Budget 2007
Le gouvernement veut supprimer 15 000, postes de fonctionnaires et F Hollande déclare au Monde que cette suppression entraînera « une dégradation du service public », et qu’il vaudrait mieux renoncer aux 6 milliards de réduction d’impôts.
Comme on le voit, le débat électoral commence bien !
Pourtant, il y a six mois, comme le rappelle Le Monde dans son édito, la commission Pébereau, composée de membres de droite comme de gauche, avait donner des repères sur le sujet, dont chacun aurait du s’emparer
Les déficits successifs de notre pays n’ont cessé de grossir la dette. Notre pays est celui des quinze qui a le plus augmenté sa dette en 10 ans (11 pays l’ont diminué). Il est ainsi passé à la deuxième place parmi les plus vertueux à la onzième aujourd’hui.
Et les choses risquent encore de se détériorer : les dépenses de santé et de retraite augmentent largement plus vite que le PNB
On peut donc se demander pourquoi le gouvernement veut il baisser les recettes fiscales alors qu’il n’a guère pris les moyens de diminuer les dépenses.
Y a-t-il trop de fonctionnaires ? Oui sans réserve, dit le rapport Pébereau qui montre comment l’augmentation des dépenses correspond essentiellement à une mauvaise gestion des acteurs publics
Très concrètement, il y a deux raisons importantes aux sur effectifs de fonctionnaires français :
Les investissements massifs dans l’informatique ne se sont pas traduits par des réductions d’effectifs, les multiples statuts ne permettant pas la réaffectation des moyens par mobilité interne et les syndicats exigeants et obtenant le remplacement un pour un des départs, alors que la charge de travail diminuait. L’éditorialiste du Monde a tort de dire que la réduction des effectifs doit être préparée en informatisant : c’est souvent déjà fait !
L’organisation de l’Etat, en multipliant les niveaux administratifs et les différents organismes, duplique (au moins) les intervenants, complique leur tâche et augmente considérablement les coûts de coordination. Pour changer cela, il faut une réforme profonde, dont la suppression des départements n’est qu’un aspect.
Tout cela est dans le rapport Pébereau, mais le PS feint de l’ignorer et le gouvernement ne s’attaque pas aux catégories qui connaissent le plus fort sur effectifs, arrières pensées électorales obligent.
Une remarque pour finir sur le dossier publié page 9 par le Monde. Il est fait état de 40% de départs de fonctionnaires de 2003 à 2015. Ce calcul est fait hors effet de la loi Fillon qui pourtant repousse de 2 ans et demi les départs. Rien que cela !
Ce taux de 40% est le résultats du rapport entre le nombre de départs en retraite(chiffré à 1529 milliers) et le nombre de fonctionnaires dans le total des trois fonctions publiques, chiffré à 3645 milliers. Malheureusement ce dernier nombre est faux, le total étant de 4980 milliers d’après le rapport Pébereau. Le taux de départs sur 12 ans est donc (hors effet de la loi Fillon) de 30%. Ce qui n’a rien d’étonnant : 12 ans, c’est 30% de 40 ans, la durée de cotisations actuellement !
Il y a encore beaucoup à faire pour poser correctement les termes du débat !