Scénarios noir (1)
L’écart entre les discours politiques et les problèmes de notre pays me rend parfois pessimiste. J’en viens à élaborer des scénarios noirs pour ce qui nous attend en 2007. J'avais commencé à en écrire plusieurs et je comptais les publier dans un certain ordre. L'actualité du jour et du PSG m'incite à publier en premier celui qui était prévu en troisième. Il s'agit bien sur d'un scénario peu réaliste et caricatural.
Troisième scénario : Jean Marie Le Pen
A deux semaines de la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle un incident éclate dans le Val de Marne : pris dans une embuscade par des jeunes loubards, deux policiers sont tués. Les policiers arrivés en renforts ont du faire usage de leur arme à feu, faisant trois victimes. Nicolas Sarkozy défend ses troupes qui étaient en état de légitime défense et réclame la plus grande sévérité pour les jeunes meurtriers. Alors que les tensions montent dans les cités, on apprend 48 heures plus tard que les policiers qui ont utilisés leur arme à feu sont intervenus 2 heures après avoir appris la mort de leur camarade. Non seulement ils ont maquillés les faits, mais il est probable que les jeunes auxquels ils se sont pris n’étaient pas impliqués dans l’embuscade initiale. Le scandale est énorme, les banlieues flambent. De Villepin est obligé de mettre en place l’état d’urgence, de mettre en prison les policiers incriminés ainsi que leur hiérarchie directe. La hiérarchie supérieure est mise en examen, N Sarkozy obligé de démissionner et de quitter le pays.
Les élections se déroulent dans un climat de tension extrême, les forces de police étant quotidiennement harcelées dans le banlieues et peinant à faire respecter un semblant de couvre feu. Les incidents graves se multiplient, avec des blessés très graves dans les deux camps. Plusieurs personnes sont tuées par des inconnus, chaque camp (extrême droite, extrême gauche ou dealers) étant soupçonné et accusé de vouloir pourrir la situation. Des manifestations citoyennes sont troublées par des bandes de délinquants. Un semblant d’ordre est cependant obtenu dans les quinze jours qui précédent le vote. .
Michèle Alliot Marie qui est devenue en catastrophe la candidate de l’UMP n’arrive pas à rassembler les votes de la droite qui se dispersent sur Bayrou et Corinne Lepage (qui fait 7% des voix).
Jean Marie Le Pen, largement en tête au premier tour, se voit confronté à Ségolène Royal. Celle-ci a accumulé quelques maladresses, soutenant notamment au départ la position des policiers et faisant plusieurs voltes faces ensuite. Surtout, la gauche se trouve profondément divisée, au point que l’extrême gauche jouant la politique du pire refuse de soutenir le PS, qu’elle accuse de complicité avec les forces de répression. Au contraire, certains lui reprochent de soutenir les émeutiers. Dans un climat de peur et de rumeurs incontrôlables, Le Pen l’emporte de peu au second tour. Il nomme Gollnisch premier ministre et prend quelques mesures symboliques qui radicalisent un peu plus les positions avant les législatives. Le front anti libéral et alter mondialiste obtient de n’avoir qu’un candidat par circonscription. La dispersion des voix favorise les extrêmes. Au final, le Front National a plus de 150 députés et la coalition d’extrême gauche autour du PC, de la LCR et de l’ancienne minorité du PS en obtient un peu moins de 100. Il n’y a aucune majorité possible, sauf à faire une « grande coalition » autour du PS et de l’UMP, à l’image d’une partie des reports qui se sont faits dans les urnes. Sur ces entrefaites, la maladie du président s’aggrave et il devient incapable de continuer son mandat. Il est remplacé par le président du Sénat, Christian Poncelet, à peine moins malade que lui.