Scénario noir 3

Publié le par verel

Deuxième scénario : Ségolène Royal

Les résultats peu brillants du gouvernement de Villepin conduisent à la répétition du scénario inusable depuis 1981 : le camp au pouvoir perd. Ségolène Royal qui a su donner aux Français le sentiment qu’ils étaient enfin entendus devient ainsi la première femme Présidente de la République Française. Elle nomme Jean Marc Ayrault premier ministre. Dans la foulée, la gauche gagne les législatives mais le PS n’obtient pas la majorité à lui tout seul, ni même avec les radicaux. Une fois de plus, il lui faut composer avec la gauche plurielle.

Le nouveau gouvernement met rapidement en œuvre plusieurs de ses promesses. Parmi celle-ci, l’accroissement du pouvoir des régions et l’augmentation des crédits à la recherche. Sous la pression de la gauche du parti et de ses alliés, le premier ministre abroge la Loi Fillon. Le temps qu’une nouvelle loi soit négociée, la plupart de ceux qui avaient vu leur départ repoussé par la loi en profitent pour faire valoir leurs droits. C’est l’équivalent de 2.5 classes d’âge qui s’en vont ainsi, ce qui représente un effectif important dans l’enseignement où la moyenne d’âge est élevée. Il faut embaucher massivement mais le gouvernement obtient certaines contreparties, comme la présence 35 h sur place pour les jeunes recrues en collège.

Les déficits de l’Etat et des régimes sociaux cumulés dépassent 4% du PIB en 2008, provoquant une réaction d’autant plus forte de Bruxelles que l’Allemagne a presque équilibré ses comptes et que l’Italie de Prodi reste en dessous de la barre fatidique des 3% : la France est isolée. Le gouvernement décide d’augmenter les impôts et de limiter les dépenses à l’exception de l’université et de la recherche. Dans ce domaine malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Il faut dire que les grands organismes comme le CNRS sont restés en l’état et que les crédits ont plus servis à augmenter le nombre de chercheurs qu’à leur donner les moyens de travailler. Le plan de rigueur adopté en 2008 permet de revenir à un peu plus de 3% de déficit en 2009. Mais ces mesures ont fortement diminué la popularité des dirigeants socialistes. En 2010, la droite reprend plus de la moitié des régions au PS. Plus grave, le vote extrême a atteint des niveaux très important, aussi bien à droite qu’à gauche. Le PS est déchiré entre ceux qui proposent une ligne plus à gauche et envisagent une sortie de l’euro, et ceux qui veulent au contraire renforcer la rigueur. La situation économique mondiale et européenne devient moins favorable et la croissance française, passée depuis 2005 en dessous de celles de l’Allemagne et de l’UE à 15, s’annule complètement, faisant exploser les déficits.

La présidente choisit de suivre les injonctions de ses partenaires européens et propose à la droite une grande coalition. L’UMP refuse après un débat orageux mais le ralliement de l’UDF contre une dose importante de proportionnelle permet au nouveau gouvernement dirigé par D Strauss Kahn de se passer des voix communistes. La nouvelle politique ne se met réellement en place qu’à partir de l’été 2011. Les querelles de pouvoir entre l’Etat et les régions gouvernées par l’UMP compliquent fortement les affaires : la réforme de 2007 a en effet augmenté les recouvrements de domaines d’intervention. Quelques députés et sénateurs PS et verts rejoignent la coalition entre communistes et trotskistes qui se fait autour d’un compromis candidature LCR  à la présidentielle et l’essentiel des investitures aux législatives pour le reste de la gauche. Au Front National, après le décès de Le Pen, le compromis se fait autour de la candidature pour sa fille et le parti pour Gollnisch.

Au présidentielles de 2012, S Royal et N Sarkozy sont de nouveaux face à face. Mais ils sont maintenant nettement assimilés à une classe politique de plus en plus rejetée par les français. Le deuxième tour se fait entre Marine Le Pen et Olivier Besancenot. Et l’importance de la proportionnelle instaurée peu avant ne permet pas d’espérer une quelconque majorité aux législatives.

Scénario 4

Publié dans Politique

Commenter cet article

jani-rah 12/12/2006 19:13

Intéressant pour un scénario "noir". ( noir signifiant qu'il a peu de chance de se réaliser )Je pense que la prise en compte des déficit et de la retraite sera plus importante que ça chez les socialistes (dont je suis).Autre petite faille : les communistes n'existeront plus : quelques députés tout au plus aux prochaines législatives, peu d'accords avec le PS, surtout si Ségo perd. Mais idem si elle gagne.L'udf a un avenir, notamment en cas de victoire de Ségo, contrairement à un commentaire précédent : ils auront des candidats, passeront au niveau local des alliances avec l'ump ou le ps, et après une crise, Sarkozy pourrait être sanctionné par un vote Bayrou qui compte... Reste à savoir si ump et udf instaureraient une règle du "le second d'entre nous soutien le mieux placé" ou pas. ce ne serait pas cohérent avec un positionnement centriste dur. Donc au cas par cas ?Quand à la fin, les extrêmes etc, c'est vraiment pour noircir le tableau... Et vive la proportionnelle, nécessaire.

petit jardin 04/12/2006 14:06

Joli exercice que ces scénarios noirs. Il serait interessant de faire réagir les candidats sur ces fictions assez probables.

olivier 03/12/2006 09:16

L'intérêt de ce scénario noir, c'est qu'il offre la complexité des co-facteurs. C'est pas le mektoub, la culture du c'est écrit, c'est au contraire une somme de choix qui font que tel ou tel résultat advient.
Je ne me reconnais beaucoup dans cette manière de voir (il ne suffit pas de... encore faut-il aussi... / ceci n'est pas forcément grave... à condition que....)

WS 03/12/2006 01:34

Ce scénario fait frémir car c'ets de loin le plus credible des trois. Je ne vois qu'une imvraissemblance: la survie de l'UDF dans le cas d'une victoire de Ségo. Avec la vague rose, un Fn qui provoquera toute les primaires possibles et une UMP qui en profitera pour ce débarasser de Bayrou, je ne vois pas comment l'UDf pourrait sauver plus de 5 sièges. Cela rend ton scenarion un tout petit peu lmoins noir car ça nous évite au moins la proportionelle qui serait quand même le ponpon!  

Lorycalque 02/12/2006 21:28

Et bien de tous les scenari que tu as pu écrire, celui-ci n'est pas le pire. Le réel risque meme d'etre mieux.

Verel 02/12/2006 18:02

Cette médaille Fields prouve une fois de plus les capacités des français dans le domaine mathèmatiques, domaine dont on remarquera par ailleurs qu'il ne demande pas forcément des moyens importants en matérielC'est justement parce que la recherche française est vivante qu'un système qui permet d'en faire profiter l'innovation peut commencer à produire des résultats non négligeables à l'horizon d'une législature

Tom Roud 02/12/2006 13:50

"Le gouvernement décide d’augmenter les impôts et de limiter les dépenses à l’exception de l’université et de la recherche. Dans ce domaine malheureusement, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Il faut dire que les grands organismes comme le CNRS sont restés en l’état et que les crédits ont plus servis à augmenter le nombre de chercheurs qu’à leur donner les moyens de travailler."L\\\'avantage de ce genre de scénario catastrophe est que chacun peut y piocher ce qui l\\\'arrange ou l\\\'énerve le plus. En l\\\'occurence pour moi, cet extrait . La recherche est clairement un investissement sur le long terme, je ne vois pas comment une augmentation du budget de la recherche en 2007 pourrait conduire à des résultats en 2008 ou 2009... Sur la question du "système" français tant décrié,il y aurait beaucoup à dire, mais l\\\'image donnée sur les blogs ou dans les médias est je crois, complètement fausse. Par exemple, j\\\'ai été dégoûté de voir que la médaille Fields de Wendelin Werner cette année (après tant d\\\'autres) est complètement passée à la trappe en France et qu\\\'au contraire tout le monde a bien souligné que les Etats-Unis avaient trusté tous les prix Nobel, soulignant  la nullité absolue de la France mais étrangement pas de l\\\'Allemagne, du Japon, de la Grande-Bretagne pour citer dans le désordre les cinq premières puissances dans la recherche.

Verel 02/12/2006 08:32

Curieux personnage que J M Ayrault, à la fois ancien popereniste (quasi stalinien quoi!), roi de la langue de bois comme président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale et que j'ai entendu dans un petit cénacle parler du développement de sa ville de Nantes comme l'aurait fait n'importe quel patron d'entreprise, avec un discours de grande qualité mais qui n'aurait pas pu permette à un auditeur ignorant de distinguer s'il était  de droite ou de gauche

Emmanuel 01/12/2006 19:21

"Elle nomme Jean Marc Ayrault premier ministre."Le billet aurait pu s'arrêter là. C'est déjà assez noir comme ça ;-)