Incohérence politique
La droite par la voix de Dominique de Villepin et la gauche par celle de Ségolène Royal, ont entonné le refrain classique chez « responsables » politiques Français, contre la politique de taux et de change de la Banque Centrale Européenne.
Un observateur récemment arrivé, un Zadig des temps modernes, n’imaginerait pas à les entendre, que :
· Les mêmes ont approuvé et fait approuvé le traité de Maastricht qui donne aux instances de Francfort la mission de lutter contre l’inflation
· La France de Jospin et Chirac s’est battue pour que J C Trichet soit nommé président de la dite BCE et qu’il a eu une grande influence sur la politique financière de la France quand il était gouverneur de la Banque de France, que ce soit avec la gauche ou la droite
· Les taux d’intérêt à court terme comme à long terme sont en France, depuis que l’euro existe, à un niveau plus bas que ce que notre pays avait connu dans les quarante précédentes années
La candidate socialiste a rituellement réclamé que la BCE soit soumise à des décisions politique (Chevènement en a même fait une raison de son ralliement), en négligeant le fait que Thierry Breton a tenté lors de la réunion de l’euro groupe, de convaincre ses collègues ministres des finances de lutter contre l’euro fort. Il s’est heurté à une fin de non recevoir, notamment par les ministres luxembourgeois, allemand, belge et néerlandais, qui ne voient pas le problème.
Au moment de la campagne référendaire sur la constitution européenne, quand tout montrait que le non allait l’emporter, plusieurs observateurs avaient fait remarquer que la méfiance vis-à-vis de l’Europe était en partie la conséquence des comportements des dirigeants français, qui avaient en permanence fait porter à Bruxelles le chapeau de décisions impopulaires qu’ils avaient en réalité prises soit seuls, soit avec leurs collègues européens.
Il faut dire que c’est bien pratique pour un premier ministre qui s’est engagé à réduire le chômage, de pouvoir expliquer les ratés de la croissance par les agissements de Bruxelles (ou de Francfort) plutôt que de reconnaître la mauvaise qualité de sa politique.
Et peut être la candidate socialiste craint elle que sa victoire ne suffise pas à restaurer la confiance et à relancer la croissance comme elle l’a affirmé. Désigner dès maintenant le bouc émissaire d’un éventuel échec n’est il pas habile ?
Peut être un jour aurons nous des dirigeants qui oseront dire que
· modifier le rôle et la mission de la BCE suppose une révision de la constitution européenne à l’unanimité et que la plupart de nos voisins ne veulent pas en entendre parler : c’est donc hors de question
· les difficultés économiques de notre pays sont pour partie spécifiques à notre pays et donc il s’agit d’y remédier à notre niveau
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