Acteur de sa progression

Publié le par verel

La démocratie et l’économie de marché ont ceci de commun de mettre chacun en situation d’être acteur, soit comme citoyen, soit comme acteur économique. Si la réalité est plus contrastée que la théorie, avec des inégalités de fait, il n’en reste pas moins que c’est le principe de base de chacun des systèmes

Au sein de l’entreprise la réalité est différente puisque le contrat de travail crée un lien de subordination entre patron et salariés. C’est la hiérarchie qui définit le contenu du travail, son organisation, de façon plus ou moins précise suivant le niveau de responsabilités. C’est elle aussi qui définit les contenus de formation, qui décide des évolutions de carrière.

Au sein du système public, cela marche différemment. Chacun peut essayer de passer des concours internes pour progresser. C’est ce qu’a fait un Jacques Delors par exemple au sein de la Banque de France, et beaucoup d’autres à la même époque. Aujourd’hui le système semble s’être enrayé et c’est plutôt de déclassement qu’il faudrait parler avec de nombreux jeunes qui se font embaucher en dessous de leur niveau de formation initiale.

A l’inverse, dans le secteur privé, on commence à entendre des mots comme employabilité. Quand il faut qu’un salarié licencié retrouve du travail, on s’aperçoit que pour y arriver, il faut qu’il soit acteur de sa recherche d’emploi.

C’est un peu à tout cela que je pensais ce week-end en entendant ma fille, prof de SVT, me raconter ce qu’elle faisait avec ses élèves de 6ème. Au début de l’année, elle leur à expliqué la manière dont ils devaient tenir leur classeur. Elle les a prévenus qu’elle les vérifierait une fois par trimestre et qu’elle mettrait une note. Elle leur a donné une petite feuille qu’elle leur a fait coller en première page, avec les critères de notation, point par point. Et elle leur demande, avant de ramasser les cahiers, de se noter grâce aux critères indiqués. Elle vérifie derrière bien sûr, et leur explique s’il y a des différences. Mais avec ce système, elle les aide à se prendre en main, à être acteur de leur formation. Elle a fait des émules puisque plusieurs professeurs des mêmes classes lui ont demandé son papier (les critères choisis ne sont pas propre à la matière, ils ont plutôt trait à la manière de travailler).

Il est vrai qu’il y a deux ans, jeune stagiaire, elle avait demandé à ses élèves de préparer des exposés et elle leur avait également donné les critères de notation.

Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un premier pas vers la voie de l’autonomie.

Je peux l’écrire puisque ma fille ne lit pas mon blog : je trouve ce qu’elle fait très bien !

Publié dans Social

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Charles ANDRE 22/11/2006 11:11

Et si ta fille lisait ton blog, tu te serais abstenu d'écrire tout le bien que tu penses de son initiative?!

Paquita 22/11/2006 10:34

C'est une tres bonne idee,
Parce que les nouveaux, jeunes ou moins jeunes, apportent un autre regard, d'autres manieres de travailler et beaucoup d'enthousiasme, il ne faut pas arreter de recruter. Pour les fonctionnaires comme pour les entreprises privees.
 

Verel 22/11/2006 09:12

A Charles: toute la question est de prendre des critères dit observables
exemple: il était demander de ne pas avoir de feuille volante dans le classeur, meilleur moyen de ne pas les égarer
le critère est très simple: on retourne le classeur, on l'agit et on voit ce qui tombe!
C'est évidemment pour de jeunes élèves
encore que....

Charles ANDRE 21/11/2006 15:54

Et les élèves ne se sont pas mobilisés contre la subjectivité des critères d'évaluation?! Bravo à ta fille, c'est du management!

James Arly 21/11/2006 11:23

Elle est très bien ta fille ! Si toutes pouvaient être comme elle...