Syndicalisme de masse
Ségolène Royal voudrait que la France bénéficie comme la Suède d’un syndicalisme de masse. La favorite des sondages indique réfléchir à rendre l’adhésion obligatoire et invite les militants et élus socialistes ou syndicalistes à « ouvrir des forums participatifs pour répondre à cette question simple : comment faire pour que les français aient envie d’adhérer à un syndicat ?"
D’après le Monde de mardi, ces propositions sont loin de soulever l’enthousiasme des principaux intéressés, « la CFDT et la CGT hostiles au syndicalisme obligatoire ». Pour Gaby Bonnand, « la question, est la place laissée aux syndicats dans la construction de la démocratie et du droit ».
J’avoue commencer à trouver bizarre cette idée de proposer d’ouvrir des forums participatif devant un problème que la candidate ne semble pas avoir étudié mais qui à priori ne sort pas du néant. Il est probable que d’autres avant elle se sont posés la question et y ont proposé des réponses ou au moins une analyse, les syndicats eux même en premier lieu. Pourquoi ne pas les interroger eux ? Ce que Mme Royal appelle la démocratie participative doit il se substituer à la démocratie représentative ? Quand on pense que même l’homme des plébiscites, Napoléon III avait favorisé la création des syndicats (en payant leur voyage au congrès de Londres) !
Au-delà de la remarque de Gilles Bonnand, position ancienne de la CFDT qui met l’accent sur la manie du législateur et du gouvernement de se substituer aux partenaires sociaux, la lecture du compte rendu du dernier congrès de la CFDT éclaire la position de cette centrale sur cette question : je ne peux donc que conseiller à Ségolène de lire ce compte rendu, elle gagnera du temps !
Le chapitre 7 est tout entier consacré à la syndicalisation. Il prône le syndicalisme d’adhérents, idée qui a fait l’objet d’un amendement. Cet amendement qui estimait que les adhérents devaient être traités comme les autres salariés alors que le projet de résolution veut au contraire leur accorder une attention privilégiée, a recueilli seulement 4,05% des suffrages.
Le paragraphe 7.23.13 précise :
« proposer l’adhésion, c’est donner véritablement aux salariés et aux retraités la possibilité de choisir. C’est le reconnaître responsable et autonome. »
Pour un syndicaliste CFDT, très sensible à la dignité des travailleurs, cette dernière phrase est fondamentale. C’est tout le contraire du paternalisme. Personnellement, j’aurais tendance à penser qu’être de gauche, c’est justement avoir cette volonté de permettre à chaque personne d’être responsable et autonome, pleinement homme donc. Mais mon avis n’est pas forcément partagé et certains à droite diront qu’ils ont aussi cet objectif…
Ce paragraphe7.23.13 va manifestement à l’encontre de l’idée de syndicalisme obligatoire puisqu'il insiste sur la notion de choix.