Démocratie
Le Monde daté de vendredi 13 janvier signale dans un article en dernière page les problèmes du FBI avec les empreintes digitales. Pour arriver à trouver des personnes correspondant aux empreintes digitales disponibles, les agents de la police judiciaire fédérale ont diminué la précision du système de comparaison. Résultat, là où ils n’avaient aucun suspect dans l’affaire des auteurs de l’attentat d’Atocha à Madrid (il y avait une empreinte sur un sac ayant servi à transporter des détonateurs) , ils en ont trouvé, il y a dix huit mois, une vingtaine dont une avec une avec une similarité apparemment parfaite. La conclusion erronée a été confirmée par plusieurs agents. Or les espagnols ont arrêté entre-temps le vrai coupable et insisté pour que la justice fédérale admette son erreur
L’inspection générale du ministère de la justice a lancé une enquête et le FBI a été obligé de s’engager à renforcer le processus d’identification des empreintes. Dans l’immédiat, et le doute ayant été mis sur le système, une vérification est en cours pour tous les condamnés à mort et pour toutes les affaires criminelles où les empreintes digitales ont joué un rôle majeur pour identifier et condamner les coupables.
On peut tirer beaucoup de réflexions de cette affaire qui fait froid dans le dos. Elle me fait d’abord penser aux caractéristiques de la démocratie.
Une démocratie connaît comme tout système des dérives, des anomalies des transgressions. Sa force, comme le montre cet exemple, c’est sa capacité à les identifier à la reconnaître, à les corriger.
Si dans ce cas, les USA ont su prouver qu’ils étaient une démocratie, on peut se demander si c’est le cas de la France. De nombreux rapports y sont commandés , qui montrent des dérives (rapports de la cour des Comptes par exemple).
Pourquoi ces rapports ne font ils pas l’objet d’une présentation à l’Assemblée Nationale pour discussion par les élus du peuple ? On aurait aimé par exemple que le récent rapport Pébereau ait fait l’objet d’une telle discussion et que les différents partis se positionnent sur les propositions faites.
Mais apparemment, ce n’est pas dans nos méthodes et on continuera à renouveler les erreurs qui ont pourtant été mises en évidence !