racisme à l'envers
Ce matin, dans une réunion, un de mes collègues, racontant ses débuts de vie professionnelle à l’étranger a dit en passant que lui et sa jeune femme avait beaucoup souffert de « racisme à l’envers »
Ce type d’expression me fait toujours sursauter. Mon collègue est peu suspect de racisme, ne serait ce qu’à voir comment il exhibe la photo de son petit fils, manifestement beaucoup, beaucoup plus noir que son grand père. Mais pour quelqu’un qui par ailleurs milite à la FIDH, je trouve qu’il a un curieux vocabulaire !
L’expression sous entend qu’il y aurait un racisme « naturel », celui des blancs envers les autres, et un racisme surprenant, une anomalie, celui des autres envers les blancs
En réalité, le racisme n’a pas de couleur, qu’il soit celui des blancs envers les noirs, des flamands envers les wallons, des hutus envers les tutsis, des français envers les « boches » ou des réciproques de chacune des expressions précédentes, il s’agit toujours d’une haine de l’autre différent qui le réduit à une caractéristique, qui l’enferme dans une généralité évidemment méprisante en niant sa personnalité propre.
Le racisme existe évidemment partout, nous pouvons en avoir chacun la tentation. Ce n’est pas en voulant cacher celui de certains sous prétexte que ce sont des victimes de la société qu’on luttera efficacement contre le problème.