Victoire syndicale
Ces derniers temps, le rythme de parution de mes articles a été encore plus aléatoire que d’habitude. Une des raisons est que j’étais absorbé par la préparation des élections professionnelles dans mon entreprise. Je vais donc parler ici de moi.
J’ai en effet créé il y a deux ans une section CFDT dans mon entreprise et j’en suis devenu naturellement délégué syndical.. Cette initiative correspondait comme souvent à des raisons à la fois structurelle et conjoncturelle.
Structurelle, car avec le grossissement d’une entreprise qui compte bientôt 600 salariés en France, les relations direction / salariés deviennent forcement plus complexes. Les élus du personnel (CE ou DP) sans étiquette, quelque soit leur bonne volonté, ne représentent généralement qu’eux même, ce qui ne tient plus à partir d'un certain effectif.
Conjoncturelle avec l’apparition il y a deux ans d’un syndicat UNSA, sous la houlette d’une personnalité très controversée, dont j’avais pu découvrir auparavant qu’il avait une conception très personnelle des notions de mensonge et de vérité.
Ce syndicat était apparu quelques semaines avant les élections professionnelles et avait présenté des listes au premier tour. Conformément à la loi, la liste sans étiquette sortante n’avait pu être présente à ce premier tour. Le quorum n’ayant pas été atteint (il faut 50% de suffrages exprimés par rapport aux inscrits), il y eut un deuxième tour.
J’avais fait du syndicalisme dans ma jeunesse minière et j’avais arrêté quand j’avais rejoint une entreprise dont j’étais le 5ème salarié et actionnaire qui plus est. Mais j’avais toujours gardé un fort attachement à la CFDT et à ses idées. J’avais repris ma carte après l’épisode des retraites qui a coûté de nombreux adhérents à cette centrale, justement pour la soutenir dans cette épreuve alors qu’elle avait défendu contre tous les conservatismes une position profondément sociale.
J’ai donc recruté en catastrophe quelques collègues pour monter une section syndicale dans mon entreprise (la CFDT souhaite qu’il y est au moins 5 adhérents pour considérer qu’il y a une section), section dont la création a été annoncée le lendemain du premier tour. Nous avons décidé de soutenir cette fois là la liste sans étiquette sortante au CE (ses membres avaient fait leur travail avec sérieux et bonne volonté) et de présenter aux élections de DP. L’UNSA, présente de part et d’autres fut mis en minorité, notre liste obtenant 9 sièges sur 14 à pourvoir aux DP et l’équipe du CE sortante gardant la majorité de son coté.
Puis les choses ont suivi leur cours, le fondateur de l’UNSA quittant l’entreprise (l’opération semblant n’avoir servi pour lui qu’à négocier une sortie avantageuse) et laissant la place à d’autres personnes plus honnêtes. L’évolution des trajectoires des uns et des autres a fait que la CFDT s’est trouvée seule aux DP. De leur coté, l’ensemble des élus au CE, quelque soit leur origine, ont coopéré dans la gestion de celui-ci. De plus, ils se sont retrouvés dans une conception de leur rôle, la logique corporatiste de l’UNSA rejoignant la logique individualiste des élus sans étiquette. Ce qui fait qu’ils ont décidé lors des nouvelles élections professionnelles cette année, de faire liste commune, la CFDT se présentant cette fois ci des deux cotés, CE et DP.
Je m’attendais en conséquence à ce que nous l’emportions coté DP et que l’autre liste l’emporte au CE, dans une logique de prime au sortant .Les élections ont eu lieu ce mercredi 12 juillet et en réalité, les scores n’ont pas été différents entre CE et DP. La CFDT l’a emporté largement des deux cotés, et a eu 17 élus contre 8 à la liste adverse.
Cela fait évidemment plaisir.
Du coup, comme j’étais tête de liste au CE, je vais sans doute être élu prochainement secrétaire du CE. Il va falloir maintenant justifier la confiance qui nous a été faite !