 euros, car je crois que je l’aurais acheté de toutes manières, par intérêt pour le sujet et respect pour le co auteur avec Roger Fauroux. de deux très bons livres sur la fonction publique et ses réformes.
Koz prend la peine de préciser « pour chasser les préjugés » que Bernard Spitz fut conseiller de Michel Rocard. Si cela signifie que regarder en face la question du vieillissement de la population, c’est être de droite, on est vraiment tombé sur la tête. Il est vrai que quand on lit ce que dit le PS des retraites, on peut se poser des questions. En France la gauche est devenue partisane de l’immobilisme (on appelait cela conservateur dans mon jeune temps)
La bande annonce de B Spitz ayant parfaitement résumé le livre, et celui-ci reprenant un certain nombre d’idées que j’ai déjà développées sur ce blog, je vais citer quelques paragraphes qui résument bien la pensée de l’auteur.
La situation démographique que nous rappelle B Spitz est assez simple
1) L’espérance de vie augmente régulièrement de 3 mois par an depuis 1919. Cela s’est d’abord fait par diminution de la mortalité infantile puis par augmentation de la durée de vie adulte. Depuis 1960, nous avons ainsi gagné 10 ans. N’est ce pas une excellent chose ? Dit un peu autrement, l’espérance de vie après 60 ans est passée entre temps de 10 à 20 ans : elle a doublé ! On voit immédiatement l’impact sur les retraites : il faut en payer deux fois plus ! Et même plus, parce qu’on a en même temps augmenté le montant des retraites. Il est loin le temps ou Pierre Perret pouvait chanter « sa taille est plus mince que la retraite des vieux ». B Spitz note que les retraités qui représentaient la moitié des pauvres il y a 25 ans ont quasiment disparu de cette catégorie.
2) Les conséquences financières de cette situation ont été partiellement occultées parce que les retraités appartenaient jusqu’il y a peu, aux classes d’âge peu nombreuses d’avant la guerre. Cette situation est en train de se renverser. Les classes d’âge qui arrivent à l’âge de 60 ans actuellement sont plus nombreuses de 60% que les précédentes. Donc le coût des retraites toutes choses égales par ailleurs va augmenter à terme d’au moins 60%. En réalité de plus si comme tout semble l’indiquer, l’espérance de vie continue à augmenter.
Face à cette situation compétemment prévisible que nous dit l’auteur ?
Il fallait faire quatre choses :
1) adopter la plus grande prudence en matière de départ à la retraite pour ne pas amplifier le choc démographique tout en assurant des réserves financières en vue du retournement
2) Responsabiliser les acteurs du système de santé pour freiner les dépenses
3) Fluidifier le marché du travail pour éviter que la jeune population active soit amputée d’une partie de chômeurs
4) Investir dans l’éducation et la recherche pour assurer aux jeunes actifs les qualifications nécessaires.
Et l’auteur de conclure : c’est simple, on a fait exactement le contraire.
Et il le développe dans une grande partie du livre. Il y a ainsi quelques pages sur la dette, que je veux recommander en particulier à ceux qui s’obstinent à penser qu’il s’agit là d’un faux problème.
Pour être franc, et sans doute contrairement à Koz, je n’ai pas appris grand-chose dans ces chapitres, parce qu’il s’agit d’un sujet que j’ai longuement étudié ces dernières années, notamment dans un cadre professionnel, ce qui m’amène à en parler assez régulièrement sur ce blogs. Mais j’invite mes lecteurs à lire le livre, car s’est beaucoup mieux expliqué que je ne pourrais le faire.
Plus original pour moi, l’analyse de la manière dont les jeunes se sont « tirés une balle dans le pied » en combattant systématiquement toutes les réformes qui auraient pu aller dans la bonne direction. Là aussi, on lira ces pages avec profit.
A la fin, il appelle donc les jeunes à se révolter et c’est là qu’on se met à douter. Parce qu’ils auront fort à faire :
« quand Michel Rocard, Premier Ministre, a refusé à la fin des années 80 d’exonérer les retraites de le CSG, le lobby des retraités s’est vengé aux élections européennes suivantes, alors qu’il s’agissait d’une mesure de pure justice entre générations. Message reçu ! Ses successeurs n’auront plus ce courage… »
Si les jeunes sont peu assidus à exercer leur droit de vote, leurs anciens ne l’oublient pas, eux !
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