Où va l'argent public?
Une de mes collègues m’a annoncé cette semaine qu’elle allait partir en retraite beaucoup plus tôt que prévu, le rachat de ses études lui permettant de partir début janvier (à 56 ans) et non dans 4 ans( à 60 ans). Ce rachat lui coûtant mois de 2000 euros, l’opération est pour elle d’une rentabilité à toutes épreuves : 48 mois de pension pour 2000 euros ! Il se trouve dans son cas qu’elle a suivi des cours du soir au CNAM pendant qu’elle menait en parallèle une scolarité normale et que le CNAM la considère comme une de ses anciennes apprenties et lui a délivré le parchemin correspondant. On a compris que cette opération est ruineuse pour les caisses de retraite. Elle repose sur deux anomalies conjuguées 1) elle va être considérée comme faisant partie des personnes ayant eu une carrière longue, alors que ce n’est pas le cas : elle est considérée comme apprentie mais n’a pas fait les stages correspondants. On peut imaginer cependant qu’il s’agit ici d’une situation exceptionnelle 2) la loi lui permet de « racheter » ses années d’études. Cette possibilité procède d’une volonté du législateur de donner de la souplesse au système en laissant la possibilité aux individus de partir plus tôt ou plus tard. Ce n’est pas sot, à condition que les conséquences de ces choix soient neutres pour les caisses de retraite, donc que les montants de rachat soient calculés en conséquence. Le montant que ma collègue m’a signalé est à cet égard extrêmement surprenant, son rachat étant compensé en moins d’un trimestre alors qu’il lui donne 4 ans de prestations. Peut être n’a-t-elle pas encore examiné ce qu’elle va devoir payer auprès des caisses complémentaires. Mais les journaux ont en leur temps montré que ce type de rachat était un excellent placement, en particulier pour des raisons fiscales, donc d'autant plus qu'on paye beaucoup d'impôts. Et dans ce domaine, on n’est pas devant une situation exceptionnelle mais offerte à tous ceux qui ont fait des études supérieures
Ma collègue est ravie. Tant mieux pour elle. Cependant, à force de jouer au Père Noël, notre pays est tout simplement en train de s’endetter de manière dangereuse. Le réveil risque d’être dur pour les plus jeunes.
PS: comme je le note en commentaires, le montant très faible s'expliquerait par le fait qu'il s'agit de paiement d'arrièrés de cotisations et non d'années d'études. Ce n'en est pas moins ruineux pour la caisse évidemment. La question du rachat des années d'études est un autre sujet