Client
Les trois principaux opérateurs téléphoniques de notre pays ont été condamnés cette semaine à des amendes d’un niveau sans précédent.
Au-delà de tous les jugements de valeur que l’on peut porter sur cette condamnation et sur les faits qui l’ont déclenchée, elle vient rappeler une fois de plus la part prépondérante qu’à prise le client dans notre économie et dans le fonctionnement de nos entreprises.
Ce changement a en réalité commencé il y a plus de trente ans. On est passé d’une logique d’offre (vous pouvez acheter une Ford T de n’importe quelle couleur pourvu qu’elle soit noire) à une logique de demande (il faut que je multiplie les options pour que le client puisse personnaliser sa voiture,), du Taylorisme au Toyotisme.
Après l’automobile, les différents secteurs industriels puis les services ont connu ses évolutions. On s’est réorganisé en « processus orientés clients », on a demandé de plus en plus aux salariés, « d’avoir le sens du client ».
Ceux qui ne l’ont pas fait ont disparu tout simplement : les consommateurs que nous sommes tous ont été voir ailleurs. La grande distribution a fait ses emplettes sur un marché mondialisé, et de la même manière, ceux qui n’ont pas su ainsi « écraser les prix » ont été boudés par leurs clients.
Pour sortir de la logique infernale de baisse des prix, il a fallu sortir par le haut, l’innovation, en privilégiant la demande du client et en développant des démarches marketing systématiques.
Du coup, ce sont les choix haut de gamme (ou hyper qualité dans son niveau de gamme) ou prix cassé et qualité maîtrisé qui se développent, aux dépens de ceux qui ne maîtrisent pas la qualité (immédiatement hors jeu) ou qui se place dans un entre deux non attractifs. C’est la Mégane avec options ou la Logan.
Tout cela a une influence majeure sur les organisations et le contenu du travail comme le montre formidablement François Dupuy dans « sociologie du changement » ou dans « la fatigue des élites ».