Quelques trains de retard
J’ai modifié pour le rendre plus clair, cet article que j’avais mis puis enlevé mardi
Suite au succès au tribunal de Toulouse de la famille du député Alain Lipietz contre la SNCF (à propos du transport par celle ci de déportés, la SNCF étant considérée comme ayant favorisé l’opération), plus de 200 plaignants se seraient manifesté contre cette entreprise, pour le transport d’un des leurs vers les camps de concentration.
Je ne peux m’empêcher de m’étonner de cette plainte bien tardive puisque survenant plus de 60 ans après les faits.
Le caractère imprescriptible des crimes contre l’humanité rend peut être juridiquement ce retard acceptable, mais le bon sens conduit à observer que les conditions générales du pays et de la loi n’ont pas été très différentes pendant tout ce temps.
Un des plaignants s’exprimant anonymement dans le Monde explique qu’il regrette que la SNCF ne se soit pas excusé de son attitude, comme l’a fait la police.
Un tel procès pourrait faire œuvre utile pour contribuer à préciser et rappeler un point d’histoire. Il me semble que ceux qui le pensent devrait réclamer un euro symbolique pour bien montrer leur intention : cela porterait alors d’autant mieux que leur action ne pourrait être suspectée de recherche d’intérêt pécuniaire.
On notera que l’immense majorité des déportés français ne se sont pas engouffrés dans la brèche. Les plaignants viennent d’ailleurs de divers pays dont la Belgique Israël ou les USA. Le procédé me fait d’ailleurs penser aux dérives juridiques aux USA où on demande des indemnités pour tout ou n’importe quoi : la question des déportés n’est justement pas tout et n’importe quoi, cette action me parait à ce titre contre productive.
Je profite de cet article pour signaler la parution d’un livre de Jean Robin sur ce qu’il appelle la judéomanie. On trouvera ici une intéressante interview de Jean Robin, où justement il évoque le procès fait par Lipietz