L'économie allemande et le football
Décidément, Le Monde, journal auto proclamé de référence que je persiste à acheter régulièrement, manque de rigueur. Dans le numéro daté de ce vendredi, un titre en bas de première page a attiré mon attention : « Conjoncture, L’Allemagne après la Coupe »
En dessous du titre, on trouve les phrases suivantes :
« Malgré la légère baisse du moral de patrons enregistrée en juillet, l’économie allemande reste dynamique, grâce aux effets du Mondial de football. Les économistes sont confiants. »
Quand je lis cela, je comprends que la Coupe du Monde a contribué au dynamisme de l’économie allemande. Et je m’étonne, car je ne crois guère à ce genre d’effet. Je l’ai d’ailleurs écrit il n’y a pas longtemps, en revenant sur le cas de la France en 1998.
Je vais donc page 12 pour en savoir plus, et je tombe sur un grand titre, qui enfonce le clou : « Après le Mondial, la croissance allemande cherche un second souffle ».
Donc, j’ai tort, le Mondial a bien favorisé la croissance, mais maintenant qu’il est fini, il va falloir trouver un relais. C’est du moins ce que je comprends, pas vous ?
Et cette impression est confirmée par la partie du texte que le journal reproduit en grand : « La Coupe du Monde, ses préparatifs et ses suites pourraient avoir créé 50 000 emplois outre Rhin »
Et bien, j’avais mal compris. Le corps du texte me donne une autre explication :
Il y a effectivement une reprise en Allemagne depuis un an. Pour 2006, le taux de croissance est prévu entre 1.8 et 2%, ce qui est un net progrès après de années de langueur. Elle a permis une réduction du nombre de chômeurs de 29 000 par mois (soit environ 340 000 par an). Et aujourd’hui un excédent de 3.8 milliards d’euros au premier semestre pour l’équivalent de l’Unedic. Mais sa principale cause, ce sont les exportations.
Et les économistes sont un peu inquiets pour la poursuite de cet effet, à cause notamment de la force de l’euro. Alors ils aimeraient que la consommation prenne le relais. Et qu’il y ait un effet Coupe du Monde, qui pourraient atteindre les 50 000 emplois évoqués plus haut.
Mais la réalité est que la consommation progresse peu : seulement +0.8% sur les premiers mois de l’année. Et les ventes de détails ont chuté par surprise de 2.2% au mois de mai.