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Dimanche 27 janvier 2008

            C’est le titre de mon article sur le blog Vérel. A partir d’articles trouvés dans la blogosphère, j’aborde plusieurs questions : les dirigeants ont-ils eu raison de liquider les positions rapidement, le trader a-t-il pu agir seul etc..

Les autres articles parus depuis le 28 décembre abordent en particulier

Les questions du travail :

Négocier les classifications 2

Flexisécurité à la française ?

Cet article a été repris par plusieurs blogs, dont Rue89

Les acteurs de la négociation sociale

Fonctionnaires en grève parce que stressés ?

 

Mon ami Guillaume m’a fait deux articles sur les primaires américaines, vues des deux camps

Primaires démocrates: le point de vue de Guillaume

Le « changement », coté républicain

On trouvera enfin quelques articles inspirés par ma lecture du Monde ou de Libération

Manipulation journalistique

Evaluer les ministres : bonnes et mauvaises idées

Cafouillage au Monde

Une histoire exemplaire

 

par verel publié dans : Economie
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Jeudi 18 janvier 2007

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont tour à tour donné quelques informations sur leur patrimoine immobilier et sur ce qu’ils payaient à l’ISF. Les valeurs déclarées me semblent appeler quelques commentaires.

Dans sa déclaration, Mme Royal parle de valeur actuelle de ses biens immobiliers, sauf pour sa maison de Melle. En effet, elle doit déclarer ses biens non pas à leur valeur d’achat mais à leur valeur actuelle. Cette valeur est estimée, ce qui est plus facile si elle se situe dans un environnement à nombreuses transactions (Boulogne) que s’il y en a peu Melle ?).

La valeur de la résidence principale peut subir un abattement de 20% du fait qu’elle est occupée (donc moins facile à vendre ! ).

Si S Royal possède la moitié de son logement de Boulogne, celui-ci est estimé à 197 800 euros fois deux soit 395 600 euros. Mais ce chiffre comprend la décote précédente. Sa valeur « réelle » est donc de 494 500 euros, ce qui pour 120 m2 donne une valeur de 4 121 euros du m2, dans les ordres de grandeur du marché local.

La candidate socialiste précise par ailleurs qu’elle n’a aucun bien de valeur et une Renault Scénic. Le fisc donne la possibilité d’évaluer les biens mobiliers ou d’appliquer un forfait égal à 5% de la valeur du patrimoine, ce qu’elle a du faire.

Le couple Hollande Royal a payé un impôt de 862 euros. Ce montant est calculé après déductions de 150 euros par enfant à charge soit, pour 4 enfants (s’ils sont tous à charge ?) représente 600 euros. Le calcul du montant avant cette déduction donnait donc 1462 euros, qui représentait 0.55 % du montant au dessus de 750 000 euros (valeur pour 2006, la déclaration pour 2007 doit être faite pour juin, elle n’a certainement pas servi de référence !). Le calcul donne un patrimoine de 1 070 000 euros environ.

Le couple de dirigeants socialiste ne paie l’impôt de solidarité sur la fortune que depuis deux ans, c'est-à-dire qu’il ne l’a pas payé en 2004. A l’époque, le seuil de paiement se situait à 720 000 euros. L’abattement de 150 euros pour enfants à charge équivaut à un seuil augmenté de 27 273 euros par enfant, soit 109 092 euros pour les 4 enfants Hollande. Le patrimoine du couple était donc estimé à moins de 829 092 en 2004. Il a donc augmenté de 240 000 euros entre temps, soit environ 30%. Cela parait beaucoup, même dans un contexte de montée importante des prix de l’immobilier. On peut imaginer qu’un calcul sérieux, comme il a été fait ensuite, aurait conduit à un ISF de 2 ou 300 euros à l’époque.

On notera que le patrimoine du couple est quasiment exclusivement immobilier, et qu’il a été acheté à crédit. Les revenus étant par ailleurs confortables (même avec 4 enfants à charge) on peut parler de fonctionnement « cigale », (sauf s'il y a beaucoup de liquidités, de nombreux comptes types Codévi PEL),  comme d’ailleurs de nombreux français. Mais pourquoi ne pas dépenser ce qu’on gagne quand on est assuré d’une bonne retraite ?

Nicolas Sarkozy déclare de son coté un patrimoine imposable de 1 137 000 euros et un impôt de 1988 euros, pour la première fois en 2006.

Si on applique le barème au patrimoine du ministre de l’intérieur, on trouve 2128 euros. Avec un enfant à charge, le résultat donne 1978 euros (le patrimoine publié a sans doute été arrondi).

Le candidat UMP n’a rien déclaré en 2005, ce qui supposerait qu’il n’ait pas dépassé le seuil, situé à 732 000 cette année là, auxquels il faut rajouter 27 273 euros pour un enfant soit pratiquement 780 000 euros. Son patrimoine aurait donc augmenté de 357 000 euros en un an, soit 45%. Il faut l’élire tout de suite président s’il gère les caisses de l’Etat aussi bien que les siennes! A noter que lui possède des valeurs immobilières, ce qui note un comportement d’épargnant.

Pour résumer, les deux candidats ont un peu tardé à se manifester pour l’ISF mais c’est particulièrement vrai pour Sarkozy. Celui-ci serait plutôt fourmi quand sa concurrent est cigale mais le résultat final sur les patrimoines n’est guère différent.
par verel publié dans : Economie
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Dimanche 14 janvier 2007

Alexandre Delaigue a publié à l’occasion d’une réflexion sur les cadeaux faits à Noël, un inventaire rapide des biais de compréhension de l’économie par les néophytes. Andréa Bonapetti edite en ce début d’année un article sur la compréhension des rapports cause effet en économie. Je suis bien loin des compétences économistes d’Econoclaste, de l’Economiste, d’Olivier Bouba Olga ou d’Optimum (que j’ai mis tous quatre sur ma blog liste et dont je recommande vivement la lecture à ceux de mes lecteurs qui veulent mieux comprendre l’économie). Mais il se trouve que je voulais depuis longtemps faire un article pour mettre en évidence quelques caractéristiques fondamentales de l’économie qu’il faut avoir en tête pour la comprendre et pour éviter de proposer des actions qui iraient à l’encontre des objectifs recherchés.

Il me semble qu’il faut d’abord avoir dans l’idée que l’économie est un système dans lequel interviennent une foule de décideurs, en fait tout ceux qui a un moment donné décident de produire un bien ou un service, ou de modifier la quantité produite ou la manière dont se fait le produit, ou qui décident de procéder à un échange. L’économie est aussi affectée par des phénomènes naturels,par exemple la quantité de soleil qui fait que la production de fruit est plus importante cette année (on verra une autre fois ce qui se passe dans une économie entièrement planifiée).

Les acteurs, en prenant leurs décisions, le font en fonction de critères qui leur sont propres (leurs envies, leurs valeurs, leurs besoins), en fonction de leurs moyens et des informations dont ils disposent. Par exemple ; ce matin, j’ai acheté 2 baguettes au lieu d’une parce que ma fille venait manger (besoin), que je préfère la baguette au pain (envie), que le fait qu’elle soit plus chère au kilo n’est guère un élément de décision au regard du prix du pain comparé à mon revenu. J’ai été à ma boulangerie habituelle qui a donc vendu une baguette supplémentaire quand celle où se fournit ma fille habituellement en a vendu une de moins. Bref, nous prenons tous les jours ce genre de micro décisions, qui seules ont un impact faible mais réel sur la machine économique mais conjuguées peuvent être beaucoup plus importantes.

Un événement important va déclencher dans ce système économique une nuée de réactions des décideurs touchés par l’événement. Par exemple, un tremblement de terre va entraîner successivement des déplacements de la part des habitants de la zone touché, du travail pour les sauveteurs, les hôpitaux et éventuellement les pompes funèbres puis les entre prises de bâtiment appelées à reconstruire.

De la même manière, l’augmentation de prix du baril va conduire à toutes sortes d’évolutions de nature différentes.

La conséquence immédiate, c’est un appauvrissement des acheteurs. On a cependant tendance à oublier que cela entraîne aussi un enrichissement des producteurs. La situation des intermédiaires peut être variable.

Ces variations de pouvoir d’achat vont entraîner une diminution de la demande des autres produits et services habituellement consommés par les acheteurs et/ou une évolution de leur épargne. De même il va y avoir une augmentation de la demande des produits et services qui intéressent les producteurs, et/ ou une évolution de leur épargne. Ces évolutions peuvent entraîner à leur tour des modifications de prix qui à leur tour…..

Au-delà de la conséquence immédiate sur les revenus des uns et des autres, les acteurs vont tenir compte de leur nouvel environnement et modifier leurs décisions. D’abord en consommant moins de ce pétrole dont le coût a augmenté. Le nombre de kilomètres  parcourus par les français a ainsi baissé de 4% à la suite de l’augmentation du prix du baril. Au-delà de ces modifications pas forcément durables (elles tiennent à des comportements), des actions plus prennes sont entreprises : des investissements pour consommer moins (achat de voitures moins consommatrices, travaux d’isolations, installations de moyens de régulations plus fins etc.) pour changer de source d’énergie ou pour rechercher du pétrole : dans ce domaine, les activités des entreprises liées à l’exploration (CGG, Technip…) ont explosé. Mais cela ne peut se faire du jour au lendemain : il y a ainsi pénurie d’ingénieurs géophysiciens en raison d’une demande très forte. On peut modifier à moyen terme le nombre d’ingénieurs formés mais seulement dans une certaine mesure et cela prend du temps.

            Au bout du compte, l’ensemble de ces micros décisions prises par tous les acteurs, vont aller dans le sens d’une augmentation de l’offre et d’une diminution  de la demande donc une baisse des prix. Ce phénomène n’est en général pas immédiat, mais la durée de réaction est très variable selon les produits : une variation importante du prix des places de cinéma a des impacts très rapide alors que la durée du mécanisme sur le pétrole exposé ci-dessus se mesure en années voire en décennies

            De manière générale (c'est-à-dire qu’il y a des exceptions !) un événement qui fait varier une donnée par rapport à sa valeur moyenne entraîne des décisions qui tendant à faire revenir la donnée vers cette valeur. Tout cela toutes choses égales par ailleurs, ce qui n’est évidemment jamais vrai !

            Malheureusement, les politiques semblent souvent ignorer ces caractéristiques de l’économie et proposent des mesures en présentant uniquement leur effet direct, sans prendre en compte l’ensemble des nombreux autres effets à court ou moyen terme.

            Par exemple, une augmentation des prix des logements comme on la voit depuis bientôt 10 ans entraîne logiquement une augmentation de la construction (on l’observe effectivement), laquelle elle-même va freiner progressivement la hausse des prix. Bloquer les prix des logements conduirait évidemment à limiter cette augmentation de la construction. Si le problème majeur est le manque de logements, il s’agit d’une décision qui va à l’encontre des objectifs affichés (permettre aux gens de se loger).

            Dans la réflexion économique, il s’agit donc de prendre garde à ne pas se contenter d’un raisonnement cause / effet mais de raisonner en système. Toute la difficulté (et l’un des objets de recherche des économistes), est de repérer les influences réciproques et d’évaluer le poids respectif des différentes conséquences d’un événement (le plus difficile parce que cela peut être très différent selon le contexte).

            Un dernier exemple, toujours à propos du pétrole : le PS avait proposé de limiter la hausse de l’essence en modulant les taxes sur le pétrole. Cette mesure aurait eu pour conséquence de limiter les réductions de consommation (ce à quoi on pense assez spontanément) mais aussi d’utiliser des ressources qui n’auraient pas été utilisé ailleurs (ce qu’on oublie généralement et qui est peut être l’effet le plus important).

            Pour conclure, on retiendra que négliger les décisions de l’ensemble des acteurs suite à une mesure quelconque conduit à se tromper sur les effets de celle-ci, parfois radicalement, c'est-à-dire en obtenant le résultat inverse de celui attendu. Un exemple connu en est la taxe Delalande qui avait pour objectif de décourager les entreprises de licencier les salariés de plus de 50 ans et qui a conduit à ce qu’elles ne les embauchent plus !

par verel publié dans : Economie
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Mardi 9 janvier 2007

            Les logements vacants se chiffrent en France à plus de 1.8 millions, quand la fondation Abbé Pierre estime à plus de 900 000 le nombre de personnes privées d’un domicile personnel : locataire ou sous locataire d’un meublé en représentent plus de la moitié, mais il y a 400 000  personnes en hôtel, en logement de fortune ou en camping, logés chez des tiers. Pour estimer en quoi ces chiffres révèlent (ou non) un dysfonctionnement majeur, il faut d’abord s’interroger sur ce que sont ces logements vacants.

            J’avais cité dans un précédent article l’enquête réalisée au deuxième trimestre 2006 au sein du ministère en charge du logement, par Annelise Robert et Claire Plateau. Après avoir expliqué les moyens utilisés pour mesurer le parc de logement vacant et son évolution, les auteures publient plusieurs graphiques pour montrer la répartition géographique du phénomène de vacance et son évolution dans le temps. Elles sont amenées à distinguer deux types de vacances:

            La vacance frictionnelle : les logements sont sur le marché mais vacants pendant un temps correspondant au délai de location ou de vente

            La vacance hors marché, qui comprend elle même plusieurs sous catégories : vacance d’obsolescence, de transformation, expectative ou de désintérêt.

            L’étude identifie les logements vacants depuis plus de 3 ans : ceux là ne peuvent être considérés comme faisant partie de la vacance frictionnelle, on a ainsi une approximation de la répartition entre les deux catégories. Leur volume est à peu près égal et représente donc aujourd’hui environ 3% du parc chacun.

 

            Regardons d’abord la vacance hors marché. Elle est particulièrement élevée dans les zones rurales, avec une bonne partie du Massif Central ou de la Corse. La vacance globale dans le monde rural est à deux tiers de ce type. On sait que le parc de logements vacants est ancien, puisqu’il comprend 55% de logements construits avant la guerre contre seulement un tiers pour l’ensemble du parc. Si on admet que les logements vacants depuis moins de trois ans (qui représentent à peu près la vacance frictionnelle) sont à l’image de l’ensemble du parc, les logements hors marché seraient aux trois quarts construits avant guerre, ce qui explique qu’on y trouve peu de confort : avec le même raisonnement, 40% sont sans confort (contre 6% dans le parc global) et 37% ont un confort partiel. On y trouve aussi des logements nettement plus petits que la moyenne (la moitié a moins de 35m2).

            Reste qu’un bon quart de ces logements hors marché sont donc en état normal. Pourquoi alors sont ils vacants ? Pour illustrer les cas évoqués par l’étude, quelques exemples personnels:

            Une personne proche de ma famille, après avoir perdu son père, a du mettre sa mère, âgée, victime d’une maladie  dégénérative, dans une maison de retraite médicalisée où elle est restée 4 ans avant de décéder. Cette personne a refusé la proposition de son frère de vendre la maison de sa mère, avant son décès, pour des raisons sentimentales qu’ont peut comprendre. Comme sa mère, un certain nombre de personnes parties en maison de retraite, laissent leur logis vacant.

            De passage en Corse, j’ai pu constater les conséquences d’un droit de succession propre à l’île de Beauté : une grande maison en indivision,  à l’abandon depuis des années et se dégradant progressivement. On notera que parmi les raison pour avoir un logement vacant, 8.6% des ménages concernés signalaient un problème de partage ou d’indécision familiale.

 

            Passons maintenant à la vacance frictionnelle, à ces logements vacants depuis moins de 3 ans. Ils représentaient moins de 3% du parc au 3ème trimestre 2003, et un peu plus à fin 2005, ce qui signifie que le marché se détend un peu (en réalité dans quelques villes  moyennes, en particulier dans l’Ouest de la France, où l’on a un peu abusé du dispositif de Robien). . Le délai d’écoulement de ce parc est estimé à 3.7 mois sur la France mais seulement 3.1 mois en Ile de France. On notera que les offices HLM affichent un taux de vacance plus bas que les 3% évoqués plus haut, à 2.5%

            Le locataire d’une société d’HLM est obligé de prévenir au moins deux mois avant son départ de celui-ci (le délai est réduit à un an en cas de mobilité professionnelle. La société publie alors ses offres (selon des modalités qui dépendent par exemple de ses liens avec le 1% logement). Elle peut essayer de faire visiter le logement encore habité ou ne trouver des personnes intéressées qu’à près le départ du locataire sortant. Dans tous les cas, elle ne peut qu’attendre celui-ci pour faire un état des lieux complet (elle peut en faire un sommaire avant) puis faire les quelques travaux indispensables (au moins un nettoyage ou un rafraîchissement complet) ce qui dans le meilleur des cas prend 15 jours mais peut évidemment être plus long. Le délai de traitement des dossiers prend rarement moins de 15 jours.

            On comprend qu’une vacance de moins de deux mois demande un effort de tous les instants. Or il s’agit là de professionnels : il est évident qu’un particulier est plus long. Le délai d’écoulement actuel dénote donc une situation générale plut^t tendue, avec des zones nettement plus tendues, en particulier autour de Paris.

 

            En conclusion, la moitié du parc de logements vacants (900 000) est obsolète. Ce cas est nettement plus fréquent en zone rurale en voie de dépeuplement.

            L’autre moitié correspond à des logements qui tournent : en réalité, environ 3 millions de logements de ce type ont été vacants à un moment donné de l’année.

            Des logements disponibles sont en augmentation sur la façade atlantique. Ailleurs, et en particulier en Ile de France, il y a des tensions assez fortes.

Pour y remédier, il s’agit de construire plus, mais sans se tromper ni de lieu, ni de type de logement

par verel publié dans : Economie
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Samedi 23 décembre 2006

Ce samedi, Didier Ades et Dominique Dambert revenaient dans Rue des entrepreneurs sur l’ouverture des commerces le dimanche. Ce sujet pose de vraies questions de mode de fonctionnement en société mais je voudrais aborder ici la seule question économique.

Après Charles Melcer qui estimait que ce qui était acheté le dimanche ne l’était pas les autres jours, Michel Pazounian expliquait que l’ouverture du dimanche n’augmentait pas la consommation, mais les coûts. Donc finalement elle était préjudiciable au pouvoir d’achat. Par ailleurs, les commerces de proximité à effectifs réduits n’ayant pas les moyens de mobiliser du personnel 7 jours sur 7, une ouverture généralisée lke dimanche allait favoriser leqs grandes surfaces et tuer une partie des commerces de proximité.

De son coté, Gérard Mermet, sociologue à Francoscopie, expliquait au contraire que l’ouverture le dimanche était favorable à la consommation , donc à la croissance et donc au pouvoir d’achat.

Qui croire ? L’ouverture du dimanche a-t-elle un effet ou non sur la consommation et sur le pouvoir d’achat, et dans quel sens ?

Pour répondre à cette question, prenons un détour et abordons la vraie question économique, celle de la productivité .

Et commençons par nous demander pourquoi les patrons de supermarché sont prêts à payer leurs salariés nettement plus cher (de 70 à 100% en plus) le dimanche ? Apparemment, même s’ils font des ventes supplémentaires ce jour là, celles-ci vont générés une marge nettement plus faible en raison du coût salarial augmenté !

La réalité est différente : le travail du dimanche augmente la productivité du capital et du travail !

La productivité du capital d’abord : une grande surface  représente un capital immobilisé important. Or ce capital est sous utilisé : il fonctionne à plein régime le samedi, en sur régime certains samedis particulier et en sous régime les autres jours. Dans une semaine normale, les ventes du samedi représentent, suivant la zone, le type de produits, entre 30 et 50 % des ventes de la semaine. Comptons 30 % : cela signifie que les autres jours, le magasin ne réalise en moyenne que 14% de ses ventes (en réalité tous les jours ne sont pas égaux). Si le même magasin ouvre le dimanche, une partie des clients du samedi se déplaceront vers le dimanche . Le samedi ne représentera plus alors que 25% du chiffres d’affaires. A chiffre d’affaire égal, le magasin a besoin d’une surface plus faible de 16%. On peut dire aussi qu’à surface égale il peut vendre 20% de plus. La productivité des capitaux investis est donc supérieure de 20%.

Pour comprendre ce qu’il en est sur la productivité du travail, il faut réfléchir au planning des équipes de vente. S’il y a par exemple dix vendeurs et qu’on les fait travailler tous le samedi, on en aura entre 6 et 7 les autres jours, ce qui donnera une certaine sous productivité. S’il n’y a que deux vendeurs, on comprend aisément qu’il est impossible d’adapter finement la force de vente à la fréquentation, (on met une ou deux personnes, point !). Donc, les vendeurs vont attendre le client une partie de leur temps. On touche là une des principales différences entre le petit commerce et la grande distribution : dans cette dernière, le vendeur passe beaucoup moins de temps à attendre le client.

J’ai accompagné une grande enseigne de la grande distribution dans le passage aux 35 heures. On a pu montrer qu’avec la réduction du temps de travail, il était possible de réduire les effectifs hors samedi à condition d’avoir des secteurs à effectifs suffisamment importants (5 ou 6 vendeurs plutôt que 2 ou 3), donc en augmentant la polyvalence.

Si la grande surface est ouverte le dimanche et que 50% des ventes se font le week-end, il est possible en théorie de faire faire 50% des heures travaillées également le week-end : les vendeurs doivent pour cela travailler 17h 30 sur deux jours. En réalité, certaines tâches peuvent être reportées sur la semaine, et donc 15 à 16 heures suffisent. Dit autrement, en ouvrant le dimanche, une grande surface peut réduire fortement les temps morts de ses vendeurs et ainsi obtenir un gain important de productivité.

A qui profitent ces gains ? Aux salariés concernés d’abord, à travers la majoration du dimanche, aux actionnaires et aux clients (en fonction de la pression concurrentielle) ensuite.

C’est beaucoup plus incertain pour les petits commerces : ils peuvent espérer augmenter la productivité de leur capital, mais ils ont plus de mal à obtenir une organisation du temps de travail plus productive. Encore qu’il est facile de constater qu’avec deux personnes, on couvre très bien un fonctionnement avec deux présents le samedi et le dimanche et un seul les autres jours ( le raisonnement fait ici ne tient pas compte de la journée de fermeture hebdomadaire et d’une durée d’ouverture de plus de 8 heures par jour).

Si la productivité de la distribution augmente c’est au final toute l’économie qui en bénéficie : cela génère de la croissance et de l’augmentation du pouvoir d’achat

par verel publié dans : Economie
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